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Mondial: Alegria, acte 2: l'Argentine s'apprête à fêter ses héros trois étoiles
"Coronados de gloria"! Couronnés de gloire, comme dans les paroles de l'hymne national argentin, les champions du monde aux trois étoiles de Lionel Messi s'apprêtaient à partager leur titre mardi avec Buenos Aires résolue à prolonger la fête, malgré déjà une nuit de liesse après une finale de légende.
Les hommes de Lionel Scaloni étaient attendus désormais vers 00H30 locales (03H30 GMT) à l'aéroport d'Ezeiza à Buenos Aires, selon un nouvel horaire annoncé par la compagnie aérienne Aerolineas Argentinas.
Après quelques heures de repos au centre d'entraînement, tout proche, de la Fédération argentine de football (AFA), rendez-vous est pris vers la mi-journée pour une grande boucle au centre-ville "pour fêter le titre mondial avec les supporters", a annoncé dans un tweet la "Seleccion".
Le gouvernement a décrété ce mardi férié, autorisant ainsi une foule gigantesque, qui devrait une nouvelle fois dépasser allègrement le million, à acclamer les héros de retour.
Une Coupe du monde avec laquelle les joueurs ont posé dans l'avion qui les ramenait au pays, après une escale technique à Rome, postant les photos sur leurs comptes de réseaux sociaux.
Au lever du jour en Argentine, le site de la sélection avait tweeté : "Bonjour champions ! Non, ce n'était pas un rêve !"
A bord d'un bus blanc à impériale, floqué des trois étoiles, les désormais "tri-campeones" argentins, passeront par l'Obélisque, au coeur de la capitale, le centre des célébrations dimanche après le titre.
Mais une inconnue demeurait sur leur passage ou non au balcon du Palais présidentiel, la Casa Rosada, avec des politiciens soucieux de ne pas être perçus comme profiteurs d'un succès sportif, dans un pays à la polarisation politique impitoyable.
- Des milliers prêts à attendre la nuit -
D'ores-et-déjà l'autorité des routes, Corredores Viales, a pris des dispositions de déviation pour sécuriser les 32 km d'autoroute entre l'aéroport et le centre de Buenos Aires, en prévision d'une inévitable ruée.
Dans l'après-midi, plusieurs milliers de supporters par grappes, en familles, avec des tentes, chaises de camping, parillas, tambours -et bien sûr ballons- se postaient sur les larges bas-côtés ombragés du trajet d'environ dix kilomètres entre l’aéroport et l'AFA. Ils sont prêts à attendre leurs héros une douzaine d'heures, pour voir les premiers le trophée doré tant désiré. Une réplique, de trois mètres de haut, a été installée sur place, confectionnée par des ouvriers fans de la Seleccion
Un impressionnant cordon de policiers, avec un homme installé tous les 2-3 mètres, gardait le mur d'enceinte du complexe de l'AFA en cas de débordement, a constaté l'AFP.
De nombreux policiers étaient déployés pour assurer un trajet rapide entre aéroport et AFA. En 2021, au retour de la campagne victorieuse de la Copa America au Brésil, le bus avait mis quatre heures pour effectuer ces quelques kilomètres.
Car parmi le million de supporters qui ont fêté jusque tard dans la nuit à Buenos Aires dans une "alegria" indescriptible le troisème titre mondial, nombreux étaient ceux résolus à accueillir les héros de Scaloni.
"J'irai les accueillir cette nuit ! Dès qu'ils vont arriver, couronnés, on se doit de les recevoir, et de leur dire: merci, les gars", assurait à l'AFP José Luis Quinoga, 56 ans, aux abords de l'Obélisque, par une douce matinée d'été.
"Il n'y a eu aucun incident à signaler. C'est très positif la façon dont les gens se sont comportés", a indiqué un porte-parole à l'AFP.
Moins d'une vingtaine d'arrestations, pour tentatives de vol ou violences isolées, avaient été rapportées selon un bilan initial lundi, suggérant que si les Argentins savent gagner, ils savent aussi faire la fête. Même si l'AFP a pu constater quelques vitrines endommagées et des dégradations aux abords de l'Obélisque, où les services de nettoyage s'affairaient.
Trente-six ans après le dernier sacre mondial de l'Argentine (1986), ils ont fêté l'apothéose pour un joueur de légende: l'Argentine de Lionel Messi venait de remporter la Coupe du monde en battant aux tirs au but la France (3-3, 4 tab à 2), au terme de l'un des plus grands matches de l'histoire du football.
- La Coupe se rapproche, physiquement -
Après quatre échecs dans un Mondial depuis 2006, c'était cette fois le soir de Messi, au bout du suspense et d'une terrible épreuve de tirs aux buts dont le gardien argentin Emiliano Martinez a été le héros.
Cette troisième étoile pour l'Albiceleste, après celles des équipes de Daniel Passarella (1978) puis Diego Maradona (1986), portera la marque de Messi, désigné meilleur joueur du tournoi.
Ce titre mondial lui permet de rejoindre dans la légende Maradona, "el pibe de Oro". Il surpasse aussi Pelé, avec 13 buts en cinq éditions de la compétition reine du football, un de plus que le Brésilien aux trois titres mondiaux.
"Gloire éternelle", "Merci, Messi", "Champions du monde !" ou juste "Merci !" titraient les quotidiens argentins, dont beaucoup ont réalisé des éditions spéciales, épuisées dans les kiosques aux premières heures de la matinée.
"La Coupe se rapproche encore un peu plus de l'Argentine", rappelaient les chaînes de télévision, égrenant les heures de la journée avec des programmes spéciaux, tout en suivant l'évolution du vol de l'équipe au-dessus de l'Atlantique.
"Demain les gens vont essayer de continuer cette fête. C'est une joie pour tout le peuple. C'est notre tour, c'est notre joie", résumait Julio Berdun, 50 ans, réceptionniste. "Même si demain on continuera avec les mêmes problèmes, c'est un réconfort pour l'âme".
C.Cassis--PC