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US Open: Carlos Alcaraz, le champion qui veut s'amuser
Débardeurs colorés, coupes de cheveux insolites, virées au golf entre deux matches: l'Espagnol Carlos Alcaraz, qui va redevenir N.1 mondial grâce à son sacre à l'US Open contre son grand rival Jannik Sinner, est un champion affamé de titres sur le court, et de liberté en dehors.
"J'ai envie de devenir le plus grand de l'histoire mais le plus important, c'est de m'amuser", résume-t-il dans un récent documentaire Netflix qui lui était consacré.
Passionné de basket, Alcaraz n'a ainsi pas hésité à filer à un match de NBA entre le Miami Heat et les Golden State Warriors, à peine son huitième de finale gagné au Masters 1000 de Miami en 2024.
A New York, la superstar des Warriors Stephen Curry, présent dans les travées du stade Arthur Ashe, lui a rendu dimanche la politesse, au même titre que le golfeur Rory McIlroy.
"Tombé amoureux" de la petite balle blanche en 2020, le nouveau leader du circuit ATP a dédié au Nord-Irlandais sa nouvelle célébration de fin de match, un swing en direction du public.
Mais c'est bien raquette en main que le prodige d'El Palmar a gagné sa place dans le gotha du sport mondial.
- L'inévitable comparaison avec Nadal -
Plus jeune N.1 de l'histoire à 19 ans, après son premier titre à New York, en 2022, Alcaraz régale les publics du monde entier avec ses accélérations foudroyantes en coup droit, ses amorties sorties de nulle part et ses "Vamos" qu'il hurle parfois en fin d'échange, à l'image de son illustre compatriote Rafael Nadal.
L'humilité d'Alcaraz est un autre point commun frappant avec l'homme aux 22 titres du Grand Chelem, auquel le désormais sextuple vainqueur de Majeurs n'a cessé d'être comparé depuis le début de sa carrière.
"Cela dure depuis des années", mais "je viens de Murcie, lui de Majorque. Il est gaucher, pas moi. Quand j'étais jeune, j'étais tout sauf un guerrier, j'étais petit, frêle, pas vraiment puissant", rappelait-il en juin 2022 au quotidien italien Corriere della Serra.
C'est à quatre ans que "Carlitos" a commencé à taper ses premières balles, au club dirigé par son père à El Palmar, où il vit toujours auprès de ses parents et ses trois frères.
"A cinq ou six ans, Carlos avait déjà des qualités naturelles, une très bonne coordination et surtout une capacité à apprendre très vite. Il pouvait copier ce qu'il voyait sur le court", a raconté son père dans l'émission Trans World Sport.
Sa première victoire à Wimbledon en 2023 contre le maitre des lieux Novak Djokovic atteste de ses facultés d'apprentissage sur un gazon qu'il découvrait encore.
- "Plus imprévisible" -
L'Espagnol a entre-temps triomphé deux fois sur la dernière surface qui lui résistait en Grand Chelem, la terre battue de Roland-Garros, propice à toutes les fantaisies de son jeu à risques.
C'est aussi sur l'ocre qu'il a écrit en juin dernier la plus belle page de sa rivalité avec Jannik Sinner, lors d'une finale légendaire de 5h29 où il a sauvé trois balles de match pour terrasser l'Italien de 24 ans.
Alcaraz "me pousse à explorer mes limites", reconnaît Sinner, l'autre ogre du circuit qui avait rapidement pris sa revanche en battant l'Espagnol en finale de Wimbledon mi-juillet.
Pour Alcaraz, cette "rivalité est très belle" et "sans la comparer à celles de légendes comme Borg-McEnroe, Rafa-Roger (Federer), ou (Novak) Djokovic (...) les gens sont impatients à chaque fois".
"Carlos est plus magique, plus imprévisible", a jugé Nadal dans une interview publiée par The Athletic.
"Il peut parfois jouer à un niveau que Jannik ne peut probablement pas atteindre, mais il fait aussi plus de fautes. Le tout est de trouver l'équilibre", a estimé l'ex-N.1 mondial.
Pour rivaliser dans la durée avec Sinner, l'Espagnol a dû travailler sur la constance, lui qui connaissait jusqu'à récemment de brusques baisses de régime.
A tel point que son entraîneur Juan Carlos Ferrero, ex-N.1 mondial qui l'a pris sous son aile dès ses 15 ans, en était arrivé à "douter qu'il puisse réellement devenir le meilleur joueur de l'histoire".
La rencontre avec Ferrero "a changé ma vie", a affirmé Alcaraz. "J'ai évolué, je suis devenu plus dur sur le court", assure le surdoué, devenu cette année le premier joueur depuis 2015 à atteindre la finale de l'US Open sans concéder le moindre set.
S.Pimentel--PC