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Les pandas de Tokyo partent pour la Chine après les adieux de centaines d'admirateurs
Des centaines de personnes ont fait mardi leurs adieux à deux pandas du zoo de Tokyo qui doivent quitter le Japon pour la Chine, privant l'archipel de ces animaux emblématiques pour la première fois en un demi-siècle sur fond de tensions entre les deux pays.
"Je viens les voir depuis leur naissance", a confié à l'AFP Nene Hashino, quadragénaire vêtue d'une veste à l'effigie des jumeaux Lei Lei et Xiao Xiao, qui doivent être acheminés par camion depuis le zoo d'Ueno, où ils sont nés en 2021.
"C'est comme si mes propres enfants partaient très loin. C'est triste", a-t-elle ajouté en serrant contre elle une peluche.
Le départ précipité des mammifères avait été annoncé le mois dernier après le brusque raidissement des relations sino-japonaises provoqué par des propos de la Première ministre conservatrice japonaise, Sanae Takaichi, selon lesquels Tokyo pourrait intervenir militairement en cas d'attaque contre Taïwan.
Ces déclarations avaient suscité la colère de Pékin, qui revendique la souveraineté de cette île et a, en réaction, notamment déconseillé à ses ressortissants de voyager au Japon.
Les animaux avaient été prêtés dans le cadre du programme de "diplomatie du panda" de la Chine et symbolisent l'amitié entre Pékin et Tokyo depuis la normalisation de leurs relations diplomatiques en 1972.
Ce rapatriement intervient un mois avant l'expiration de leur période de prêt en février, selon la mairie de Tokyo qui, d'après certains médias, cherche à obtenir le prêt de nouveaux spécimens.
"Conformément à l'accord entre la Chine et le Japon, les pandas géants qui vivaient au Japon, Xiao Xiao et Lei Lei, ont entamé aujourd'hui leur voyage de retour vers la Chine", a déclaré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun.
"Comme toujours, nous invitons le public japonais à venir voir les pandas géants en Chine", a-t-il ajouté.
- "Tellement triste" -
Dimanche, les 4.400 heureux gagnants d'une loterie en ligne avaient pu admirer les pandas pour la dernière fois.
Et mardi, des admirateurs vêtus de vêtements, chapeaux ou badges à l'effigie des pandas ont attendu des heures le long des rues bordant le zoo pour assister à leur départ.
Des cris ont résonné lorsque le camion sans fenêtre transportant les frères a franchi les grilles du parc.
"C'est tellement triste. J'ai perdu une partie de mon cœur", a déclaré Daisaku Hirota, employé de magasin de 37 ans.
Pékin rappelle régulièrement des pandas envoyés à l'étranger et cette décision pourrait ne pas être motivée par des raisons politiques, estime Masaki Ienaga, professeur à la Tokyo Woman's Christian University et spécialiste des relations internationales en Asie de l'Est.
Dans la politique chinoise, "le moment où l'on envoie les pandas est plus important", explique-t-il, ajoutant que de nouveaux pandas pourraient revenir au Japon si les relations bilatérales s'améliorent.
L'utilisation d'animaux comme outils diplomatiques existe ailleurs, rappelle-t-il, par exemple les éléphants en Thaïlande ou les koalas en Australie.
Mais pour lui "les pandas sont particuliers", car "ils ont un fort pouvoir d'attraction et (...) peuvent rapporter de l'argent".
A.Santos--PC