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Mort de Quentin Deranque à Lyon: ce que l'on sait
Quatre personnes ont été interpellées mardi dans le cadre de l'enquête sur la mort du jeune militant nationaliste Quentin Deranque, roué de coups samedi à Lyon en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan.
Un assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault figure parmi les personnes arrêtées dans le cadre de cette enquête ouverte pour "homicide volontaire".
- Premières échauffourées -
Jeudi 12 février, vers 17H30, sept militantes du collectif identitaire Némésis déploient une banderole devant Sciences Po Lyon pour protester contre la venue de Rima Hassan.
Les jeunes femmes ont demandé à des amis d'être présents pour assurer leur sécurité, mais ils n'interviennent pas quand plusieurs personnes tentent de décrocher la bannière, a indiqué le procureur de Lyon Thierry Dran.
Selon le récit de Némésis, une militante est étranglée, une autre jetée au sol dans l'empoignade. Elles ont reçu des ITT de deux et cinq jours, a rapporté le magistrat.
- Quentin Deranque au sol -
Vers 18H00, dans les rues adjacentes, "il y a une bataille rangée entre des membres de l'ultragauche et de l'ultradroite", selon une source proche du dossier.
Sur une vidéo mise en ligne mardi par le Canard enchaîné, on voit une trentaine de personnes masquées échanger des coups.
Le groupe de Quentin Derenque s'enfuit, mais le jeune homme se retrouve isolé, avec deux autres personnes, et ils sont jetés au sol et frappés.
Les deux autres parviennent à s'échapper, mais Quentin Deranque reste au sol et reçoit de violents coups de poing et de pied de la part d'au moins six personnes, selon une autre vidéo de la scène.
Au départ de ses agresseurs, le jeune homme est conscient, mais confus. Un ami tente de le ramener chez lui. Ils parcourent un kilomètre et demi, mais l'état de Quentin Deranque se dégrade. Appelés à l'aide, les secours le transportent à l'hôpital dans le coma.
Souffrant d'un grave traumatisme crânien, il est déclaré mort samedi midi.
- Les suspects -
Une partie des personnes impliquées dans l'agression ont été identifiées et quatre personnes ont été arrêtées mardi, selon le procureur de Lyon Thierry Dran, qui refuse de détailler leur profil.
Selon une source proche du dossier, un collaborateur de Raphaël Arnault, député LFI et fondateur de l'organisation antifaciste La Jeune Garde en 2018, figure parmi les personnes interpellées.
Le nom de Jacques-Elie Favrot circulait depuis plusieurs jours et le jeune homme, qui a nié dimanche être responsable de la mort de Quentin Deranque, s'était même vu retirer ses droits d'accès à l'Assemblée nationale.
Les trois autres ont aussi des liens avec l'ultragauche, selon une autre source proche du dossier.
- Un jeune nationaliste -
Quentin Deranque, 23 ans, était un catholique converti de fraîche date, et fréquentait depuis quelques temps une église traditionnaliste, Saint-Georges, dans le Vieux Lyon.
Ancien membre du groupe royaliste Action française, il a été l'un des fondateurs du groupuscule nationaliste-révolutionnaire Allobroges, à Bourgoin-Jallieu où il a vécu avant de s'installer pour ses études à Lyon.
Dans la capitale des Gaules, il était inscrit en BUT Sciences des données et participait à des séances d'entraînement et de sport du groupe Audace, autre groupe nationaliste local, selon son porte-parole.
- Hommages -
Une minute de silence a été observée mardi à l'Assemblée nationale en mémoire du jeune homme.
Des rassemblements ont eu lieu dimanche à Paris, avec des cadres du Rassemblement national et personnalités d'extrême droite, dont Marion Maréchal et Eric Zemmour, mais aussi à Nice ou Strasbourg.
Une déclaration pour une marche d'hommage samedi après-midi à Lyon, jusqu'à l'endroit où a eu lieu l'agression, a été déposée en préfecture. L'appel est relayé massivement et en plusieurs langues sur les réseaux sociaux.
- LFI dans la tourmente -
Accusé par le gouvernement d'avoir une "responsabilité morale" dans la mort du jeune militant, LFI, dont les permanences de plusieurs élus ont été dégradées, assure n'avoir aucun lien avec l'agression et s'insurge contre une "récupération" politique.
Son coordinateur national Manuel Bompard a toutefois commencé à prendre ses distances avec La Jeune Garde. Si certains membres du groupe sont responsables, ils devront être punis, a-t-il dit mardi.
Le président du RN Jordan Bardella a accusé le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon d'avoir "ouvert les portes de l'Assemblée nationale à des meurtriers présumés".
C.Amaral--PC