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Importantes manifestations au Yémen à l'appel des Houthis, après les frappes américaines
Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté lundi au Yémen à l'appel des rebelles houthis, pour dénoncer des frappes américaines qui ont fait des dizaines de morts ce weekend.
"Mort à l'Amérique, mort à Israël", scandait une foule compacte dans la capitale Sanaa, contrôlée par les Houthis.
D'autres rassemblements ont eu lieu à Saadah, fief des rebelles dans le nord, à Hodeida et Amran, dans l'ouest, et à Dhamar, dans le sud-ouest du pays, selon des images d'Al-Massira TV, la télévision des Houthis.
Ces frappes ont fait 53 morts, parmi lesquels cinq enfants, et 98 blessés, selon les Houthis.
Le président américain, Donald Trump, avait promis samedi "l'enfer" aux "terroristes houthis" et sommé Téhéran de cesser de soutenir ces rebelles, qui s'en prennent aux navires liés à Israël au large du Yémen depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, disant agir ainsi en solidarité avec les Palestiniens.
Sur la place Sabine à Sanaa, lieu de grandes manifestations depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas, la foule était massée lundi autour de grands drapeaux yéménites et palestiniens, brandissant des armes, des pancartes ou des copies du Coran.
"Le Yémen ne reculera jamais (...), nous défions les Américains, nous défions les Sionistes", criait un homme au micro.
En riposte aux frappes américaines, les Houthis ont dit dimanche avoir mené "une opération militaire (...) visant le porte-avions américain USS Harry Truman et les navires de guerre qui l'accompagnent dans le nord de la mer Rouge", affirmant avoir tiré 18 missiles et un drone.
Lundi matin, ils ont revendiqué une seconde attaque contre ce porte-avion, "avec de nombreux missiles balistiques et de croisière ainsi qu'avec des drones, dans un engagement qui a duré plusieurs heures".
Les Etats-Unis n'ont pas confirmé ces attaques.
L'Iran a condamné les frappes "barbares" des Etats-Unis et rejeté les menaces du président américain.
- "Causes complexes" -
Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a indiqué dans la nuit que ses forces "continuaient les opérations" contre les Houthis, sans autre précision.
D'après des médias houthis, Washington a pris pour cible dans la nuit de dimanche à lundi une usine d'égrainage de coton dans la région d'Hodeida et le poste de pilotage du Galaxy Leader, un navire capturé il y a plus d'un an par les rebelles.
Avant leur attaque contre le porte-avions américain, les Houthis n'avaient plus revendiqué d'attaques depuis le 19 janvier sur des navires au large du Yémen, jour où a débuté un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.
Cependant, ils avaient récemment menacé de reprendre leurs attaques en raison du blocage par Israël de l'aide humanitaire destinée au territoire palestinien.
Le ministère allemand des Affaires étrangères a affirmé lundi que toutes les réactions aux attaques des Houthis devaient se faire "en accord avec le droit international".
Les frappes américaines ont coûté la vie à "plusieurs dirigeants houthis clés", a affirmé dimanche le conseiller américain à la sécurité nationale, Mike Waltz.
Selon le ministère de la Santé des Houthis, les frappes américaines ont touché samedi Sanaa, le gouvernorat de Saadah et la ville de Radaa, dans le centre du Yémen.
- Mise en garde -
Le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a mis en garde dimanche contre la poursuite des attaques houthies contre les navires américains en mer Rouge, soulignant qu'elle ne serait pas tolérée, lors d'une conversation téléphonique avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
M. Lavrov, dont le pays est proche de l'Iran, a répondu que toutes les parties devraient s'abstenir de recourir à la force au Yémen.
Les attaques houthies ont perturbé le trafic en mer Rouge et dans le golfe d'Aden, une zone maritime essentielle pour le commerce mondial, poussant les Etats-Unis à mettre en place une coalition navale multinationale et à frapper des cibles rebelles au Yémen, parfois avec l'aide du Royaume-Uni.
Pays pauvre de la péninsule arabique, le Yémen est en proie depuis 2014 à une guerre civile opposant les Houthis au gouvernement soutenu par l'Arabie saoudite. La guerre a fait des centaines de milliers de morts et plongé ce pays de 38 millions d'habitants dans l'une des pires crises humanitaires, selon l'ONU.
P.Sousa--PC