-
Grèce: 6 disparus après l'effondrement d'un immeuble dans le centre d'Athènes
-
Ligue des nations: Mbappé sort sur blessure en Turquie, juste après son but
-
La Californie inaugure une journée en hommage à Dolly Parton
-
La Cour suprême autorise une base de données de l'administration Trump pour vérifier la nationalité des électeurs
-
Affaire Cambridge Analytica: Facebook a trompé ses utilisateurs, juge un jury du Nouveau-Mexique
-
La femme ayant accusé Jay-Z de viol dit avoir menti
-
Ukraine: sept morts dans des frappes russes à Kiev, Poutine peu enclin à des négociations
-
Après la liesse populaire et Notre-Dame, accueil de rock star au Stade de France pour Léon XIV
-
Sous le ciel immaculé de Paris, le "passage formidable" de la papamobile de Léon XIV
-
Trump et Xi concluent leur sommet devant les textes fondateurs de la démocratie américaine
-
Le nord-est des Etats-Unis se prépare à une tempête rare pour la saison
-
IA militaire: la justice américaine laisse le Pentagone écarter Anthropic
-
La Bourse de Paris moins optimiste que ses voisines
-
En Afghanistan, des taxis bravent l'interdiction d'écouter de la musique
-
Après la liesse populaire et Notre-Dame, une veillée au Stade de France pour Léon XIV
-
Cancer du poumon: arrêter de fumer après le diagnostic peut réduire de moitié le risque de décès
-
F1: retour réussi d'Hadjar à Bakou, quatrième des qualifications
-
Nord de l'Ethiopie : intenses combats dans plusieurs localités, communications perturbées
-
Tennis: la République tchèque en finale de la Billie Jean King Cup
-
F1: Russell intraitable à Bakou, Antonelli part à la faute
-
En Suède, des WC de fortune et une manivelle pour se préparer à la guerre
-
Faire son plein ou aller au resto : les restaurants plombés par les tensions sur le pouvoir d'achat
-
Polo change de trajectoire et devrait toucher terre au Mexique
-
Dans la liesse populaire, le pape arrive à Notre-Dame
-
Le Kremlin dénonce une "persécution" après les sanctions de l'UE contre la chroniqueuse russe Fedorova
-
Sécheresse: la Garonne en "crise" en amont de Toulouse, niveau d'alerte inédit
-
Dans la ferveur populaire, le pape entame sa déambulation à travers Paris
-
Après l'Elysée et l'Unesco, la ferveur populaire attend Léon XIV dans les rues de Paris
-
Inquiétude au Royaume-Uni sur le sort du célèbre explorateur Ranulph Fiennes
-
Wall Street ouvre en légère hausse, portée par un répit sur le pétrole et les taux
-
Wall Street ouvre en petite hausse, portée par un répit sur le pétrole et les taux
-
Foot: Rayan sauve le Brésil d'une cuisante défaite en Australie
-
Ukraine: cinq morts dans des frappes de drones russes en plein jour à Kiev
-
Après un discours offensif à l'Elysée, le pape Léon arrive à l'Unesco
-
Thélyson Orélien sorti de la sélection du Goncourt après les accusations de recours à l'IA
-
L'ex-Miss France Delphine Wespiser veut porter plainte pour diffusion de fausses informations générées par l'IA
-
L'actrice Anne-Elisabeth Blateau, qui a annoncé sa bipolarité, écope d'un stage de responsabilité parentale
-
Le Conseil des juifs d'Allemagne appelle la gauche radicale à Berlin à bannir l'antisémitisme de ses rangs
-
IA: le pape met en garde contre l'avènement d'un "paradis de machines"
-
Zelensky affirme que Trump a accepté de donner à Kiev les licences pour produire des Patriot
-
A l'Elysée, le pape Léon XIV offensif sur la laïcité, l'IA et la fin de vie
-
"On doit pousser les bateaux": le lac d'Annecy se vide à vitesse grand V
-
"Ça l'a rendu fou": E. Jean Carroll, la seule femme qui a fait condamner Trump pour agression sexuelle
-
Volkswagen rappelle plus de 2,8 millions de véhicules pour risque de corrosion de la direction
-
"L'alcool nuit à la santé", l'avertissement qui déplaît aux brasseurs belges
-
Procès sur l'assassinat du rugbyman Aramburu: la justice rend son verdict
-
Grèce : dans un centre d'hébergement fermé, des migrants "envisagent le suicide"
-
Affaire Thélyson Orélien: un de ses accusateurs se dévoile, la promotion du livre suspendue au Canada
-
Le pape Léon XIV est arrivé en France pour une visite de quatre jours
-
Nord de l'Ethiopie : intenses combats nocturnes, communications perturbées
A la frontière entre la Finlande et la Russie, l'économie en hibernation
Plus personne ne passe. La couche immaculée de neige devant le café Rajapysäkki et les pompes de la station-service attenante recouvertes de bâches témoignent de la disparition de toute activité autour du poste-frontière de Niirala entre la Finlande et la Russie.
Le tracé de 1.340 kilomètres séparant ces deux pays, et par là même l'Union européenne et l'Otan du territoire russe dans cette partie du monde, est fermé depuis fin 2023, conséquence de la méfiance accrue qu'inspire Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine.
Mais plus que la menace que constitue le puissant voisin russe, ce sont les dégâts économiques de cette fermeture qui préoccupent dans cette région de la Carélie du Nord, à cinq heures de route d'Helsinki.
Par le passé, il a pu y avoir "presque deux millions de passages" par an au poste-frontière de Niirala, se souvient Mikko Löppönen, à la tête de la municipalité de Tohmajärvi, une localité de 3.900 habitants à 15 kilomètres de là. "Maintenant, il n'y en a plus aucun, ça s'est immédiatement reflété sur les entreprises qui se retrouvent dans une situation vraiment délicate".
En perte d'attractivité et loin des grands axes, "le village a beaucoup changé", se désole l'édile, frustré de ne pouvoir autoriser l'installation d'éoliennes, des sources potentielles de recettes pour la commune, "car elles perturbent les radars et les systèmes de surveillance de la frontière".
Malgré cela, cette décision n'est "pas contestée" par une population qui reste marquée par l'histoire locale, assure ce longiligne professeur de sport de 42 ans, qui a effectué son service militaire, obligatoire en Finlande, et demeure réserviste jusqu'à 65 ans.
- "Très paisible" -
La majeure partie de la Carélie finlandaise, aujourd'hui une république russe, a été intégrée en 1940 à l'URSS à l'issue de la guerre d'hiver finno-soviétique.
La Finlande, qui a mis fin à des décennies de non-alignement militaire en rejoignant l'Otan en avril 2023, craint que la Russie n'orchestre l'arrivée de migrants pour la déstabiliser, comme elle l'accuse de l'avoir fait à l'automne 2023 avec 1.300 d'entre eux.
Pour s'en prémunir, ce pays termine l'érection à des endroits stratégiques, comme à Niirala, d'une clôture de 200 kilomètres de long bardée de caméras et de détecteurs de mouvements.
Sur le chemin de ronde, entre lac et champs gelés côté finlandais et forêt de bouleaux et d'épicéas côté russe, Ville Kuusela, un garde-frontière, admet qu'"à la frontière, c'est très paisible pour l'instant" et que ce sont essentiellement des élans, des ours ou des curieux qu'il voit s'approcher.
Mais l'économie locale, elle, étouffe.
Dans les rues endormies de Tohmajärvi, quelques vieilles dames arrivent au supermarché sur leur "spark", une sorte de trottinette des neiges.
- Chômage record -
Patronne du K Market, Pilvi Pääskynen se souvient des clients russes qui arrivaient pour s'approvisionner en café instantané et en fromages quand les Finlandais franchissaient la frontière pour acheter de l'essence, des cigarettes ou de l'alcool, bien moins chers en Russie.
"Nous étions le village et le magasin les plus proches de la frontière, il y avait des touristes russes et finlandais qui s'arrêtaient chez nous", explique cette femme de 35 ans.
Un peu plus loin, la devanture en cyrillique et en finnois du bazar Tavaratori fait grise mine. La changer coûterait "trop cher", selon son gérant qui ne souhaite pas donner son nom. L'activité faite de ventes de bottes pour le grand froid aussi bien que de bonbons a été "divisée par deux, c'est dur", lâche-t-il.
La Finlande a le taux de chômage le plus élevé de l'UE, 10,2% en décembre, d'après Eurostat. A Tohmajärvi, il atteint même 18,2%, selon l'organisme statistique finlandais, un niveau record partagé avec d'autres communes frontalières.
L'impact économique des sanctions contre la Russie et de la fermeture de la frontière a certes été moindre que redouté, analyse Tomi Kristeri, économiste à l'Institut finlandais d'affaires internationales (FIIA).
"Mais il y a des poches régionales et certains secteurs qui ont été plus durement touchés", comme le tourisme et la production de machines-outils, souligne-t-il.
Et malgré le chômage, la fermeture de la frontière fait redouter une pénurie de main-d'oeuvre dans certains métiers tels que ceux du bâtiment, de la restauration et de la santé dans lesquels nombre de Russes travaillaient.
A Joensuu, la capitale régionale, Esa Karvinen, le principal du centre de formation professionnelle de Carélie du Nord, Riveria, s'en inquiète.
"La gratuité des études et la perspective d'un emploi en Finlande étaient des facteurs très attractifs" pour les Russes, explique-t-il. En 2022, Riveria avait reçu plus de 2.000 candidatures en provenance de Russie, "l'an dernier il y en avait moins de 200".
- "Personne ne veut habiter" là -
Alexander Kuznetsov et Anjelika Hovi, des membres d'une petite communauté russe installée de longue date Tohmajärvi, se désolent eux aussi de cette morosité.
"Personne ne veut habiter à Tohmajärvi, il n'y a pas d'emplois", brocarde Alexander, un hôtelier de 41 ans.
Avant la fermeture de la frontière, les 14 chambres de son "Minimotel" avec toilettes et douche sur le palier étaient toutes occupées "deux à trois jours par semaine", assure-t-il. "Les gens pouvaient s'arrêter et reprendre la route, c'était une bonne période. Ce mois-ci, je n'ai eu que huit clients".
Anjelika, une aide-soignante de 51 ans, a vu son aîné partir trouver du travail à Joensuu en tant que conducteur d'excavatrice. Il a été envoyé à la frontière pour les travaux d'édification de la clôture.
Autour d'un café, tous deux déplorent d'être dorénavant coupés d'une partie de leur famille, restée côté russe à Sortavala, à 60 kilomètres de la frontière.
Alexander Kuznetsov s'y rendait une fois par semaine. "Cela me prenait une heure pour aller voir ma femme et ma mère".
Avec la frontière fermée, "il y a 15 mois que je n'ai pas vu ma famille". Pour aller à Sortavala, il a dû faire une longue boucle et passer par Narva, en Estonie, où un point de passage pour les piétons reste ouvert. Bilan : 27 heures dans les trajets et plusieurs centaines d'euros dépensés.
"On essaie de rester positif. La situation est telle qu'elle est", philosophe-t-il en rabattant sa mèche blonde. "Mais je ne sais pas combien de temps je pourrai tenir parce que l'argent s'épuise. Peut-être six mois, un an".
F.Cardoso--PC