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Inde: la croissance résiste encore mais les nuages s'accumulent
La croissance de l'économie indienne est restée ferme à 7,8% lors du premier trimestre (janvier-mars) de l'année malgré l'impact persistant de la crise énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient, selon les statistiques officielles publiées vendredi.
Largement nourrie par les dépenses publiques et un secteur des services toujours dynamique, la progression du produit intérieur brut (PIB) en rythme annuel affiche un léger recul par rapport à celle de 8% enregistrée lors du dernier trimestre (octobre-décembre).
Ce résultat dépasse les prévisions des analystes, qui anticipaient une progression plus faible de 7,3%.
"La croissance du PIB est restée très résiliente (...) malgré les tensions géopolitiques du moment", a observé auprès de l'AFP Teresa John de la Nirmal Bang Institutional Equities, soulignant notamment les bonnes performances des secteurs de l'industrie et de la construction.
La croissance enregistrée lors de l'année fiscale écoulée (1er avril 2025 - 31 mars 2026) s'établit donc à 7,7% (7,1% l'année précédente), confortant l'Inde à sa place de championne du monde de la croissance.
L'économie du pays le plus peuplé de la planète - un milliard et demi d'habitants - reste toutefois sous la menace de la hausse mondiale des prix des hydrocarbures, qui nourrit les pressions inflationnistes et affaiblit déjà la roupie.
Troisième importateur mondial de pétrole, l'Inde fait transiter la moitié de ses importations d'hydrocarbures par le détroit d'Ormuz, dont le trafic reste largement paralysé depuis les premières frappes américaines et israéliennes contre l'Iran à la toute fin du mois de février.
Après l'avoir longtemps retardé, le gouvernement a été contraint récemment de laisser grimper les prix des carburants à la pompe, d'environ 5% à ce jour.
- "Incertitudes" -
La bonne santé de l'économie indienne est également soumise à la signature très attendue de l'accord de libre-échange commercial en discussion depuis de longs mois avec les Etats-Unis, qui ont imposé de nombreuses surtaxes à New Delhi.
Le ministre indien du Commerce Piyush Goyal a fait savoir vendredi qu'il espérait la signature de la première tranche de ce document "au milieu du mois prochain".
La hausse des prix du pétrole a considérablement alourdi la facture de l'Inde et aggravé le déficit de sa balance des paiements, proche de son plus haut niveau depuis quatorze ans. Elle a également fait reculer la roupie à des niveaux historiquement bas par rapport au dollar.
"Les incertitudes qui demeurent sur l'issue du conflit et la persistance sur une longue période des prix élevés de l'énergie font peser des risques sur la croissance à court terme", a estimé Aditi Nayar, de l'agence de notation ICRA, dans une note d'analyse.
Parmi ses risques, il a cité "les faibles perspectives sur la demande d'investissement", "l'impact négatif sur les bénéfices des entreprises" et "le recul de la confiance des consommateurs", auxquels il a rajouté les effets potentiels d'une mousson moins importante sur l'agriculture.
La banque centrale indienne (RBI) a récemment réduit ses prévisions de croissance pour l'année fiscale 2026-2027 en cours de 6,9 à 6,6%. Elle a toutefois maintenu vendredi son taux d'intérêt de base à 5,25%.
Le montant des investissements étrangers en Inde a reculé de 20 milliards de dollars depuis le 1er janvier.
Pour les relancer, la banque centrale a dévoilé vendredi une série de mesures qui allègent les conditions imposés aux investisseurs étrangers pour acquérir des actions et des titres émis par le gouvernement, ainsi qu'une réduction des taxes sur ces derniers.
A.Silveira--PC