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La canicule de juin a causé au moins 2.000 décès, en majorité des personnes âgées, selon un premier bilan
Au moins deux mille morts, en majorité des personnes âgées vivant souvent à domicile, soit un bond de 30% en une semaine : voué à s'alourdir, ce premier bilan de la canicule exceptionnelle de juin montre que deux régions, Île-de-France et Pays de la Loire, ont été particulièrement touchées.
Lors de la semaine du 22 juin, l'agence Santé publique France rapporte, dans un bilan publié vendredi, "une hausse de +29,1%, correspondant à 2.025 décès supplémentaires par rapport à la semaine précédente".
Ces chiffres sont publiés alors que l'Hexagone se remet à peine de la canicule de fin juin, exceptionnelle par sa durée - une dizaine de jours - et son intensité, avec les trois journées les plus chaudes jamais enregistrées.
Un bilan sanitaire d'autant plus attendu que cette canicule est d'ores et déjà considérée comme plus intense, au plan climatique, que celle de 2003 qui avait tué quelque 15.000 personnes en France, essentiellement âgées.
Au niveau européen, cette vague de chaleur, la plus sévère jamais mesurée, aurait été quasiment impossible au mois de juin sans le changement climatique, selon les climatologues du World Weather Attribution.
Le sujet a pris un tour politique en début de semaine. Accusant le gouvernement d'inaction, les Ecologistes ont avancé un bilan à 10.000 décès pour l'épisode de juin, suscitant un vif démenti du Premier ministre Sébastien Lecornu.
Dans ce contexte sensible, les chiffres de vendredi ne donneront pas de réponse définitive, même si les autorités sanitaires s'affichent confiantes quant au fait que les décès sont cette fois moindres qu'en 2003.
En matière de mortalité, la canicule de juin "(n')est pas comparable avec l'épisode de 2003", a insisté sur TF1 la ministre de la Santé, Stéphanie Rist. Lors d'un échange avec la presse, Santé publique France a, de son côté, prévenu qu'il fallait "être prudent dans les comparaisons très rapides de deux événements qui sont quand même différents".
Le chiffre de 2.025 décès, qui vient s'ajouter aux quelques 300 décès supplémentaires déjà recensés par Santé publique France pour l'épisode de chaleur moins intense de fin mai, n'est, en effet, qu'un instantané encore très partiel.
Il se base sur les seuls certificats électroniques de décès, qui ne comptent que pour un peu plus de 60% de l'ensemble des morts, et ne prend pas encore en compte les décès enregistrés après les jours de canicule, celle-ci pouvant avoir des effets sanitaires à retardement sur les organismes.
- Données "sous-estimées" -
S'il n'est, à ce stade, pas possible de certifier que ces décès supplémentaires sont directement liés à la chaleur, en l'absence d'épidémie majeure, il est difficile d'envisager une autre grande cause probable de mortalité.
L'agence sanitaire nationale, qui promet un bilan plus solide d'ici à trois semaines, appelle donc à ne pas se focaliser excessivement sur le chiffre estimé de décès à l'heure actuelle, soulignant que ces données sont "sous-estimées" et que la mortalité réelle sera "plus élevée".
En revanche, ce premier bilan donne une idée réaliste des tendances de mortalité. La hausse des décès semble, ainsi, avoir été particulièrement marquée en Île-de-France et dans les Pays de la Loire, avec un bond d'environ 62% dans les deux cas. Mais, en raison du poids démographique de la région parisienne, l'effet y est particulièrement sensible.
Quant aux tranches d'âge, la hausse des décès ne concerne quasiment que les plus de 45 ans, alors même qu'à l'entame de la canicule, plusieurs soignants avaient alerté sur des cas graves chez des jeunes adultes ayant accompli des efforts excessifs.
Et "même si on a une augmentation chez les 45-64 ans qui est bien visible, le nombre de décès chez les 65 ans et plus représente la plus grande part", a prévenu Santé publique France.
Un dernier point, déjà beaucoup évoqué par les autorités sanitaires et le gouvernement, se confirme. La hausse est particulièrement sensible pour les décès à domicile, qui ont quasiment doublé (+91%) en une semaine. Elle est moins sensible dans les Ehpad (+37%) même si Santé publique France appelle là encore à la prudence en raison d'une couverture parcellaire au plan géographique notamment.
Jeudi, le Premier ministre avait vu dans ces décès à domicile "la grande différence avec 2003", disant travailler à "un réseau de centres de mise en protection des personnes fragiles". Le nombre de décès à domicile était toutefois déjà élevé en 2003, environ 5.000.
A.Magalhes--PC