-
Un gouverneur républicain en Californie ? Le scénario fou né des divisions démocrates
-
Le Premier ministre roumain confronté à une motion de censure
-
La Russie décrète une trêve les 8-9 mai, l'Ukraine annonce sa propre trêve dès mercredi
-
Au Met Gala, la mode s'érige en art, sans faire de folie
-
Blake Lively et Justin Baldoni mettent fin à leur bataille juridique (avocats)
-
Dolly Parton annule encore des concerts à Las Vegas, pour raisons de santé
-
Angleterre: Manchester City fait une passe décisive à Arsenal
-
Elections locales en Inde: Modi salue une victoire "record" au Bengale occidental
-
Théâtre: palmarès de la 37e cérémonie des Molières
-
Bond du pétrole avec les tensions à Ormuz, la nervosité gagne les Bourses
-
Netflix accorde une large diffusion en salles au "Narnia" de Greta Gerwig
-
A New York, le Met Gala et ses stars veulent élever la mode au rang d'art
-
Wall Street en baisse, le conflit au Moyen-Orient pèse
-
La Russie décrète une trêve les 8-9 mai, l'Ukraine annonce sa propre trêve les 5-6 mai
-
Recherche des origines des enfants nés sous X: Rist et El Haïry souhaitent un "débat apaisé"
-
Argentine: une partie des recettes des privatisations ira à la modernisation de l'armée
-
Foyer d'hantavirus présumé sur un bateau de croisière: les passagers coincés à bord dans l'incertitude
-
Les Emirats visés à nouveau par l'Iran au lancement d'une opération américaine à Ormuz
-
Festival de Cannes: Demi Moore et Chloé Zhao pour un jury au grand complet
-
Allemagne: une voiture fauche des piétons faisant deux morts, le chauffeur arrêté
-
Habitat indigne à Marseille: quatre ans de prison requis contre un investisseur à la tête d'un "empire immobilier"
-
Amazon lance sa propre offre logistique, concurrente des géants du secteur
-
Foyer présumé d'hantavirus: identifier le virus pour déterminer s'il y a eu transmission interhumaine
-
Une ONG israélienne dénonce les "maltraitances" subies en prison par les activistes de la "flottille pour Gaza"
-
Braun-Pivet saisit l'Arcom après l'évocation d'une fausse une sur CNews
-
La Cour suprême américaine rétablit provisoirement l'envoi postal de la pilule abortive
-
Allemagne: une voiture fauche des piétons à Leipzig, faisant deux morts, le chauffeur arrêté
-
Procès pour corruption en Espagne: un ex-ministre dénonce une volonté de "politiser" le dossier
-
Bangladesh: 311 enfants morts de la rougeole depuis mars
-
Voiture folle dans un carnaval belge: un accusé "autophile" face à ses juges
-
La Bourse de Paris termine en nette baisse, préoccupée par la situation au Moyen-Orient
-
Les marchés mondiaux suspendus aux informations sur le détroit d'Ormuz, bond du pétrole et chute des Bourses européennes
-
La Cour suprême américaine rétablit temporairement l'envoi postal de la pilule abortive
-
Des attaques russes font neuf morts dans deux villes en Ukraine
-
Au-delà de Pluton, un monde mystérieux semble doté d'une atmosphère
-
La comédienne Claire Maurier est décédée à 97 ans
-
Épisode d'hantavirus à bord d'une croisière: les Canaries envisagées pour débarquer les 149 passagers
-
Le Teknival se vide petit à petit, encore plusieurs milliers de personnes sur place
-
Publicités pour des anti-obésité: Novo Nordisk et Eli Lilly mis à l'amende
-
Wall Street sur la retenue avant de nouveaux résultats
-
Pour Chappatte, le dessin de presse est un "baromètre" de la liberté
-
Emirats arabes unis: le retrait de l'Opep "n'est pas dirigé contre qui que ce soit"
-
La candidature Mélenchon met la pression sur le reste de la gauche
-
Tennis: "Je sens que c'est encore compliqué", admet Loïs Boisson avant Rome
-
Episode d'hantavirus à bord d'une croisière: aucune raison de céder à la panique pour l'OMS
-
Masters 1000 de Rome: Fils pourrait défier Sinner dès les 8e de finale
-
Teknival: les départs se poursuivent, encore plusieurs milliers de personnes sur place
-
Voiture folle dans un carnaval belge: le conducteur face à la justice pour meurtres
-
La France devrait éviter la récession jusqu'en 2028, estime le gouverneur de la Banque de France
-
A la CIJ, le Guyana affirme l'importance "existentielle" de l'affaire frontalière l'opposant au Venezuela
Bannie dans la Libye de Kadhafi, la langue berbère se délie
L'élève hésite puis, encouragé par l'institutrice, approche le feutre du tableau et griffonne quelques caractères en tamazight. La scène paraît plutôt banale mais, douze ans plus tôt, dans la Libye de Kadhafi, elle était impensable.
Cet enfant apprend la langue d'une communauté jadis opprimée, dans une salle de classe de Zouara, ville amazighe (ou berbère) du nord-ouest libyen, près de la frontière avec la Tunisie.
Et les autres élèves de CM2 se succèdent au tableau, sous le regard exigeant mais bienveillant de la jeune enseignante, en robe noire et voile gris.
"Les enfants aiment cette matière car ils y retrouvent leur identité et leur culture", se réjouit Assirem Chouachi, la professeure de tamazight. "Il ne s'agit pas seulement d'alphabet et de vocabulaire, mais c'est un ensemble culturel qu'on leur transmet", dit-elle pendant que les enfants partent en récréation.
A 120 kilomètres de la capitale Tripoli, le drapeau, le symbole et l'alphabet des Amazighs s'érigent fièrement à Zouara, comme ailleurs en Libye, depuis la mort, en pleine révolution de 2011, de Mouammar Kadhafi.
Durant les quatre décennies de sa dictature, les Amazighs étaient condamnés à une oralité clandestine, ne pouvant parler leur langue qu'à la maison ou dans la rue, mais toujours loin des oreilles de la police, de l'administration ou des médias.
Pour Kadhafi, la Libye était exclusivement arabe. Les quelque 10% de Libyens amazighs font pourtant partie de l'importante population autochtone de toute l'Afrique du Nord, présente bien avant les conquêtes grecques, romaines puis arabes au VIIe siècle.
- "Droit naturel" -
Dans un pays divisé en camps rivaux se disputant le pouvoir, le gouvernement reconnu par l'ONU tient à ménager la communauté amazighe et fournit désormais les manuels de tamazight, sans toutefois rendre la langue officielle.
Pour les plus jeunes élèves, qui n'ont pas connu la vie sous Kadhafi, "c'est juste un droit naturel d'apprendre leur langue maternelle et ils n'imaginent pas que quiconque puisse le leur interdire", observe Assirem Chouachi, elle-même issue de la première promotion libyenne de licence de tamazight, délivrée l'année dernière par l'université de Zouara.
Si elle espère encore davantage de reconnaissance, l'institutrice se réjouit des "avancées énormes déjà réalisées en seulement dix ans". "On est nous-mêmes surpris", jubile l'enseignante qui, après la révolution, s'est immédiatement procuré des manuels de tamazight édités au Maroc.
A Zouara, les premiers cours ont été dispensés dès 2012, avec des "débuts difficiles" en raison d'un manque d'enseignants formés et d'incertitudes autour du programme à suivre, se souvient la directrice Sondoss Saki, après s'être assurée de l'ordre dans la cour de récréation.
Il a même fallu convaincre les parents d'élèves qui craignaient la surcharge linguistique, jugeant l'arabe et l'anglais prioritaires pour les études.
"Mais les enfants viennent pour apprendre et leur esprit est grand ouvert à la connaissance", souligne avec assurance la directrice, les drapeaux libyen et amazigh trônant côte à côte sur son bureau.
- "Aller de l'avant" -
Ses classes terminées, Assirem Chaouachi file vers le petit studio de Kasas FM, la première radio locale en langue tamazight. Si une station nationale berbérophone a récemment été lancée depuis la capitale Tripoli, Kasas FM émet depuis 2012.
Egalement présentatrice radio, Assirem Chaouachi discute avec Ismaïl Aboudib, le directeur des programmes, des prochains épisodes de son émission consacrée à la littérature amazighe.
En chemise blanche et blazer gris, le jeune homme de 28 ans, par ailleurs architecte, s'est lui aussi fait le "devoir" de défendre les "droits" de sa communauté.
Et Kasas FM est l'une des manières de "répondre aux attentes" des habitants de Zouara, assure-t-il, après avoir opéré quelques réglages sur la petite table de mixage.
Société, culture, religion, divertissement, sport: la radio aborde "tous les sujets qui intéressent les auditeurs dans la langue qu'ils connaissent le mieux", se félicite-t-il, derrière ses larges lunettes aux bordures transparentes.
Pour lui, "respecter sa langue et être fier de son identité" n'empêchent pas de "vivre avec les autres communautés". Au contraire, ces nouveaux droits permettent "d'aller de l'avant ensemble sans rester hantés par l'époque de la persécution".
"Le monde entier est fait de diversité", constate-t-il. "Et c'est aussi le droit de tous les Libyens de vivre dans cette harmonie".
C.Cassis--PC