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Le retour prometteur mais fragile du gypaète barbu dans le Vercors
Dans une clairière perchée du Vercors, Spirale ouvre grand son bec et tape le sol, apeuré: ce poussin vautour né en captivité subit les derniers préparatifs avant sa mise en liberté, inconscient de participer au fragile succès du plus vaste programme européen de réintroduction d'espèce, celui des gypaètes barbus.
Malgré ses plus de 5 kilos et ses serres déjà bien acérées, ce gypaète né dans un zoo en Bavière, n'est encore qu'un poussin de 3 mois, aux mêmes petits cris de détresse que n'importe quel oisillon.
Sa mission? Repeupler ces massifs des Préalpes d'où il a disparu depuis plus d'un siècle à cause de l'homme, après le succès de sa réintroduction dans les Alpes, entamée en 1986. Avec l'espoir de stabiliser un jour l'espèce du Maroc jusqu'aux Balkans.
À quelques mètres de la cavité rocheuse où Spirale va être déposée avec Troubadour, son congénère du même âge arrivé du parc du Puy-du-fou (Vendée), une vingtaine d'enfants, bénévoles et gardiens de la réserve naturelle assistent médusés aux préparatifs.
Sur l'herbe, Pascal Orabi, le coordinateur en France du programme européen LIFE Gyp'Act, tient fermement l'animal: deux bagues clipsées aux pattes, un boîtier GPS sur le dos et un coup de pinceau de décolorant sur quelques plumes.
"Ça nous permet de reconnaître l'oiseau lors de son envol sur les premières périodes de sa vie", explique ce spécialiste des vautours au sein de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).
Au-dessus de lui, une dizaine de vautours moines et fauves ainsi qu'un gypaète adulte virevoltent, intrigués. Seul le percnoptère, la quatrième espèce de vautour vivant en France, manque à l'appel.
"Si tu n'avais pas les autres vautours, il n'y aurait pas de gypaète", explique Pascal Orabi. Car ce rapace protégé, toujours classé "en danger" d'extinction en France, ne se nourrit que d'os, grâce à son estomac très acide, mais nécessite que les autres nécrophages lui préparent la carcasse.
À l'avenir, Spirale fera peut-être comme Adonis, un de ses prédécesseurs ayant parcouru 22.000 km en Europe en un an, la moitié de la circonférence de la Terre, atteignant la Roumanie avant de revenir nicher en France.
- Maillon pastoral -
Pour l’heure, les deux poussins sont remis dans leurs cages, chargés sur le dos de deux volontaires et conduits le long d'un sentier escarpé vers la falaise.
"On va effectuer une surveillance en continu de 6h00 à 21h00", explique Nicolas Renaud, agent de la Réserve naturelle des hauts plateaux du Vercors, non loin de la cabane où se relaiera l'équipe et leurs jumelles, à 100m de la cavité.
"On note les comportements, les battements d'ailes, on regarde s'ils se nourrissent, (...) s'ils se bataillent pas trop", détaille-t-il, jusqu'au jour où ils prendront leur envol dans un mois environ.
La méthode a fait ses preuves mais requiert de la patience: dans les Alpes, "il a fallu lâcher 72 oiseaux pour assister à la première reproduction, réussie en 1996, dix ans plus tard", raconte Pascal Orabi.
Au total, ce premier programme aura permis le retour de 260 gypaètes "qui ont produit 522 oiseaux".
Fort du succès, un 2e programme a été financé par l'Union européenne, qui court jusqu'en 2026, et vise cette fois à peupler le Vercors et les Grandes Causses, dans l'Aveyron, afin de créer un couloir jusqu'à la population des Pyrénées.
Dans le Vercors, Spirale et Troubadour sont les 22e et 23e gypaètes réintroduits depuis 15 ans. "C'est une réussite parce qu'on a deux couples qui nichent sur des falaises là-derrière et un troisième couple commence à traîner", raconte Benoît Petton, conservateur de la réserve.
"Le gypaète barbu était présent en Europe il y a 1,5 million d'années, il a fallu qu'il rencontre Homo Sapiens pour être précipité vers une phase d'extinction, donc c'est la moindre des choses" de le réintroduire, justifie Pascal Orabi.
Et si cet argument ne suffisait pas, rappelle-t-il, sa réintroduction "a restauré un maillon essentiel de l'écosystème pastoral", évitant aux éleveurs de redescendre chez l’équarrisseur de lourds cadavres de brebis ou de vaches. Le rapace joue aussi un rôle sanitaire, éliminant les risques de foyers pathogènes issus d'animaux en putréfaction, ajoute-t-il, citant l'anthrax ou la brucellose.
Mais le succès reste fragile car les dangers persistent: outre celle, historique, des lignes à haute-tension, "la deuxième menace en Europe et en France, c'est les tirs et les empoisonnements", suivi par le péril émergent des éoliennes.
L.Mesquita--PC