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Corée du Sud : le président suspendu Yoon Suk Yeol sort de prison
Le président sud-coréen Yoon Suk Yeol a été remis en liberté samedi après l'annulation par un tribunal de son arrestation pour des raisons de procédure, mais il fait toujours l'objet d'une enquête sur sa déclaration de la loi martiale.
"Je m'incline en signe de gratitude envers le peuple de cette nation", a déclaré M. Yoon dans un communiqué diffusé par ses avocats.
M. Yoon a quitté le centre de détention où il était incarcéré depuis janvier. Il est monté ensuite dans un convoi de véhicules et s'est rendu directement à la résidence présidentielle, ont constaté des journalistes de l'AFP. Il est sorti de sa voiture à l'extérieur de la résidence pour saluer les centaines de partisans qui l'acclamaient.
"La libération du président signifie le respect de l'Etat de droit", a dit son équipe juridique dans un communiqué.
Un tribunal sud-coréen avait annulé vendredi le mandat d'arrêt en vertu duquel M. Yoon était détenu, mais cette décision n'a pas entraîné sa remise en liberté immédiate, le code de procédure pénale sud-coréen donnant au parquet jusqu'à sept jours pour faire appel.
Samedi, le parquet sud-coréen a annoncé avoir ordonné la remise en liberté du président suspendu, selon l'agence de presse Yonhap, renonçant ainsi à son droit de faire appel.
Dans un communiqué, le ministère public a indiqué avoir envoyé "un ordre de libération du président Yoon au centre de détention de Séoul aujourd'hui".
L'opposition a critiqué cette décision, le dirigeant Lee Jae-myung, déclarant lors d'un rassemblement vouloir "se battre jusqu'à ce que l'insurrection soit terminée".
- Coup de force -
L'équipe juridique de M. Yoon avait intenté le mois dernier un recours contre le maintien en détention de leur client, soutenant que les procureurs l'avaient inculpé un jour après l'expiration du mandat en vertu duquel il était détenu après sa tentative ratée de suspendre le régime civil en décembre.
M. Yoon, un ancien procureur, doit également faire face à une décision distincte de la Cour constitutionnelle, qui doit décider si elle doit confirmer sa mise en accusation et le démettre officiellement de ses fonctions, la décision des juges étant attendue d'un jour à l'autre.
La Corée du Sud doit organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 60 jours si M. Yoon est démis de ses fonctions. La procédure pénale engagée contre lui se poursuivra même s'il est officiellement démis de ses fonctions.
Le président conservateur avait plongé la Corée du Sud dans le chaos politique dans la nuit du 3 au 4 décembre en décrétant la loi martiale et en envoyant l'armée au Parlement pour tenter de le museler.
Il avait dû faire marche arrière six heures plus tard, les députés étant parvenus à se réunir en urgence et à voter une motion exigeant le retour au régime civil.
Yoon Suk Yeol, 64 ans, avait justifié son coup de force par le fait que le Parlement, dominé par l'opposition, bloquait l'adoption du budget de l'Etat. Dans une allocution télévisée surprise, il avait dit vouloir "protéger la Corée du Sud libérale des menaces posées par les forces communistes nord-coréennes" et "éliminer les éléments hostiles à l'Etat".
Selon ses avocats, M. Yoon avait déclaré la loi martiale pour alerter le pays sur les dangers d'une "dictature législative" de la part de l'opposition.
T.Batista--PC