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Trump ravi de sa parade militaire à Washington, importantes manifestations d'opposants ailleurs
Donald Trump s'est montré ravi de la grande parade militaire dont il avait rêvé, samedi à Washington lors d'une journée marquée par de vastes manifestations contre sa politique à travers le pays.
Dans une atmosphère alourdie par le meurtre d'une élue locale samedi matin et le conflit au Moyen-Orient, parade militaire d'un côté et défilés protestataires de l'autre ont souligné à quel point les Etats-Unis sont profondément divisés.
Le président américain, qui fêtait ses 79 ans, a assisté durant environ deux heures depuis une tribune au défilé qui a rassemblé près de 7.000 soldats et quelque 150 véhicules militaires, survolés par des dizaines d'avions et d'hélicoptères.
Donald Trump a souvent applaudi les militaires et s'est levé à plusieurs reprises pour faire le salut militaire au passage des troupes.
Mais malgré le défilé de véhicules blindés et de chars d'assaut, la foule faisait preuve d'un enthousiasme mesuré, ont constaté des journalistes de l'AFP.
La Maison Blanche a avancé le chiffre de 250.000 spectateurs.
- "Fan du président" -
Dans un discours inhabituellement bref à l'issue du défilé, le commandant en chef a rendu hommage à ses soldats, "des héros et des légendes", rappelant les nombreuses batailles du passé.
"Nous sommes actuellement le meilleur pays du monde, et notre pays sera bientôt plus grand et plus fort que jamais", s'est félicité Donald Trump.
La soirée s'est terminée avec un petit concert et des feux d'artifice tirés au pied du Washington monument. Le budget annoncé pour cette parade se montait à 45 millions de dollars.
"Je suis là parce que je suis un fan du président et aussi parce que je soutiens l'armée", a déclaré Oscar Williamson, lycéen de 17 ans originaire de l'Etat de New York, sous sa casquette rouge "Make America Great Again". Le jeune homme dit soutenir la politique migratoire du républicain: "On a accueilli trop de migrants, ce n'est pas bon pour l'économie et il y a des problèmes de sécurité", assure-t-il.
"Je ne soutiens pas Trump, je n'ai pas voté pour lui et je n'aime pas sa politique, j'ai toujours été démocrate mais j'aime une bonne parade militaire, j'aime un bon show aérien", estimait de son côté son père, Paul Hagenloch, professeur d'histoire à l'Université de Syracuse.
Cette démonstration de force est inhabituelle aux Etats-Unis, où le dernier défilé militaire d'envergure remontait à 1991, après la Guerre du Golfe. Et si officiellement cette manifestation célébrait les 250 ans de l'Armée de Terre, le fait qu'elle se déroule le jour des 79 ans de Donald Trump était particulièrement significatif, alors que le républicain ne cesse de repousser les limites du pouvoir présidentiel.
La journée avait démarré sous de tristes auspices aux Etats-Unis, où Melissa Hortman, 55 ans, élue du Minnesota et son mari ont été tués à leur domicile samedi au petit matin. Un "acte délibéré de violence politique", a dénoncé Tim Walz, gouverneur de cet Etat du nord.
- Démocratie menacée -
Un autre élu démocrate et sa femme ont également été gravement blessés chez eux par des tirs.
Le suspect, un homme blanc de 57 ans, considéré "armé et dangereux", reste activement recherché.
Le pays a également été le théâtre samedi de centaines de manifestations baptisées "No Kings" pour protester contre l'"autoritarisme" de Donald Trump et "la militarisation de notre démocratie".
Des centaines de milliers d'opposants à Donald Trump sont descendus dans les rues, sans incident majeur.
Ainsi à New York, des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées sur la 5e avenue malgré la pluie, dans une ambiance bon enfant.
"Il est essentiel pour nous de montrer que la démocratie est encore forte dans ce pays, que les gens le ressentent. Nous voulons aussi montrer à nos enfants que, lorsque nous penserons à cette période de l'histoire où la démocratie était menacée, nous avons choisi de participer", a déclaré à l'AFP Vikas Mehta, médecin de 45 ans venu manifester avec sa femme et leurs deux enfants.
A Los Angeles, après des rassemblements contre les arrestations brutales d'immigrés, les milliers de manifestants ont défilé sous le regard des militaires envoyés par Donald Trump pour tenter de juguler les violences. Les membres de la Garde nationale, qui surveillent certains bâtiments, ont été hués par le cortège, mais n'ont pas répondu.
M.Carneiro--PC