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L'armée syrienne dans le camp des proches de jihadistes d'Al-Hol
L'armée syrienne est entrée mercredi dans le camp d'al-Hol où sont détenues des familles de jihadistes du groupe Etat Islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, au lendemain du retrait sous la pression militaire des forces kurdes de territoires qu'elles contrôlaient.
Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi soir un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, forcées de se replier dans leur bastion de Hassaké et lâchées par leur allié américain.
Damas, déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays, a accordé un délai de quatre jours expirant samedi soir aux Kurdes syriens pour présenter un plan sur l'intégration de leur région au sein de l'Etat.
Les Kurdes avaient instauré une zone autonome dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile (2011-2024) et leurs forces avaient défait l'EI, avec l'aide de la coalition internationale antijihadiste menée par les Etats-Unis.
Depuis, ces Forces Démocratiques Syriennes (FDS) contrôlaient les prisons où sont détenus des jihadistes, et les camps abritant leurs familles.
Mardi, les FDS ont annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand de ces camps, pour défendre leurs régions menacées par l'armée.
Et mercredi, l'armée syrienne est entrée dans cet immense camp situé dans une zone désertique, où des tentes blanches s'étendent à perte de vue.
Le correspondant de l'AFP a vu un grand nombre de soldats ouvrir la barrière métallique et pénétrer à pied dans le camp, tandis que d'autres en gardaient l'entrée.
- "L'annexe" -
Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.
Les Syriens et les Irakiens vivent dans le camp principal, tandis que les étrangers sont détenus dans une "annexe" isolée, sous haute sécurité.
Les forces kurdes contrôlent toujours Roj, un camp plus petit situé près de la frontière turque.
Mardi, l'émissaire américain pour la Syrie Tom Barrack a estimé que "la mission initiale" des FDS, la lutte contre les jihadistes ayant rejoint l'EI par milliers pendant le conflit, était terminée. Et que le nouveau pouvoir syrien était désormais capable de contrôler les centres de détention établis par les Kurdes.
En conférence de presse ensuite, le président Donald Trump a déclaré qu'il "aimait les Kurdes" mais a surtout couvert d'éloges son nouvel allié, le président Ahmad al-Chareh, qu'il a dit soutenir dans son offensive.
- Evasion -
En vertu d'un accord avec les Kurdes, l'armée s'était déployée lundi dans de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie dont les FDS se sont retirées.
L'accord prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques".
Le ministère syrien de l'Intérieur a assuré "prendre les mesures nécessaires en coordination avec la coalition internationale pour maintenir la sécurité" des centres de détention.
Des milliers d'ex-jihadistes, dont des étrangers, sont en outre détenus dans sept prisons dont certaines se trouvent dans les territoires repris par l'armée syrienne.
Dans la province de Raqa, les forces de sécurité syriennes sont déployées mercredi autour de la prison d'Al Aqtan, toujours sous le contrôle des forces kurdes, selon un correspondant de l'AFP.
Des centaines de proches de prisonniers syriens étaient massés devant la prison dans l'attente de nouvelles.
"Mon fils est emprisonné depuis dix mois, les FDS l'ont arrêté et accusé de terrorisme", dit Hilal Hamadé al-Cheikh. "On veut savoir si les détenus sont morts ou vivants".
Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu'une autre prison, Chaddadi, qui abrite des prisonniers de l'EI, avait été "attaquée" par les troupes gouvernementales, qui ont en retour accusé les FDS d'avoir libéré des détenus.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que 120 membres de l'EI s'étaient évadés de cette prison, et dit avoir réussi à "arrêter 81 fugitifs".
Donald Trump a lui soutenu qu'il avait "arrêté une évasion" de "terroristes européens" de cette prison, "en collaboration" avec les autorités syriennes.
"Ils ont capturé tous les prisonniers et les ont renvoyés en prison", a-t-il affirmé.
R.Veloso--PC