-
Cercle Bruges : Pedro Caixinha succède à Lars Friis comme entraîneur
-
Route du Rhum : Francis Joyon secouru après le chavirage de son voilier
-
Crans-Montana : une nouvelle audition de Jacques Moretti ravive les attentes des victimes
-
Olivier de Kersauson : entre son manoir bigouden et la Polynésie
-
Jurassic Park : la bande-annonce perdue de la série animée annulée en 1993 retrouvée
-
Ukraine : une frappe russe fait 26 morts et fragilise les perspectives de paix
-
Donald Trump promet des grâces préventives à ses alliés en cas de défaite
-
La pétition visant CNews dépasse 500 000 signatures à l’Assemblée nationale
-
Darmanin : des policiers « qui n'ont plus de testicules » après les violences
-
Route du Rhum : Violette Dorange raconte sa collision au début de la course
-
Sextorsion : les signes avant-coureurs et la réaction des parents face au chantage numérique
-
Israël : les opposants à Benjamin Netanyahu cherchent une majorité commune
-
Octobre 2026 : Le marché de l'occasion en baisse mais les voitures électriques bondissent
-
Moscou dit avoir intercepté près de 500 drones ukrainiens en une nuit
-
Transports en commun perturbés à Marseille : grève lycéenne et mouvement social
-
États-Unis : le soutien d’Haley Stevens à Mike Rogers secoue le Parti démocrate
-
Décès de Jesús de Miguel : le footballeur de Tenerife s'éteint à 30 ans après un choc violent
-
Florent Pagny : son rituel pour surmonter la claustrophobie lors des examens médicaux
-
Rapport du HCE : Les femmes plus touchées par la dépression en raison de pressions sociales
-
Paris enregistre un recul des réservations touristiques après la manifestation du 17 octobre
-
Matinée scientifique sur la médecine générale à Champion le 14 novembre 2026
-
Le SR-71 Blackbird de la NASA va-t-il redevenir volant ?
-
LFI et ses adversaires : la stratégie politique du soupçon permanent
-
Geely E2 : la citadine électrique franchit le cap du million d'unités
-
Kimi Antonelli, plus jeune champion du monde de F1 à l'arrivée du GP du Mexique
-
Trois mille docteurs juniors rejoignent la médecine générale dans les zones sous-dotées
-
Présidentielle 2027 : La dynamique numérique de David Lisnard bouscule-t-elle la droite ?
-
Euronaval sous haute surveillance face aux risques d’ingérence et d’espionnage
-
Crash en Floride : identité des neuf victimes du jet privé confirmée
-
Thomas Markle transféré en unité de démence en Floride
-
Pétition contre CNews : le seuil des 500 000 signatures ouvre la voie à un débat
-
Pourquoi certains légumes vieillissent plus vite ensemble : le rôle de l'éthylène
-
Après les violences du 17 octobre, un appel à refonder la réponse politique sur la proximité
-
Ukraine : Moscou affirme avoir intercepté 493 drones, Kiev poursuit ses alliances militaires
-
Moyen-Orient : l’Iran conditionne la réouverture d’Ormuz après une nouvelle journée de tensions
Quand la répression traverse la frontière : la peur des exilés nicaraguayens au Costa Rica
Gabriel Putoy ne sort jamais seul, pas même pour vider les poubelles, et il ne passe jamais deux fois au même endroit : les Nicaraguayens exilés au Costa Rica vivent dans la crainte d'être rattrapés par la persécution du gouvernement de Daniel Ortega et de Rosario Murillo.
Il n'ouvre pas non plus le portail à n'importe qui car, au cours des cinq dernières années, une douzaine d'assassinats ou de tentatives d'assassinat ont visé des exilés, ont dénoncé en mars dans un rapport des experts de l'ONU.
"Ils nous surveillent. Nous ne nous sentons pas en sécurité. Cette angoisse est terrible", confie à l'AFP ce professeur de 49 ans, dans une pièce qui tient lieu de salon, de cuisine et de chambre et dominée par une niche abritant une Vierge en plâtre.
Le petit appartement abrite sept expatriés qui se connaissent depuis des années et veillent les uns sur les autres.
Selon le Groupe d'experts des Nations unies sur les droits de l'homme, le Nicaragua dispose d'un vaste réseau pour surveiller, intimider et attaquer les opposants exilés, impliquant l'armée, la police, des agents de l'immigration et des diplomates.
"Ils essaient de réduire au silence les centaines de milliers de Nicaraguayens en exil", commente à l'AFP un de ces experts, Reed Brody, un avocat américain surnommé le "chasseur de dictateurs".
Daniel Ortega, 80 ans dont près de deux décennies passées au pouvoir et son épouse Rosario Murillo, avec qui il gouverne, accusent les institutions internationales d'"ingérence" et de "mensonges" et reprochent à leurs opposants d'avoir tenté de les renverser par les manifestations massives de 2018.
La répression s'est traduite par la mort de quelque 300 personnes, une cohorte de prisonniers politiques et la constitution d'une diaspora au Costa Rica, aux Etats-Unis et en Espagne, qui comprend environ 400 militants, intellectuels, religieux et journalistes déchus de leur nationalité et privés de leurs biens, pour "trahison de la patrie".
C'est en tongs que Gabriel Putoy a traversé clandestinement la frontière vers le Costa Rica en 2019, après avoir été libéré au bout d'un an de prison, où il dit avoir été détenu pour avoir participé aux manifestations et travaillé dans un établissement catholique.
– "Motifs idéologiques" –
La peur est montée d'un cran pour les exilés après le meurtre du commandant à la retraite Roberto Samcam, qui a reçu huit balles devant la porte de sa résidence dans la capitale costaricienne San José, en juin 2025.
Dans son appartement parmi les plantes, les livres et des photos de son mari, Claudia Vargas raconte à l'AFP que le crime de ce militaire a été précédé de "menaces de mort" et d'une "campagne de diffamation sur les réseaux sociaux". Roberto Samcam, 66 ans, s'était exilé avec sa famille en 2018 après avoir dénoncé la répression exercée par l'armée au cours des manifestations.
"La dictature l'a fait tuer, son meurtre montre comment fonctionne le renseignement" nicaraguayen, affirme sa veuve.
Attaqué dans la rue en plein jour, l'opposant Joao Maldonado, blessé par balle, à survécu à deux attentats en 2021 et 2024. Sa femme se déplace depuis en fauteuil roulant.
"La répression ne s'arrête pas simplement une fois la frontière franchie. Je n'ai pas le moindre doute que tout cela est ordonné à partir du Nicaragua", assure son avocat Marlon Medina.
Sans mentionner Managua, la police judiciaire costaricienne, qui n'a pas répondu aux questions de l'AFP - les enquêtes étant en cours - a évoqué des "mobiles idéologiques" concernant le meurtre de Roberto Samcam et les attentats contre Joao Maldonado.
"C'est un phénomène nouveau" dans un pays doté d'une longue tradition d'asile, souligne Me Medina, qui plaide pour une procédure de plainte facilitée pour ce type d'affaires.
– Refuser le silence –
Cette répression transnationale a poussé de nombreux exilés à quitter le Costa Rica à la recherche d'un refuge plus sûr et plus lointain. M. Maldonado est parti il y a un an et demi mais d'autres résistent.
Dans un studio de télévision improvisé dans la maison qu'ils louent, deux journalistes trentenaires, qui figurent parmi les 300 exilés au Costa Rica depuis 2018, brisent la censure grâce à leur média en ligne Nicaragua Actual, fondé il y a sept ans.
"Nous refusons de renoncer à notre droit d'informer", explique à l'AFP Yelsin Espinoza, selon qui 60% de son audience se trouve au Nicaragua. "Les dictatures passent, le journalisme reste", abonde dans le même sens son collègue Gerall Chavez.
Pour la veuve de Roberto Samcam, une militante des droits de l'homme, se taire n'est pas une option : "Je ne vais pas laisser la peur me vaincre car c'est ce que le pouvoir cherche à faire : nous réduire au silence".
V.Fontes--PC