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Trump propose un "Conseil de paix" concurrent de l'ONU et totalement à sa main
Donald Trump veut créer un "Conseil de paix" à sa main pour œuvrer à la résolution des conflits dans le monde en concurrence avec l'ONU. Un "Conseil" dont la charte fondatrice pourrait être signée en sa présence dès jeudi à Davos, en marge du Forum économique mondial.
Une dizaine de pays ont accepté de se rallier à cette charte, censée entrer en vigueur quand au moins "trois Etats" l'auront signée, et dont l'AFP a obtenu une copie.
- De quoi s'agit-il?
La Maison Blanche avait annoncé qu'en vertu du plan pour mettre fin à la guerre dans le territoire palestinien de la bande de Gaza soutenu par Washington, un "Conseil de paix" présidé par Donald Trump serait formé.
Mais le projet de "charte" révèle une initiative et un mandat bien plus vastes que la seule question de Gaza, et semble en faire un véritable substitut des Nations unies.
- La mission
"Le Conseil de paix est une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits", peut-on lire dans le préambule de ce texte envoyé aux Etats "invités" à y siéger.
Le texte de huit pages critique les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué", dans une allusion claire à l'ONU, et appelle à avoir "le courage" de s'en "écarter". Il souligne "la nécessité d'une organisation de paix internationale plus agile et efficace".
- Trump tout puissant
Donald Trump sera le "premier président du Conseil de paix", dont les pouvoirs prévus sont très étendus: il est seul habilité à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement à l'intégrer et peut révoquer leur participation, sauf en cas de "veto par une majorité des deux tiers des Etats membres".
Le conseil exécutif, dirigé par M. Trump, comportera sept membres parmi lesquels le secrétaire d'Etat Marco Rubio, l'émissaire spécial Steve Witkoff, le gendre de M. Trump Jared Kushner, et l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair.
Un responsable américain a confirmé sous couvert de l'anonymat que Trump pourra en conserver la présidence, y compris après la fin de son mandat, jusqu'à ce qu'il "démissionne".
- Ticket d'entrée
"Chaque Etat membre exerce un mandat d'une durée maximale de trois ans à compter de l'entrée en vigueur de la présente charte, renouvelable par le président.
Ce mandat de trois ans ne s'applique pas aux Etats membres qui versent plus d'un milliard de dollars au "Conseil de paix" au cours de la première année suivant l'entrée en vigueur de la Charte, ajoute le texte, sans précisions.
Le responsable américain a cependant indiqué que cela se faisait sur la base du volontariat et qu'il n'y avait aucun prix d'entrée pour être membre du Conseil.
- Quels pays ont dit oui?
Benjamin Netanyahu a accepté l'invitation de Donald Trump à siéger au "Conseil de paix", a annoncé mercredi le bureau du Premier ministre israélien.
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a également accepté l'invitation américaine.
Le président argentin Javier Milei a déclaré que ce serait un "honneur" de siéger au Conseil.
Le président du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev, "assistera à la cérémonie de signature" de la charte, a indiqué mercredi son service de presse.
En Azerbaïdjan, le ministère des Affaires étrangères a annoncé mardi que le président Ilham Aliyev était "prêt à prendre part aux activités du Conseil de paix".
Le roi du Maroc Mohamed VI rejoindra le conseil en tant que "membre fondateur", a indiqué la diplomatie marocaine.
Le président des Emirats arabes unis Cheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyane a accepté l'invitation américaine. De même, le roi de Bahreïn, Hamad ben Issa al-Khalifa, a "accepté l'invitation du président Donald Trump", selon le ministère des Affaires étrangères à Manama.
En Hongrie, le Premier ministre, Viktor Orban, a accepté dès dimanche l'invitation "honorable" de son allié Donald Trump d'être "membre fondateur" du "Conseil de paix".
En Arménie, le Premier ministre Nikol Pachinian a déclaré mardi sur Facebook avoir accepté l'invitation.
- Quels pays ont dit non?
La France "ne peut donner (une) suite favorable" à ce stade à l'invitation, a indiqué lundi l'entourage du président Emmanuel Macron. "Je vais mettre 200% de droits de douane sur ses vins et champagnes. Et il y adhérera", a rétorqué M. Trump.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit mardi avoir reçu une invitation, mais "n'imagine pas" y participer au côté de la Russie.
La Norvège ne participera pas au "Conseil de paix" qui "soulève un certain nombre de questions", a annoncé mercredi à l'AFP le cabinet du Premier ministre.
- Quels pays réservent leur réponse?
Donald Trump a confirmé lundi soir avoir invité son homologue russe, Vladimir Poutine, à rejoindre le "Conseil". Moscou a dit vouloir "clarifier toutes les nuances" de cette proposition avec Washington avant de se prononcer.
Le gouvernement britannique s'est dit "inquiet" de cette invitation faite au président russe qui "a prouvé à maintes reprises qu'il n'était pas sérieusement engagé pour la paix".
Il a confirmé que le Royaume-Uni avait reçu une invitation et en examinait les "modalités" en contact avec les Etats-Unis et ses autres partenaires internationaux.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi été invitée et réserve sa réponse, a déclaré lundi un porte-parole à Bruxelles.
Le gouvernement allemand a exprimé la nécessité de se "coordonner" avec ses partenaires.
Invité, le président turc Recep Tayyip Erdogan, "prendra sa décision probablement rapidement" a indiqué son chef de la diplomatie.
Le Premier ministre de la Croatie, Andrej Plenkovic, a dit souhaiter plus de temps, tandis que la présidente du Kosovo Vjosa Osmai, a accepté l'invitation de M. Trump, une "initiative historique".
La Chine, après avoir confirmé avoir reçu une invitation, n'a pas dit si elle l'acceptait, tout en indiquant mercredi "défendre fermement le système international avec les Nations unies en son centre".
Au Canada, la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré à l'AFP: "Nous examinons la situation. Mais nous n'allons pas payer un milliard de dollars."
- Quels pays invités?
La Maison Blanche n'a pas publié la liste des pays invités. Mais de nombreuses capitales ont fait savoir que leur dirigeant avait reçu un carton d'invitation.
Parmi les autres pays invités figurent l'Italie, la Suède, la Finlande, l'Albanie, la Grèce, la Slovénie, la Pologne, le Brésil, le Paraguay, la Jordanie, ou encore l'Inde et la Corée du Sud.
Nogueira--PC