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Face à l'impopularité croissante de Trump, les Républicains veulent muscler leur service après-vente
Malgré la popularité en berne de Donald Trump, le Parti républicain s'est appliqué vendredi à offrir l'image d'une armée de fidèles indéfectibles, prête à organiser une convention nationale inhabituelle pour vendre la politique du président aux Américains à l'approche des élections de mi-mandat.
Ce scrutin, historiquement défavorable au parti au pouvoir, est l'enjeu majeur de 2026 pour le milliardaire de 79 ans. La majorité conservatrice au Congrès y est menacée, ce qui pourrait faire de lui un "canard boiteux" - un président incapable de faire adopter ses lois.
Mais pour ses lieutenants, une défaite en novembre semble inenvisageable.
"Nous allons réussir à conserver la majorité à la Chambre des représentants et au Sénat", a assuré le président du Comité national républicain, Joe Gruters, lors d'une réunion du parti à Santa Barbara, en Californie (ouest).
"Nous allons défier l'histoire, car nous avons le meilleur président qui ait jamais existé", a-t-il martelé. "Ce qu'il a accompli en un an, la plupart des présidents ne parviennent pas à le faire en huit ans."
Pourtant, un an après le retour au pouvoir de M. Trump, les signaux alarmants s'accumulent.
Au-delà de sa base dévouée, la majorité des Américains se plaint dans les sondages d'un président qui se préoccupe trop du Venezuela et du Groenland, et n'agit pas assez pour réduire le coût de la vie.
- "Grande fête dédiée à Trump" -
Les opérations musclées d'ICE, la police de l'immigration, dont l'une a récemment coûté la vie à une Américaine à Minneapolis, sont aussi de plus en plus critiquées par les électeurs indépendants.
Même Joe Rogan, célèbre animateur radio ayant soutenu M. Trump lors de sa campagne en 2024, compare les méthodes de l'agence fédérale à celles de la "Gestapo".
Face à ces vents contraires, le président fera campagne pour les élections de mi-mandat comme s'il s'agissait d'une présidentielle, a révélé cette semaine la directrice de cabinet de la Maison Blanche, Susie Wiles.
Depuis des semaines, le tribun envisage aussi d'organiser une convention nationale du parti républicain cet été, un événement traditionnellement réservé aux années présidentielles.
Vendredi, le Comité national républicain a voté à l'unanimité pour changer ses statuts, afin de permettre la tenue de ce grand raout extraordinaire.
M. Gruters, le chef du comité, imagine "une grande fête dédiée à Trump" et ses mesures imposées tous azimuts.
"Il n'y a pas de meilleur moyen de vendre le message du président", a-t-il insisté, rappelant que les Américains devraient bientôt bénéficier des réductions d'impôts instituées par la loi budgétaire tentaculaire votée l'été dernier.
- "Démonstration de loyauté" -
"Ce président se soucie des travailleurs américains", a-t-il défendu, une semaine après le doigt d'honneur adressé par M. Trump à un ouvrier automobile de Detroit qui l'interpellait sur son amitié passée avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein.
Un discours répété inlassablement par les républicains de plusieurs Etats bascules, imperturbables face aux sondages défavorables de leur champion.
La loi budgétaire "commence à se refléter dans les salaires", assure à l'AFP Michael McDonald, chef du Parti républicain dans le Nevada (ouest), qui se dit "confiant" mais "pas arrogant" pour les élections de mi-mandat.
"La convention de mi-mandat est une excellente occasion de raconter le succès républicain", abonde Jake Hoffman, parlementaire local en Arizona (sud-ouest). "Sous la présidence de Donald Trump, l'économie est de nouveau sur les rails, les expulsions (d'immigrés) ont lieu."
Mais pour la politologue Wendy Schiller, transformer le scrutin 2026 en référendum pour ou contre le président est une arme à double tranchant, alors que ses droits de douane et ses coupes dans la couverture santé commencent à peser.
"S'il essaie de dire à tout le monde que la vie n'est pas si chère, cela ne les aidera pas, car les électeurs n'y croient pas", observe cette professeure à l'université Brown.
"Le danger pour le Parti républicain est que cette convention de mi-mandat se transforme en une démonstration de loyauté envers Trump et que tous ses candidats soient accolés à un président en difficulté dans les sondages sur toutes les questions importantes", conclut-elle.
L.E.Campos--PC