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Le président iranien "ordonne" des pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis
L'Iran "prêt" à répondre aux menaces de Trump tout en se redisant ouvert à un accord sur le nucléaire
L'Iran, "le doigt sur la gâchette", est prêt à répondre à toute attaque américaine, a affirmé mercredi le chef de la diplomatie iranienne répliquant aux menaces de Donald Trump, tout en répétant être prêt à un accord "juste et "équitable" sur le nucléaire.
Abbas Araghchi a posté mercredi soir sur X un message mêlant menace et ouverture, après la mise en garde de Donald Trump affirmant que "le temps était compté" pour Téhéran.
Les forces iraniennes ont "le doigt sur la gâchette" pour répondre à toute attaque, a écrit M. Araghchi. Il a ajouté que "l'Iran a toujours accueilli favorablement un ACCORD NUCLEAIRE mutuellement bénéfique, juste et équitable (...) qui garantisse les droits de l'Iran à une technologie nucléaire PACIFIQUE et assure l'absence TOTALE D'ARMES NUCLEAIRES", reprenant quasiment en miroir les termes du message du président américain.
"Espérons que l'Iran acceptera rapidement de +s'asseoir à la table+ et de négocier un accord juste et équitable - PAS D'ARMES NUCLEAIRES", avait auparavant déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social, tout en menaçant Téhéran d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier.
Peu après cette mise en garde, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé quant à lui que l'Iran était "plus faible que jamais" et dit s'attendre à ce que les manifestations reprennent à terme.
Côté européen, le chancelier allemand Friedrich Merz a affirmé que les jours du régime iranien étaient "comptés", estimant même que "cela pourrait se compter en semaines", et la France a indiqué soutenir l'inscription des Gardiens de la révolution, le bras armé de la République islamique, "sur la liste européenne des organisations terroristes".
Plus tôt dans la journée, Abbas Araghchi avait appelé les Américains, s'ils voulaient engager des pourparlers, à "cesser les menaces, les demandes excessives".
- "Désescalade" -
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la Révolution islamique de 1979.
Pour conjurer la menace d'intervention, l'Iran multiplie les contacts diplomatiques.
Le président Massoud Pezeshkian s'est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Ryad n'autoriserait pas l'usage de son territoire pour une attaque contre l'Iran.
Côté qatari, le Premier ministre et chef de la diplomatie, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, "le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade".
Au Caire, le ministre des Affaires étrangères Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et l'émissaire américain Steve Witkoff, soulignant l'importance de "travailler à la désescalade".
"Il est mauvais de relancer la guerre", a pour sa part affirmé le chef de la diplomatie turque, Hakan Fidan.
Le représentant chinois à l'ONU Fu Cong a de son côté mis en garde mercredi le Conseil de sécurité contre tout "aventurisme militaire" en Iran.
- Premier procès -
Dans le même temps, l'Iran a prévenu qu'il considérerait les pays voisins comme "hostiles" si leur territoire était utilisé pour le frapper.
Un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution a menacé d'un blocage du détroit d'Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
A Téhéran, de nouveaux panneaux montrant des frappes sur le porte-avions américain et portant des slogans anti-américains sont apparus, ont constaté des journalistes de l'AFP.
Parallèlement, de nouveaux bilans émergent sur la répression des manifestations qui ont défié le pouvoir iranien. D'après un bilan actualisé de l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, 6.221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation.
Parmi ces morts, elle a décompté 5.856 manifestants, 214 membres des forces de sécurité, 49 passants et 100 mineurs.
L'organisation, qui dispose d'un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17.000 décès potentiels supplémentaires et estime qu'au moins 42.324 personnes ont été arrêtées dans une répression qui se poursuit.
Selon HRANA, un premier procès lié aux manifestations s'est ouvert mardi près de Téhéran contre un homme accusé du meurtre d'un policier.
La documentation de la répression par les ONG reste entravée par la coupure générale d'internet imposée depuis le 8 janvier.
La mobilisation avait été lancée par des commerçants de Téhéran contre le marasme économique, encore aggravé par le rétablissement en septembre par l'ONU de sanctions internationales liées au programme nucléaire de Téhéran.
N.Esteves--PC