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Irak: Maliki, candidat au poste de Premier ministre, dénonce l'ingérence de Trump
Le principal candidat au poste de Premier ministre en Irak, Nouri al-Maliki, a dénoncé mercredi "l'ingérence flagrante" du président américain Donald Trump, qui avait affirmé la veille que les Etats-Unis ne viendraient "plus en aide" au pays s'il devait revenir au pouvoir.
A Bagdad mercredi soir, des centaines de manifestants se sont rassemblés près de l'ambassade américaine en scandant des slogans comme "oui à Maliki" ou en brûlant un drapeau américain ou une affiche à l'effigie de Trump.
Figure de la vie politique irakienne, M. Maliki a déjà été deux fois Premier ministre mais avait quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington, qui le perçoit comme proche de l'Iran.
"La dernière fois que Maliki était au pouvoir, le pays a sombré dans la pauvreté et le chaos total. Cela ne doit pas se reproduire", a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social, en ajoutant qu'"en raison de ses politiques et idéologies insensées, s'il est élu, les Etats-Unis d'Amérique ne viendront plus en aide à l'Irak".
M. Maliki a vivement critiqué mercredi ces déclarations, considérant qu'il s'agissait d'une "violation" du "système démocratique" instauré en Irak depuis l'invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.
"Nous rejetons catégoriquement la flagrante ingérence américaine dans les affaires internes à l'Irak", a-t-il écrit sur X, assurant qu'il travaillerait "jusqu'à la fin pour oeuvrer en faveur des intérêts les plus élevés du peuple irakien".
Longtemps considéré comme incontournable pour mettre sur pied une coalition en Irak, M. Maliki, 75 ans, a reçu samedi l'appui de la principale alliance chiite du pays, le Cadre de coordination, qui détient la majorité au Parlement et a des liens avec Téhéran, pour redevenir Premier ministre.
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a mis en garde dès dimanche contre la formation d'un gouvernement pro-iranien en Irak.
- Pressions -
Plusieurs sources politiques irakiennes ont indiqué à l'AFP que le Cadre de coalition allait se réunir prochainement pour aborder les récentes déclarations de Donald Trump.
"Des efforts sont en cours pour organiser une réunion", a ainsi rapporté une source proche de l'alliance, en parlant d'une "situation compliquée".
D'après elle, il y a eu des divisions internes à propos de M. Maliki, mais celui-ci a fini par remporter le soutien de l'alliance lors d'un vote à la majorité.
Ses soutiens poussent désormais pour qu'il n'y ait pas de retour en arrière, tandis que dans le même temps, des représentants américains en Irak oeuvrent à ce qu'il ne soit pas nommé, ont déclaré à l'AFP des sources irakiennes et des diplomates à Bagdad.
L'Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les Etats-Unis et l'Iran, les gouvernements successifs négociant un équilibre délicat entre ces deux ennemis.
Le prochain Premier ministre prendra ses fonctions en des temps troublés au Moyen-Orient, où l'influence de l'Iran faiblit et les tensions avec les Etats-Unis s'accroissent.
Marco Rubio a fait part de ses craintes au Premier ministre en poste, Mohamed Chia al-Soudani, tandis qu'une lettre a aussi été envoyée à des hommes politiques irakiens, selon des sources politiques contactées par l'AFP.
Avant les déclarations du président Trump, une source politique irakienne avait assuré à l'AFP que le Cadre de coalition continuerait à soutenir M. Maliki, qui "pense différemment aujourd'hui" et saurait potentiellement apaiser les préoccupations de Washington, selon elle.
Le nouveau Premier ministre devra notamment répondre à une exigence de longue date de Washington: le désarmement des factions soutenues par Téhéran, dont beaucoup sont désignées comme groupes terroristes par les Etats-Unis.
Ceux-ci disposent d'un important moyen de pression contre l'Irak. Ils contrôlent une large partie des recettes de l'exportation de pétrole du pays, conformément à un accord de 2003.
Après des décennies de conflits et de chaos, l'Irak a récemment regagné en stabilité.
Mais son économie, déjà fragile, pâtira de mesures punitives des Etats-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités accusées d'aider Téhéran à se soustraire à ses propres sanctions.
A.Santos--PC