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Après Minneapolis, les Etats-Unis se dirigent vers la paralysie budgétaire
Les Etats-Unis se sont rapprochés jeudi d'une paralysie partielle de l'administration fédérale après l'échec au Sénat d'un texte budgétaire, en raison de l'opposition des démocrates qui demandent un encadrement plus strict de la police de l'immigration.
Le financement de plusieurs ministères arrive à expiration à minuit dans la nuit de vendredi à samedi. Sans adoption d'ici là d'un budget pour ces services fédéraux, dont le ministère de la Sécurité intérieure (DHS), ils entreront en situation de paralysie, le fameux "shutdown".
Et alors qu'un texte adopté par la Chambre des représentants semblait se diriger vers une adoption au Sénat pour éviter cette situation, les événements à Minneapolis ont changé la donne.
Car l'indignation règne dans le camp démocrate depuis la mort samedi dernier d'Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans tué par balles par des agents fédéraux en marge de manifestations contre la présence de la police de l'immigration (ICE) dans cette métropole du nord des Etats-Unis.
De nombreux sénateurs ont appelé à ce que des garde-fous soient instaurés sur la manière dont l'ICE opère, et ont dit refuser de voter tout budget pour le DHS -- son ministère de tutelle -- tant que l'administration Trump ne revoit pas sa politique en la matière.
- "Voyous" -
"Ça suffit, ce que fait l'ICE, en dehors du cadre légal, c'est de la brutalité soutenue par l'Etat, et cela doit cesser", a lancé jeudi dans l'hémicycle le chef de la minorité démocrate, Chuck Schumer.
"Ce n'est pas ça l'Amérique", a-t-il ajouté, qualifiant les agents de l'ICE de "voyous arpentant nos rues".
En raison des règles en vigueur au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires pour adopter un texte budgétaire, et les républicains, même s'ils disposent de la majorité, auront donc besoin de l'appui de plusieurs élus de l'opposition pour espérer adopter leur proposition de budget.
Les démocrates ont expliqué de leur côté être prêts à adopter cinq des six volets du texte, mais vouloir séparer le dernier -- qui concerne le DHS -- afin de discuter des réformes qu'ils souhaitent voir être mises en place.
Puisque la Chambre des représentants avait adopté les six volets en un seul bloc, séparer le DHS du texte entraînerait de facto une paralysie à minuit dans la nuit de vendredi à samedi, puisque la chambre basse devrait voter à nouveau sur la version adoptée par le Sénat.
Mais le "shutdown" pourrait alors être de courte durée.
Lors d'un conseil des ministres jeudi, Donald Trump a dit à la presse espérer qu'un compromis soit trouvé avec l'opposition pour éviter une longue paralysie.
"Je pense que nous sommes assez proches" d'un accord, a déclaré le président républicain.
- Chômage technique -
Le plus long "shutdown" de l'histoire du pays ne remonte qu'à novembre dernier, lorsque républicains et démocrates avaient bataillé pendant 43 jours sur la question de subventions d'assurance santé.
Des centaines de milliers de fonctionnaires avaient alors été mis au chômage technique, tandis que d'autres aux missions considérées comme essentielles (contrôleurs aériens, policiers, militaires...) avaient dû continuer à travailler. Mais tous avaient dû attendre la fin de la paralysie budgétaire pour recevoir leurs salaires.
Le versement de certaines aides avait également été fortement perturbé, et des dizaines de milliers de vols avaient été annulés en raison de pénuries de contrôleurs aériens, certains ayant choisi de se faire porter pâles plutôt que de travailler sans salaire.
Le dernier "shutdown" n'avait pris fin qu'avec la décision de quelques sénateurs démocrates de voter pour un texte budgétaire concocté par les républicains, en échange de promesses de concessions sur ces subventions.
Leur décision avait été fortement critiquée à l'époque par de nombreux sympathisants démocrates, qui souhaitent voir une opposition plus vigoureuse face à Donald Trump et aux républicains au Congrès.
E.Raimundo--PC