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Grève dans l'Éducation: autour de 10% de grévistes selon le ministère, jusqu'à trois fois plus selon les syndicats
Profiter de la baisse démographique plutôt que la subir: entre 10% et 30% des enseignants sont en grève mardi contre les suppressions de postes, les fermetures de classes et pour la revalorisation des salaires.
Selon le ministère de l'Éducation nationale, 9,68% des enseignants ont répondu à l'appel à la grève d'une intersyndicale (FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD) qui dénonce des choix budgétaires "court-termistes" aggravant la dégradation d'un service public d'éducation déjà "exsangue".
Le taux de grévistes atteint 13,2 % dans le premier degré (maternelles et élémentaires) et 7,18 % dans le second degré, dont 9,7% dans les collèges, 4,94 % dans les lycées généraux et 3,5 % dans les lycées professionnels, a détaillé le ministère dans un communiqué. En incluant les autres personnels, la moyenne est de 7,56 %.
"Cette journée vient après des semaines de mobilisations, commencées en janvier", rappelle Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU. Le 17 février, plusieurs centaines de personnes ont notamment manifesté à Paris et quelque 6,16% d'enseignants d'Île-de-France étaient en grève.
Temps fort d'une semaine d'actions, la grève s'accompagne de manifestations dans de nombreuses villes. À Paris, un cortège partira à 14H00 de Luxembourg en direction du ministère de l'Éducation nationale.
À Marseille, 800 personnes ont manifesté, dont 200 lycéens, selon la préfecture.
"On supprime des postes alors qu'on aurait pu profiter de la baisse démographique (...) pour laisser les moyens tels quels et à ce moment-là, avoir de meilleures conditions d'enseignement pour les élèves", a déploré Éric Mampaey, secrétaire régional Unsa éducation, auprès de l'AFP.
Plus tôt dans la matinée, une dizaine d'élèves ont bloqué l'entrée du lycée Montgrand, dans le centre de Marseille, dénonçant la réduction des moyens. "Ici, 100 heures vont être supprimées", a témoigné Loeiza Cambie, 16 ans, élève de Première. "On aura moins d'options et des classes jusqu'à 36 élèves".
- 4.000 postes supprimés -
À Clermont-Ferrand, où sont supprimés 105 postes sur l'académie, environ 200 personnes ont manifesté derrière la banderole "Pour l'école publique, contre les suppressions de postes".
Dans le cortège, Armelle Sunier, 49 ans, professeur des écoles en maternelle, s'est dit "en colère". "La baisse démographique aurait pu être l'occasion d'avoir plus d'effectifs car il y a beaucoup d'enfants en souffrance et moins de moyens pour les accompagner".
À Lyon, environ 200 personnes ont défilé du rectorat à la Bourse du Travail. Contacté par l'AFP, le rectorat de Lyon n'avait pas encore communiqué de chiffres sur la participation.
L'inquiétude principale de Nathalie Rougane-Ghilardi, directrice d'une école au nord de Lyon, porte sur les suppressions de postes en structures éducatives spécialisées pour l'accueil d'élèves en situation de handicap. "Supprimer ces postes-là, c'est aberrant. C'est pour ça que je suis en colère", a-t-elle dit à l'AFP, estimant "qu'on a de plus en plus d'enfants" qui pâtissent de la situation.
Au total, 4.000 suppressions de postes d'enseignants, public et privé confondus, sont attendues pour la rentrée 2026, dont 1.891 dans le premier degré public et 1.365 dans le second degré.
"On a une chute démographique comme jamais notre pays n'en a connue dans son histoire", a une nouvelle fois justifié le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray lundi à Lyon. "On fait tout notre possible pour minimiser les conséquences de ces fermetures de classes", a-t-il ajouté, assurant qu'il restait "encore quelques mois pour ajuster".
"Ce n'est pas la démographie qui a servi de boussole à la prise de décision, c'est la volonté manifeste et assumée par ce ministre et par tant d'autres de faire des économies sur le service public d'éducation", a dénoncé Sophie Vénétitay.
mdv-gir-vk-jp-cca-dfa/rap/alv
P.Sousa--PC