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La trêve au Moyen-Orient fragilisée par les frappes israéliennes au Liban
Le Liban observe jeudi une journée de deuil après les pires frappes qu'ait connues le pays depuis le début de la guerre et qui risquent, selon la communauté internationale, de compromettre le fragile cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis, entré dans son deuxième jour.
Les frappes israéliennes sur le Liban font peser un "grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable et générale dans la région", a affirmé dans la nuit le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, via un communiqué de son porte-parole.
Les frappes simultanées d'Israël mercredi, en particulier sans avertissement sur des zones résidentielles de Beyrouth, ont fait 182 morts et 890 blessés, selon les autorités libanaises.
"J'ai vu une frappe, c'était très fort, des enfants ont été tués, d'autres ont eu les bras coupés" dans le quartier de Basta, au cœur de la capitale, a déclaré à l'AFP Yasser Abdallah, commerçant à proximité.
L'armée israélienne a présenté l'opération comme sa "plus grande frappe coordonnée" contre le Hezbollah depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, qui a fait des milliers de morts dans la région, notamment au Liban et en Iran.
Le mouvement pro-iranien, qui n'avait plus revendiqué d'attaques contre Israël depuis l'annonce de la trêve, a annoncé jeudi avoir lancé des roquettes sur Manara, une localité israélienne bordant le Liban, en réaction à la "violation du cessez-le-feu" par Israël.
"Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause d'un conflit dans lequel ils se font étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix", a dit mercredi le vice-président américain JD Vance.
Mais pour l'Iran, ce cessez-le-feu au Liban constitue l'une des "conditions essentielles" de la trêve avec les Etats-Unis, a rappelé mercredi le président iranien Massoud Pezeshkian, selon l'agence Isna.
JD Vance a indiqué emmener samedi la délégation américaine au Pakistan, après qu'Islamabad a annoncé accueillir vendredi les belligérants pour des pourparlers aux contours flous, en vue d'un accord plus pérenne que le cessez-le-feu de deux semaines.
D'ici là, Donald Trump a maintenu la pression en annonçant dans la nuit sur Truth Social que ses troupes resteront déployées à proximité de l'Iran jusqu'à un "réel accord", avertissant que dans le cas contraire, cela "tirera plus fort que ce que personne n'a jamais vu".
- Pas d'autres frappes signalées -
Comme l'Irak ou la Jordanie, le président français Emmanuel Macron s'est inquiété des frappes au Liban, assurant à ses homologues américain et iranien que leur arrêt constitue la "condition nécessaire" pour que la trêve soit "crédible et durable".
A part entre le Hezbollah et Israël, aucune frappe n'a pour l'heure été signalée dans le reste du Moyen-Orient jeudi.
Autre élément à même de fragiliser le cessez-le-feu, un haut responsable de la Maison Blanche a assuré qu'un plan en dix points diffusé publiquement par l'Iran n'était pas le document servant de base aux négociations avec les Etats-Unis.
Une liste publiée par l'Iran évoque notamment "le maintien du contrôle iranien sur le détroit d'Ormuz, l'acceptation de l'enrichissement d'uranium, la levée de toutes les sanctions primaires et secondaires".
Donald Trump, qui avait auparavant menacé d'anéantir "la civilisation iranienne", s'est dit prêt à "discuter" de "la levée (...) des sanctions" asphyxiant l'économie de l'Iran, mais a assuré qu'il n'y aurait "aucun enrichissement d'uranium".
Pour son allié israélien, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, le cessez-le-feu "n'est pas la fin de la campagne" contre l'Iran et Israël est "prêt à reprendre le combat à tout moment".
Israël a annoncé la réouverture jeudi des Lieux saints des trois religions monothéistes à Jérusalem.
- Incertitudes autour d'Ormuz -
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé dans la nuit de mercredi à jeudi que les navires passant le détroit d'Ormuz devaient emprunter deux tracés alternatifs, plus proches des côtes iraniennes, pour éviter "de possibles collisions avec des mines" sur l'itinéraire habituel plus au large.
Peu avant, la porte-parole de la Maison Blanche avait averti qu'il serait "inacceptable" que l'Iran bloque à nouveau le détroit d'Ormuz, après qu'un média iranien a annoncé sa fermeture, pas confirmée par les autorités.
Mercredi, quelques navires ont franchi le détroit par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures. Plus de 800 sont immobilisés dans le Golfe.
Sur les marchés, la bouffée d'espoir qui avait accompagné l'annonce d'une trêve n'a pas duré. Les prix du pétrole remontaient d'environ 2% jeudi matin, toujours en-dessous de 100 dollars le baril, après avoir chuté d'environ 15% mercredi.
burx-ega/hme
T.Resende--PC