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Les Hongrois votent entre fin de règne et cinquième mandat pour Viktor Orban
Les Hongrois votent dimanche lors d'élections législatives qui pourraient mettre fin au règne de Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, et dont le résultat est scruté par de nombreuses capitales à travers le monde, en particulier en Europe et aux Etats-Unis.
Les 7,5 millions d'électeurs dans le pays, ainsi que les 500.000 autres enregistrés à l'étranger, ont le choix entre cinq partis, dans un système électoral très favorable au Fidesz de Viktor Orban. Les bureaux de vote fermeront à 19H00 (17H00 GMT).
Les sondages des instituts indépendants prédisent une très large victoire du parti Tisza du conservateur pro-européen Peter Magyar, qui a réussi en deux ans à construire un mouvement d'opposition capable de faire de l'ombre au Premier ministre nationaliste, dont la popularité a décliné au même rythme que la croissance du pays.
Après avoir voté à Budapest, M. Magyar, 45 ans, a appelé les Hongrois à se mobiliser pour cette "élection décisive".
"Nous choisissons entre l’Est et l'Ouest, entre la propagande et un débat public honnête, entre la corruption et une vie publique intègre, entre la poursuite du déclin et l’effondrement total des services publics ou le rapatriement des fonds européens et la relance de l’économie hongroise", a déclaré cet ancien membre du Fidesz.
Les institutions proches du pouvoir prévoient de leur côté une victoire de la coalition Fidesz‑KDNP de Viktor Orban, qui brigue un cinquième mandat consécutif.
Après avoir voté, M. Orban, 62 ans, a réitéré ses avertissements concernant une "crise majeure" qui attendrait l’Europe.
"Heureusement, nous avons beaucoup d’amis dans le monde. De l’Amérique à la Chine, en passant par la Russie et le monde turc", a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne laisserait pas Bruxelles "priver" la Hongrie de "son avenir et de sa souveraineté".
- Nervosité -
"Voulons-nous être une démocratie normale ou retourner vers l’Est sans possibilité de retour ? Je suis enthousiaste mais en même temps très inquiet", a expliqué à l’AFP David Banhegyi, un primo-votant de 18 ans, après avoir voté pour Tisza à Budapest.
A l'inverse, "j’ai l’impression que la Hongrie est assiégée de toutes parts et que de grandes puissances comme Bruxelles essaient de dicter notre mode de vie", a confié à l’AFP Maria Toth, mère au foyer de 31 ans. "Si (Orban) perd, je m’inquiète pour l’avenir de mes enfants".
Les signes de nervosité sont palpables dans les rangs du Fidesz, qui a reçu le soutien très appuyé du président américain Donald Trump.
Son vice-président JD Vance est venu à Budapest cette semaine vanter les mérites de Viktor Orban et critiquer l'ingérence des "bureaucrates de Bruxelles". Trump lui-même a multiplié les messages vendredi, promettant de mettre la "puissance économique" des Etats-Unis au service de Viktor Orban.
Le dirigeant hongrois, qui a érigé son pays de 9,5 millions d'habitants en modèle de démocratie illibérale, est considéré comme un exemple par de nombreux mouvements d'extrême droite à travers le monde.
Il est aussi proche du président russe Vladimir Poutine, et a régulièrement critiqué les sanctions de l'Union européenne contre la Russie depuis qu'il a envahi l'Ukraine en 2022.
Durant sa campagne, il a promis de poursuivre sa répression contre les "fausses organisations de la société civile, les journalistes vendus, les juges (et) les politiciens".
- "Volonté du peuple" -
S'il l'emporte, "cela signifiera clairement (...) un basculement vers l'autoritarisme", estime Andrea Szabo, du Centre des sciences sociales de l'université ELTE.
Ces experts s'attendent à un taux de participation record, de l'ordre de 75%, avec de premiers résultats partiels attendus peu après la clôture des votes. Toutefois, en cas de résultats serrés, le vainqueur pourrait ne pas être désigné avant samedi prochain.
L'opposition hongroise craint que Viktor Orban ne reconnaisse pas le résultat des élections, et des accusations d'ingérence russe et d'achat massif de voix par le Fidesz ont émergé.
Le dirigeant nationaliste a accusé en retour Tisza de "comploter avec des services de renseignement étrangers" pour manipuler les résultats.
"La volonté du peuple doit toujours être respectée", a déclaré M. Orban dimanche.
De son côté, Péter Magyar a appelé les électeurs à signaler tout soupçon d’achat de votes, d’intimidation ou d’autres irrégularités, tout en appelant au calme.
G.M.Castelo--PC