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Trump écarte les inquiétudes autour de Taïwan avant de s'envoler pour Pékin
Le président Donald Trump s'envole mardi des Etats-Unis pour une visite de deux jours en Chine avec la guerre au Moyen-Orient en toile de fond et de multiples sujets de friction, dont le commerce et Taïwan, qu'il entend aborder avec son hôte Xi Jinping.
M. Trump est attendu mercredi soir à Pékin où il restera jusqu'à vendredi. Il s'agira de la première visite d'un président américain en Chine depuis celle qu'il avait lui-même effectuée en 2017.
Des patrons de grands groupes américains, dont Elon Musk (Tesla, SpaceX), Tim Cook (Apple) et Kelly Ortberg (Boeing) accompagneront M. Trump, a indiqué un responsable de la Maison Blanche.
Les experts tablent sur un certain nombre d'annonces commerciales au cours du déplacement.
Les échanges devraient dominer les discussions entre les leaders des deux premières puissances économiques mondiales. Mais les hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis et leurs retombées globales, y compris pour la Chine, devraient projeter leur ombre sur le sommet.
M. Trump a indiqué lundi qu'il aborderait avec M. Xi un autre contentieux, celui des ventes d'armes américaines à Taïwan.
Il aura "cette discussion avec le président Xi", a-t-il dit.
"Le président Xi voudrait qu'on ne (le) fasse pas", a-t-il ajouté.
- Bataille commerciale -
Un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Guo Jiakun, a confirmé lors d'un point presse régulier mardi l'opposition "constante et sans équivoque" de la Chine à ces vente d'armes.
La Chine considère Taïwan comme l'une de ses provinces, qu'elle n'a pas réussi à unifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une solution pacifique mais se réserve la possibilité de recourir à la force. Elle est hostile à tout agissement qui à ses yeux nuirait à une "réunification" non négociable et inéluctable selon elle.
La politique américaine sur Taïwan repose sur un soutien militaire robuste à l'île, sans reconnaissance à part entière ni soutien ouvert aux velléités d'indépendance.
Depuis 1982, l'un des grands principes de la stratégie américaine est de ne pas "consulter" Pékin sur les ventes d'armes à Taïwan.
M. Trump a minimisé le risque d'une invasion de Taïwan par la Chine. M. Xi "sait que je ne veux pas que cela arrive", a-t-il dit, en vantant sa "très bonne relation" avec le président chinois.
La diplomatie taïwanaise a indiqué mardi son souhait de "renforcer la coopération" avec les Etats-Unis et de "développer des capacités de dissuasion efficaces afin de maintenir conjointement la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan".
Etats-Unis et Chine se sont livré en 2025 une âpre bataille commerciale à coups de droits de douanes prohibitifs et de restrictions multiples aux échanges. MM. Trump et Xi étaient convenus en octobre d'une trêve temporaire lors d'une rencontre en Corée du Sud.
Les lendemains de cette trêve devraient être discutés à Pékin. Avant le sommet, des négociateurs des deux pays, conduits par le vice-Premier ministre chinois He Lifeng et le ministre américain des Finances Scott Bessent, doivent se rencontrer à Séoul.
- Sanctions américaines -
L'administration américaine a indiqué que M. Trump entendait au cours de son séjour faire pression pour que la Chine use de son influence sur l'Iran pour aider à une sortie de crise dans le Golfe.
La Chine est un partenaire économique et politique primordial de l'Iran. Elle est de loin la principale importatrice de son pétrole.
Le géant asiatique est directement touché par le bras de fer américano-iranien et la quasi fermeture du détroit d'Ormuz. Plus de la moitié des importations de brut transporté par voie maritime vers la Chine provient du Moyen-Orient et transite majoritairement par le détroit, selon la société d'analyse Kpler.
Le Trésor américain a annoncé lundi des sanctions contre douze individus et entités liés à l'Iran auxquels il reproche de "faciliter" la vente de pétrole iranien à la Chine.
Vendredi, les Etats-Unis avaient annoncé sanctionner plusieurs entreprises de Chine continentale et de Hong Kong pour leur contribution supposée à l'armement de l'Iran et la fourniture à ce pays d'images satellite employées contre les forces américaines.
Le porte-parole des Affaires étrangères chinoises a de nouveau dénoncé mardi des sanctions dépourvues pour Pékin de toute base légale.
"S'agissant du conflit avec l'Iran, le plus urgent est de tout faire pour éviter que les combats ne reprennent, plutôt que d'instrumentaliser le conflit pour calomnier la Chine", a-t-il dit.
Les experts estiment que Xi Jinping aborde le sommet en relative position de force face à un Donald Trump empêtré dans le conflit au Moyen-Orient et soumis à la pression grandissante des élections américaines de mi-mandat en novembre. Mais elle n'a pas intérêt à ce que la situation dans le Golfe dure, nuancent-ils.
E.Borba--PC