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Liban et Israël discutent, Trump tente de convaincre Xi sur l'Iran
Israéliens et Libanais ont entamé de nouvelles discussions jeudi à Washington, pendant qu'à Pékin Donald Trump tentait de convaincre Xi Jinping de faire pression sur l'Iran, deux mois et demi après le début de la guerre au Moyen-Orient.
A trois jours de la fin théorique, dimanche, de la trêve au Liban, représentants israéliens et libanais ont repris au département d'Etat des discussions qui doivent durer deux jours.
Malgré l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 17 avril, Israël a continué à frapper des cibles du Hezbollah pro-iranien au Liban, tuant plus de 400 personnes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.
L'armée israélienne a encore annoncé jeudi de nouvelles frappes visant le Hezbollah pro-iranien dans le sud du pays, après avoir ordonné l'évacuation de huit villages. Selon l'agence de presse libanaise ANI, des bombardements se sont produits dans le sud du pays, au lendemain de raids meurtriers qui ont fait 22 morts.
Dans le nord d'Israël, une attaque de drone du Hezbollah a blessé plusieurs civils, selon l'armée israélienne.
En dépit de la trêve, Israël continue de viser le Hezbollah, le mouvement chiite qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.
Le conflit a tué des milliers de personnes, principalement en Iran et au Liban, où les autorités dénombrent plus de 2.800 morts, dont au moins 200 enfants.
Lors de la dernière réunion le 23 avril à Washington entre Israéliens et Libanais, Donald Trump avait annoncé une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient.
Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.
Mais cette rencontre ne s'est pas concrétisée, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.
- "Avec force" -
A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio ni Donald Trump ne sont présents: ils sont en visite officielle en Chine.
Reçu en grande pompe par le président Xi Jinping, le républicain tente de convaincre ce dernier de l'aider à résoudre la crise avec l'Iran, dont la Chine est l'une des principales alliées avec la Russie.
"Il a dit qu'il ne fournirait pas de matériel militaire... Il l'a affirmé avec force", a dit le président américain, selon un extrait d'une interview à Fox News après sa rencontre avec le dirigeant chinois.
Donald Trump a aussi déclaré que M. Xi souhaitait la réouverture du détroit d'Ormuz. "Il a dit: +Si je peux être d'une quelconque aide, je serai ravi d'aider", a rapporté le président américain, dont les propos n'ont pas été confirmés par une source officielle chinoise.
Selon la Maison Blanche, Pékin et Washington ont convenu lors du sommet "que le détroit d'Ormuz devait rester ouvert afin de garantir la libre circulation des produits énergétiques".
Avant la fermeture du détroit d'Ormuz, qui bouleverse l'économie mondiale, l'Iran livrait 80% de ses exportations pétrolières à la Chine.
Selon Téhéran, la marine iranienne a autorisé depuis mercredi le passage de navires chinois dans le détroit d'Ormuz, qui assure en temps normal le transit d'un cinquième du pétrole consommé dans le monde.
Ce passage, qui a débuté "la nuit dernière", a été rendu possible grâce aux "relations étroites entre les deux pays et leur partenariat stratégique", ont souligné dans un communiqué les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de Téhéran.
La télévision publique iranienne a précisé que "plus de 30 navires" avaient été autorisés à franchir le détroit, sans indiquer s'il s'agissait exclusivement de navires chinois.
Dans l'attente des résultats du sommet sino-américain, les cours du pétrole sont restés stables jeudi à un niveau élevé, au-dessus de la barre des 100 dollars.
Les perturbations liées à la guerre au Moyen-Orient risquent de se traduire par moins de croissance et plus d'inflation à l'échelle mondiale, a prévenu le Fonds monétaire international (FMI) évoquant un scénario plus "défavorable".
- "Concession gratuite" -
Dans ses tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban - à savoir qu'Israël cesse de frapper le Hezbollah.
Washington appelle les autorités libanaises à désarmer le puissant mouvement chiite pro-iranien.
Selon le département d'Etat, les pourparlers de Washington "doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".
Le Hezbollah a pour sa part réitéré son rejet de ces négociations jeudi, l'un de ses députés, Ali Ammar, dénonçant une "concession gratuite" à Israël.
burs-sct-bar/vla
A.F.Rosado--PC