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Pour les primaires, Trump ouvre la saison des vengeances
En pleine campagne des primaires aux Etats-Unis, Donald Trump opère depuis plusieurs semaines une offensive méthodique contre des élus de son propre camp. L'objectif avoué: punir ces républicains pour un manque perçu de loyauté envers lui.
A moins de six mois d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite de son second mandat, le président américain voit les mauvais sondages s'accumuler, sur fond de guerre impopulaire contre l'Iran et de mécontentement persistant sur l'économie.
La cote de popularité du républicain est à son plus bas depuis son retour à la Maison Blanche, selon une enquête d'opinion du New York Times lundi.
Pour autant, Donald Trump s'acharne à prouver -avec succès jusqu'ici- qu'il demeure le faiseur de rois au sein du Parti républicain et qu'il ne tolérera aucun écart.
Le regard du milliardaire républicain est tourné mardi vers le Kentucky, où il tente d'empêcher le député conservateur Thomas Massie, son poil à gratter au Congrès, de décrocher l'investiture républicaine pour les élections de novembre.
"Parlementaire de bas étage", "faux républicain faible et pathétique", Thomas Massie "doit être viré de son mandat dès que possible", a attaqué lundi le président sur sa plateforme Truth Social, avant de le qualifier d'élu "obstructionniste".
Car Thomas Massie, député très à droite sur l'échiquier politique, revendique une fidélité à ses idées plutôt qu'à une seule figure.
Il a notamment été le co-auteur de la loi qui a forcé l'an dernier le gouvernement Trump à rendre publics des documents du dossier Epstein.
Plus récemment, il a proposé au vote une résolution pour exiger une fin de la guerre contre l'Iran.
- Campagne onéreuse -
Autant d'actes de défiance inacceptables pour Donald Trump qui ne ménage pas ses efforts pour faire perdre Thomas Massie, député depuis 2012.
Lundi, il a notamment dépêché dans le Kentucky son ministre de la Défense, Pete Hegseth, pour un meeting aux côtés de l'adversaire de Thomas Massie, Ed Gallrein. Un geste inhabituel aux Etats-Unis pour un ministre en poste.
Selon les médias américains, jamais autant d'argent n'a été déversé dans une campagne de primaire dans l'histoire des Etats-Unis, avec plus de 30 millions de dollars dépensés.
Thomas Massie a dénoncé de son côté des milliardaires étrangers au Kentucky qui "tentent d'acheter un siège".
Il a également pointé du doigt le rôle d'organisations pro-Israël, comme l'AIPAC, qui ont déversé des millions de dollars dans la campagne pour faire perdre cet élu opposé aux aides financières de Washington à l'allié israélien.
"Je suis devant dans les sondages, et ils sont désespérés", a-t-il affirmé dimanche sur la chaîne ABC News.
Les résultats s'annoncent cependant incertains et seront certainement scrutés au sein d'un Parti républicain qui doit déjà imaginer l'après-Trump, tout en restant largement sous la coupe du milliardaire de 79 ans.
- Leçon -
Ces dernières semaines, plusieurs résultats électoraux ont démontré que l'influence du président dans son camp et sa capacité à mobiliser sa base "MAGA" demeuraient intactes.
Dans l'Indiana, Etat conservateur du Midwest, Donald Trump a réussi à faire perdre au début du mois la plupart des élus républicains du Parlement local qui avaient osé rejeter ses exigences de redécoupage électoral.
En Louisiane, Etat également conservateur du Sud, le sénateur Bill Cassidy a appris samedi à ses dépens qu'une faute contre le milliardaire républicain peut poursuivre un élu pendant des années.
Après avoir voté en 2021 pour la destitution de Donald Trump en raison de son rôle dans l'assaut du Capitole, Bill Cassidy a fait face cette année à une campagne sans relâche de la part du locataire de la Maison Blanche.
"Le sénateur Bill Cassidy de Louisiane est un désastre déloyal", avait notamment lancé Donald Trump sur Truth Social avant le vote.
Résultat, Bill Cassidy n'a même pas réussi à se qualifier samedi pour le second tour des primaires, un camouflet inouï pour un sénateur sortant.
La leçon est claire, a estimé dimanche sur NBC le sénateur républicain Lindsey Graham: "Ceux qui essaient de détruire Trump politiquement, ou qui barrent la route de son programme perdront".
"Vous pouvez être en désaccord avec le président Trump, mais si vous essayez de le détruire, vous allez perdre, parce que c'est le parti de Donald Trump."
L.Mesquita--PC