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Moyen-Orient: des progrès mais pas d'accord imminent, selon l'Iran et Trump
L'Iran a fait état lundi de progrès dans les négociations avec les Etats-Unis visant à mettre fin durablement à la guerre mais a écarté la perspective d'un accord imminent, Donald Trump insistant de son côté sur l'importance de parvenir à un texte "excellent".
Visite à Téhéran du chef de l'armée du Pakistan, médiateur des discussions, contacts diplomatiques tous azimuts dans le Golfe et déclarations positives des deux côtés: la situation, dans l'impasse depuis des semaines, avait paru se débloquer samedi. De quoi soulager les marchés où les prix du pétrole ont chuté sous la barre des 100 dollars lundi.
"Il est exact de dire que nous sommes parvenus à une conclusion sur une grande partie des questions en discussion", a commenté lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
"Mais de là à dire que la signature d'un accord est imminente, personne ne peut l'affirmer", a-t-il ajouté, accusant Washington d'être versatile.
Le président américain a lui aussi tempéré les espoirs d'une conclusion rapide. "Soit l'accord avec l'Iran sera un accord excellent et significatif, soit il n'y aura pas d'accord", a-t-il écrit sur Truth Social, alors que son allié israélien insiste sur la nécessité d'"éliminer entièrement la menace nucléaire" - un point que Téhéran ne veut pas aborder dans l'immédiat.
- Frais de navigation -
Les marchés préfèrent eux retenir les avancées, avec l'espoir d'une réouverture du détroit d'Ormuz, dont le verrouillage par Téhéran depuis le début de la guerre fait flamber les cours de l'or noir.
Le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale du pétrole, perdait 5% lundi, passant sous 100 dollars pour la première fois depuis deux semaines. Et les Bourses européennes évoluaient dans le vert.
Déclenché le 28 février par une attaque américano-israélienne sur l'Iran, le conflit s'est étendu à une grande partie du Moyen-Orient et a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban où le mouvement pro-iranien Hezbollah a rejoint les hostilités début mars en visant le territoire israélien.
Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril entre l'Iran et les Etats-Unis, mais l'économie mondiale continue d'être secouée par le quasi blocage d'Ormuz.
Semblant ouvrir la porte à un compromis, l'Iran a parlé de frais pour des "services de navigation", plutôt que des péages, imposés aux navires transitant par le détroit.
Il réclame en échange la levée du blocus américain des ports iraniens, que Donald Trump a dit vouloir maintenir en vigueur "jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé".
Dans le cadre des tractations en coulisses, la Chine, dont plus de la moitié des importations de brut transporté par voie maritime provient du Moyen-Orient, essentiellement via le détroit, a reçu lundi le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif à Pékin.
- Avoirs iraniens et front libanais -
Autre contentieux, le dégel des avoirs iraniens bloqués à l'étranger en raison des sanctions américaines.
L'Iran réclame une libération d'une partie de ces actifs dès la première étape et l'établissement d'un mécanisme clair pour garantir le déblocage des autres fonds, selon une "source informée" citée par l'agence Tasnim.
D'après cette source, des désaccords persistent sur le sujet. Ce dernier est crucial pour un Iran affaibli par des décennies de sanctions et la guerre, selon l'analyste Ali Vaez, de l'International Crisis Group.
"Il ne fait aucun doute que sans reconstruction, son avenir serait en jeu. Et c'est pourquoi un ballon d'oxygène pour l'économie est une priorité absolue pour le régime iranien", explique-t-il à l'AFP.
Selon une source proche des discussions, le gouverneur de la banque centrale d'Iran, ainsi que le chef de la diplomatie et le négociateur en chef du pays, sont en visite lundi à Doha, pour discuter notamment du déblocage des fonds.
Reste enfin le front libanais du conflit, "la pilule empoisonnée" qui pourrait faire capoter les discussions, avertit M. Vaez.
Selon Téhéran, le cessez-le-feu doit s'appliquer à tous les fronts de la guerre régionale, y compris au Liban. "L'Iran ne peut se permettre de sacrifier le Hezbollah qui est venu à son secours, mais en insistant sur ce point, il offre à Israël un moyen de faire échouer un accord entre l'Iran et les Etats-Unis", relève l'expert.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a d'ailleurs assuré dimanche que Donald Trump avait réitéré "le droit" d'Israël à se défendre.
Les frappes israéliennes ont depuis fait plus de 3.100 morts au Liban et déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités.
P.Queiroz--PC