Euronext
AEX -0.21% 1137.44 €
BEL20 0.41% 5825.71 €
PX1 0.13% 7897.46 €
ISEQ 0.45% 14360.19 €
OSEBX 0.29% 2132.6 kr
PSI20 -0.26% 9229.7 €
ENTEC -0.41% 1416.23 €
BIOTK 0.85% 4220.14 €
N150 0.47% 4284.81 €
BFMTV ne fait "pas de politique" et souhaite "refroidir les esprits", dit Fabien Namias
BFMTV ne fait "pas de politique" et souhaite "refroidir les esprits", dit Fabien Namias / Photo: Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

BFMTV ne fait "pas de politique" et souhaite "refroidir les esprits", dit Fabien Namias

Des journalistes malmenés dans les manifestations, les chaînes info critiquées et BFMTV accusée de relayer des propos "racistes" : son directeur général Fabien Namias s'en défend vivement auprès de l'AFP et s'inquiète d'un "climat" qui n'a jamais été "aussi inflammable".

Taille du texte:

QUESTION : Que répondez-vous aux lycéens ou manifestants des 17 et 24 octobre qui ont parfois taxé BFMTV de "média raciste" ?

REPONSE : "Les accusations ne sont pas nouvelles au regard de la tradition de s'en prendre à la presse. Aujourd'hui, ce sont les chaînes d'information qui sont visées. Or la chaîne d'information la plus puissante en audience, en notoriété et de par son histoire, c'est BFMTV. Mais des accusations de racisme à l'égard d'un corps social dans son ensemble - une chaîne de télévision, ses centaines de collaborateurs, représentatifs de toute la société française -, c'est gravissime, infamant et totalement inexact.

"Rien dans ce que produit BFMTV, dans les valeurs qui sont défendues par la chaîne, par ses équipes, ne peut s'apparenter de près ou de loin à une quelconque discrimination. On nous reproche de donner la parole à tout le monde? Nous le faisons dans le cadre du champ de la démocratie. C'est ce que nous impose la loi, et c'est naturel."

Q: Jean-Luc Mélenchon s'en est pris à un journaliste de BFMTV samedi dans le défilé parisien, invitant la chaîne à se "calmer sur les remarques racistes". Quel message lui adressez-vous en retour ?

R: "C'est une très grande violence. Le reporter est là pour des questions sur le sens de la mobilisation. Balayer ces questions légitimes d'un +Allez faire du racisme à la télé+ est insultant et dangereux. Nous ne faisons pas de politique, nous ne faisons la campagne de personne. Nous ne sommes candidats à rien, si ce n'est à faire la meilleure information possible, à réunir le plus grand nombre de téléspectateurs. Samedi, 17 millions de téléspectateurs (en cumulé) ont choisi de faire confiance à BFMTV, ce n'est pas anodin."

Q: Comment couvrir cette campagne présidentielle dans ces conditions ?

R: "Il faut absolument refroidir les esprits et nous souhaitons en arriver à un apaisement du débat. On reproche suffisamment aux chaînes d'information de l'attiser. Peut-être qu'il y a des choses à améliorer, mais ça n'est pas à ceux qui nous en accusent de jeter de l'huile sur le feu en permanence, de créer des tensions, de faire huer le nom des journalistes, le nom des chaînes de télévision, de créer un climat de violence inacceptable.

"Cela fait 27 ans que je suis la politique. Je n'ai jamais vu un climat d'une nature aussi inflammable, aussi violente, aussi brutale et aussi clivée à six mois d'une élection présidentielle. Est-ce que cela veut dire qu'il faut renoncer au débat ? Il n'y aurait rien de plus triste, et même de plus antidémocratique.

"Nous souhaitons donner davantage de place à des gens qui ne sont pas directement engagés dans le combat électoral, et qui réfléchissent sur la société - sociologues, historiens, juristes - qui peuvent être davantage présents sur nos plateaux, au même titre que les responsables politiques."

Q: Des critiques sur la ligne de BFMTV sont aussi exprimées en interne, notamment par les syndicats qui reprochent un "racisme décomplexé" sur les plateaux de Sonia Mabrouk, ancienne de CNews arrivée à la rentrée sur la chaîne.

R: "Sonia Mabrouk est une excellente journaliste, je travaillais avec elle à Europe 1 au début des années 2010, donc je connais son professionnalisme. J'ai l'impression par moments que le seul tort qu'on lui prête, c'est d'avoir travaillé pour une chaîne concurrente, CNews, qu'elle a choisi de quitter. Je suis en soutien total de Sonia Mabrouk, comme l'est l'ensemble de la direction de BFMTV. Par exemple face à Eric Zemmour il y a une quinzaine de jours, elle a été pugnace et offensive."

Q: Son recrutement n'a-t-il pas nourri les accusations extérieures ?

R: "Il ne faut pas de procès a priori. Nous faisons le pari de l'intelligence collective, qui est qu'on écoute et qu'on regarde avant de juger. Je suis très frappé que la plupart de ceux qui critiquent aujourd'hui BFMTV en parlent sans savoir. Est-ce qu'on sait par exemple que nous sommes la chaîne qui sans doute de loin donne le plus de temps d'antenne aux représentants lycéens ?"

H.Portela--PC