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Mondial - Demi-finale: les Bleus en alerte, pour ne pas déchanter
Ultra favorite mercredi (20h00) contre le Maroc, la France tente de rester en alerte, consciente qu'aborder cette demi-finale du Mondial-2022 avec un excès de confiance risque de se payer très cher contre un adversaire galvanisé par son parcours et ses supporters.
"Honnêtement, là, on ne rêve de rien du tout." Dans le souffle de la victoire (2-1) contre l'Angleterre, samedi en quarts, Aurélien Tchouaméni a essayé de garder les pieds sur terre, refusant de se projeter sur une éventuelle "finale de rêve" contre l'Argentine, hypothèse lancée par un journaliste.
Les raisons de se voir en finale sont pourtant nombreuses: sur le papier, le Maroc paraît moins menaçant que l'Espagne ou le Portugal, les deux favoris initiaux de cette partie du tableau, et les Lions de l'Atlas sont sur les rotules, avec trois titulaires blessés et incertains en défense.
"On ne peut pas sous-estimer une équipe en demi-finale. S'ils sont là c'est que c'est une top équipe", a cependant tenu à souligner le milieu du Real Madrid.
Les hommes de Walid Regragui ont en effet déjà écrit une page d'histoire du football africain en devenant la première nation du continent à atteindre le dernier carré d'une Coupe du monde. Contre l'Espagne aux tirs au but (0-0, 3-0 t.a.b), en huitième de finale, puis en quarts face aux Portugais (1-0), ils ont montré une solidarité totale, notamment en défense.
Les Marocains n'ont encaissé qu'un but dans toute la compétition et il a été marqué contre son camp par l'ancien Rennais Nayef Aguerd, face au Canada (victoire 2-1).
- Gare aux bévues -
"Peu de personnes pouvaient attendre le Maroc en demi-finale de Coupe du monde. Mais, de par ce qu'ils ont fait, ce n'est plus une surprise. Ils méritent d'être là et ce mérite, personne ne peut leur enlever", a prévenu Didier Deschamps.
Avec son légendaire pragmatisme et sa culture de la gagne, le sélectionneur des Bleus est bien placé pour savoir qu'un statut de favori ne veut pas dire grand-chose à l'aube du dernier carré.
Le souvenir du huitième de finale du dernier Euro face à la Suisse, que les Bleus dominaient 3-1 après 80 minutes avant d'être rejoints, puis éliminés aux tirs au but, est peut-être un levier à activer auprès du groupe.
Deschamps n'a pas manqué, non plus, de mettre en avant les erreurs de jeunesse de Tchouaméni et Theo Hernandez, responsables des deux penalties concédés à l'Angleterre. "C'est nous qui leur donnons les munitions", a-t-il rappelé samedi soir.
Ces fautes d'inattention pourraient se payer cash contre un Maroc difficile à transpercer, et soutenu par une marée de supporters au stade al-Bayt d'al-Khor, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Doha.
La seule rencontre des Bleus dans une ambiance hostile lors de cette Coupe du monde est aussi un mauvais souvenir, avec une défaite 1-0 face aux Tunisiens, un match sans grand enjeu disputé avec l'équipe B en clôture de la phase de groupes.
- "On n'a rien gagné" -
Contre l'Australie (4-1), le Danemark (2-1) et la Pologne (3-1), la France a aussi montré quelques faiblesses en première période. Et le Maroc a prouvé qu'il lui en fallait peu pour faire mal, à l'image du but opportuniste de Youssef En-Nesyri contre le Portugal.
"Ils savent aussi souffrir, prendre sur eux. On ne sous-estimera personne, comme on l'a fait jusqu'à présent", assure Adrien Rabiot. "Ce qu'on a appris dans cette Coupe du Monde c'est qu'il n'y a pas de favori", reprend Kingsley Coman.
La qualification pour une deuxième finale planétaire en quatre ans et demi, contre la Croatie ou l'Argentine, passera donc par "l'humilité", la conviction de "ne pas se voir au bout", comme l'a mentionné Deschamps.
Le boss des Bleus sait qu'un échec inattendu à ce moment du tournoi viendrait balayer toutes les embûches surmontées jusqu'ici par son équipe, guidée par une résilience à toute épreuve.
Les joueurs l'ont-ils compris? Dans leur discours, cela semble être le cas: "On n'a encore rien gagné", insiste Tchouaméni.
P.Cavaco--PC