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Affaire Epstein : pressé de démissionner, Jack Lang tâcle des "accusations infondées"
Pressé de démissionner de son poste actuel en raison de liens avec Jeffrey Epstein, l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, désormais visé par une enquête financière, s'est à nouveau défendu samedi de tout comportement répréhensible à la veille d'une convocation au Quai d'Orsay.
"Les accusations portées à mon encontre sont infondées et je le démontrerai", a assuré samedi à l'AFP l'actuel président de l'Institut du monde arabe (IMA).
L'ancien ministre emblématique de François Mitterand tente à nouveau de se défendre face aux soupçons qui pèsent sur lui.
La publication fin janvier de millions de nouveaux documents liés à l'homme d'affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein a provoqué une onde de choc pour de nombreuses personnalités, notamment dans le monde de la culture.
Parmi les messages échangés par le financier américain, le nom de Jack Lang est ressorti 673 fois, et fait apparaitre des intérêts économiques communs.
Vendredi, le parquet national financier (PNF) a confirmé l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale aggravé" visant Jack Lang et sa fille Caroline Lang, après des "faits révélés par Mediapart".
Sur la base de ces nouveaux "Epstein files", le média a fait état de liens financiers et d'intérêt économiques communs entre la famille Lang et le financier, condamné en 2008 pour avoir recouru à des services de prostituées mineures et qui était de nouveau inculpé en août 2019 lorsqu'il est décédé en prison.
Lundi, Caroline Lang a démissionné de la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma après les révélations sur une société "offshore" qu'elle a fondée en 2016 avec l'homme d'affaires américain.
Jack Lang, qui a pour l'instant exclu de démissionner, a quant à lui reconnu avoir personnellement sollicité le financier pour obtenir le versement de 57.897 dollars à une association pour un film sur les "années Lang-Mitterrand".
D'après les échanges exhumées, les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente entre eux d'un riad à Marrakech.
Leur correspondance s'est ensuite poursuivie pendant plusieurs années.
"Cher Jeffrey, (...) votre générosité est infinie" aurait écrit Jack Lang en 2017. "Puis-je encore abuser ?", avait-il encore demandé, avant de solliciter le milliardaire pour qu'il le transporte en voiture à une fête organisée hors de Paris.
- Convoqué au Quai d'Orsay -
Samedi, l'ancien ministre de la Culture a indiqué accueillir "avec sérénité et même soulagement" l'enquête préliminaire ouverte par le PNF.
Attendu dimanche au Quai d'Orsay après une convocation exigée au sommet de l’État, il s'était déjà défendu de toute connaissance des crimes de Jeffrey Epstein, assumant des liens personnels avant de plaider la "naïveté".
Si aucune charge ne pèse à ce stade contre l'ancien ministre, les appels à la démission de son actuel poste à la présidence de l'IMA se sont multipliés, notamment au sein de la classe politique.
"Je me réserve, s'agissant de la poursuite de son mandat, toutes les options", a déclaré vendredi Jean-Noël Barrot, qui a qualifié d'"inédits et d'une extrême gravité" les premiers éléments de l'affaire concernant Jack Lang.
D'après l'entourage du ministre, Jean-Noël Barrot lui a demandé dans ce contexte "de prendre rapidement la bonne décision".
À la tête de l'institution depuis 2013, l'homme a écarté mercredi l'hypothèse d'une démission de son quatrième mandat.
Dans le communiqué publié samedi, il n'a fourni aucune nouvelle déclaration au sujet d'un possible départ, ou d'un maintien à son poste.
Il a assuré que l'enquête préliminaire permettrait de "faire toute la lumière sur des accusations portant atteintes à (sa) probité et à (son) honneur", et a indiqué qu'il collaborerait avec la justice.
X.Brito--PC