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Le gouvernement britannique envisage de retirer Andrew de la ligne de succession au trône
Le gouvernement britannique envisage une loi pour retirer Andrew de l'ordre de succession au trône, ont annoncé des sources officielles vendredi, au lendemain de l'arrestation inédite du prince déchu pour des soupçons liés à l'affaire Epstein.
Son interpellation et sa garde à vue de près de douze heures ont plongé la famille royale dans une crise sans précédent.
Le gouvernement était resté silencieux depuis cette arrestation inédite dans l'histoire moderne de la monarchie britannique.
Mais, vendredi soir, des sources proches du gouvernement travailliste de Keir Starmer ont déclaré que celui-ci allait étudier comment faire retirer par la voie législative le frère de Charles III de l'ordre de succession. Il y figure actuellement en huitième position, juste derrière la princesse Lilibet, la fille du prince Harry, lui-même fils cadet du roi.
Un tel texte de loi sera examiné une fois que la police aura terminé son enquête sur Andrew Mountbatten-Windsor, ont précisé ces sources.
- Les Britanniques favorables
D'après un sondage YouGov publié vendredi, 82% des Britanniques sont favorables à une telle mesure.
Mais selon le professeur et constitutionnaliste Robert Hazell, interviewé par l'AFP, elle devrait passer par le vote d'une loi non seulement au Royaume-Uni mais aussi dans les 14 autres pays du Commonwealth où Charles est le chef de l'Etat.
Cela pourrait donc prendre des années.
Andrew, 66 ans, a été interrogé jeudi par la police sur des soupçons de "manquements dans l'exercice de fonctions officielles", après avoir été accusé d'avoir transmis, à l'époque où il était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce (2001-2011), des informations confidentielles au pédocriminel américain Jeffrey Epstein.
Si le prince déchu a pu regagner son domicile de Sandringham (est de l'Angleterre) après sa garde à vue, la chaîne de télévision Sky News a diffusé des images de policiers déployés à Royal Lodge, la luxueuse demeure de Windsor dont il a été récemment chassé.
La police y a perquisitionné vendredi, pour la deuxième journée consécutive, et devrait continuer à y travailler tout le week-end, selon une source proche des perquisitions.
La police de Londres a par ailleurs dit vendredi soir "contacter" d'actuels et d'anciens agents de protection d'Andrew.
"Il leur a été demandé d'examiner attentivement si quelque chose qu'ils ont vu ou entendu (...) pourrait être utile pour les examens en cours", a-t-elle précisé dans un communiqué.
Outre les courriels suggérant qu'Andrew aurait transmis des informations confidentielles à Epstein, la police londonienne a déclaré vendredi "évaluer" d'autres allégations liées aux dossiers Epstein, selon lesquelles des aéroports londoniens auraient été utilisés pour "faciliter la traite d'êtres humains et l'exploitation sexuelle" - sans mentionner directement l'ex-prince.
Elle avait auparavant également dit "évaluer" des informations selon lesquelles une femme aurait été envoyée par Epstein à Royal Lodge en 2010, potentiellement pour avoir des relations sexuelles avec Andrew.
Le frère du roi a toujours démenti tout comportement illégal mais est resté silencieux sur les nouvelles allégations qui ont émergé depuis octobre dernier.
- Fin de la "déférence" -
Après son interrogatoire, le prince déchu a été photographié quittant un commissariat proche de Sandringham. Le cliché le montre hagard, les yeux écarquillés à l'arrière d'une voiture.
Pour le quotidien The Telegraph, cette arrestation restera comme "le jour le plus préjudiciable pour la monarchie".
Dans un rare communiqué après l'interpellation jeudi d'Andrew, le roi Charles III a fait part de sa "plus profonde inquiétude" et affirmé que la justice devait "suivre son cours".
Le monarque avait déjà déchu son cadet de tous ses titres royaux en octobre à la suite de nouvelles révélations sur les liens d'Andrew avec Epstein.
Selon Roya Nikkhah, une experte de la royauté au Sunday Times, la confiance dans la famille royale "risque vraiment d'être érodée" après cette arrestation inédite depuis le XVIIe siècle.
"Le temps de la déférence qui prévalait pendant le règne de la reine (Elizabeth II, ndlr) est terminé et il s'agit d'un immense défi pour Charles", a-t-elle ajouté.
"Je suis vraiment ravie que personne ne soit au-dessus des lois", soulignait ainsi vendredi Jo Mortimer, une retraitée de 64 ans rencontrée près du commissariat du Norfolk, où l'ex-prince a été interrogé.
Signe de ce basculement, le roi n'avait pas été prévenu de l'arrestation de son frère, ont souligné les médias britanniques.
H.Silva--PC