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Keir Starmer conclut sa visite en Chine sous les reproches de Trump
Le Premier ministre britannique Keir Starmer se rend au Japon samedi après avoir conclu une visite de quatre jours en Chine qu'il voit surtout comme une première étape de la relance des relations avec Pékin, une perspective jugée "très dangereuse" par Donald Trump.
Ce premier déplacement en Chine d'un chef du gouvernement britannique en huit ans a été très scruté au Royaume-Uni, où certains s'inquiètent des risques d'un rapprochement trop grand avec la Chine, notamment en terme de sécurité nationale.
Dès son arrivée mercredi, Keir Starmer s'est évertué à défendre sa stratégie, dans un contexte de rivalités commerciales croissantes et au moment où le président américain s'en prend à ses alliés traditionnels.
"Le monde est instable (...). Et nous devons donc composer avec cette instabilité mondiale. Mon principe directeur est l'intérêt national du Royaume-Uni", a-t-il insisté vendredi dans un entretien à des chaînes de télévision britanniques, en saluant les "opportunités" économiques ouvertes par sa visite en Chine.
Comme la récente venue du Premier ministre canadien Mark Carney, ce rapprochement entre Londres et Pékin hérisse Donald Trump.
"C'est très dangereux pour eux de faire ça", a lâché le président américain lors d'un échange avec la presse à Washington.
M. Starmer a rappelé qu'une visite du président américain en Chine était attendue dans les prochains mois.
"Les Etats-Unis et le Royaume-Uni sont des alliés très proches, c'est pour cela que nous avons discuté de cette visite avec son équipe avant de venir", a déclaré M. Starmer.
Lors de son entretien avec Xi Jinping jeudi, il a jugé "vital" pour le Royaume-Uni d'améliorer ses relations avec Pékin tandis que le président chinois a estimé que "la Chine et le Royaume-Uni (devaient) renforcer leur dialogue et leur coopération".
Réagissant aux propos de Donald Trump, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a souligné lors d'un point presse que "la Chine (était) prête à renforcer la coopération avec tous les pays, dans un esprit de bénéfice mutuel".
Après avoir visité un institut de design et rencontré des étudiants en art accompagné de l'actrice britannique Rosamund Pike, Keir Starmer s'envole samedi pour le Japon, où il doit s'entretenir avec la Première ministre Sanae Takaichi.
- Sanctions chinoises levées -
Vendredi, depuis Shanghai, il a annoncé que la Chine avait levé les sanctions qui visaient depuis 2021 sept parlementaires britanniques ayant critiqué le bilan de Pékin en matière de droits de l'Homme, concernant le traitement de la minorité des Ouïghours dans le Xinjiang. Une victoire surtout symbolique.
Les sanctions chinoises étaient intervenues en représailles de sanctions britanniques et de l'Union européenne contre la Chine.
Elles avaient été prises au moment où les relations entre Londres et Pékin s'étaient considérablement dégradées sous les gouvernements conservateurs en raison d'un durcissement de la politique chinoise à Hong Kong et d'accusations réciproques d'espionnage.
La cheffe du parti conservateur Kemi Badenoch a fustigé la visite de M. Starmer "dans un Etat qui mène des opérations d'espionnage quotidiennement dans notre pays, bafoue les règles commerciales internationales et soutient (le président russe Vladimir) Poutine dans sa guerre injustifiée en Ukraine".
- Labubu -
Le dirigeant travailliste repart avec une dizaine d'accords de coopération (santé, services, immigration irrégulière) ainsi qu'une baisse bienvenue des droits de douane sur les exportations de whisky.
Downing Street a également indiqué que Pékin allait accorder au Royaume-Uni une exemption de visas pour les Britanniques effectuant des séjours de moins de 30 jours, qui entrera en vigueur "une fois les procédures nécessaires accomplies", a tempéré le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Des entreprises britanniques ont conclu pour 2,2 milliards de livres (3 milliards de dollars) de contrats d'exportation, 2,3 milliards de livres en "accès au marché" chinois sur cinq ans et "plusieurs centaines de millions" de livres d'investissements, a annoncé Londres dans un communiqué.
La chaîne chinoise de magasin Pop Mart, qui vend les célèbres peluches Labubu, va elle installer au Royaume-Uni son "hub régional" et ouvrira 27 boutiques en Europe en 2026, dont sept au Royaume-Uni.
Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a aussi annoncé son intention d'investir 15 milliards de dollars d'ici 2030 en Chine.
Ferreira--PC