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Tirs de semonce d'un navire de guerre russe sur un yacht dans la Manche
Tirs de semonce russes dans la Manche: Starmer qualifie l'incident d'"imprudent" mais pas "inquiétant"
Le Premier ministre britannique a estimé mercredi qu'un navire de guerre russe avait agi de façon "imprudente" en envoyant la veille des tirs de semonce en direction d'un voilier britannique dans la Manche, mais a assuré que l'incident n'était "pas plus inquiétant que ça".
"L'évaluation du ministère de la Défense est qu'il s'agissait d'un navire de guerre à la dérive, et pas de quelque chose de plus inquiétant que ça", a déclaré Keir Starmer à la chaîne GB News, après cet incident impliquant la frégate russe Amiral Grigorovitch et le voilier, juste en dehors des eaux territoriales britanniques.
"Cela n'enlève rien au fait que la Russie se montre clairement agressive à travers l'Europe", et que "nous assistons à des attaques soutenues par l'Etat" russe, a cependant ajouté le chef de l'exécutif, qui dit avoir évoqué le sujet avec les dirigeants du G7 réunis mardi à Evian, en France.
Le Royaume-Uni a déploré ces derniers mois plusieurs incidents liés à la Russie, sur fond de tensions exacerbées entre Londres et Moscou depuis le début de la guerre en Ukraine. Lundi encore, la piste russe a été évoquée après la condamnation de deux hommes recrutés par un contact russophone sur la messagerie Telegram pour des incendies ayant notamment visé l'ex-domicile du Premier ministre Keir Starmer en mai 2025.
Le ministère britannique de la Défense a également assuré que les tirs de semonce constituaient un incident "isolé", sans lien avec l'interception inédite dimanche par des commandos britanniques d'un pétrolier, le Smyrtos, soupçonné de faire partie de la flotte fantôme russe dans la même zone de la Manche.
"Après des tentatives pour entrer en contact avec un navire britannique dans la Manche, le Grigorovitch a tiré des coups de semonce. Ceux-ci n'étaient pas dirigés contre le navire et visaient à prévenir une éventuelle collision", a indiqué le ministère mardi.
- "Surréaliste"
Jane et Alan Kelvey, le couple de retraités qui naviguaient à bord du voilier en direction de Cherbourg, en Normandie, ont eux décrit à la BBC une expérience "surréaliste", avec d'abord plusieurs coups de corne du navire russe pour se signaler, suivi de "tirs de sommation en l'air".
L'incident avec la frégate russe s'est produit mardi à la mi-journée à environ 20 milles nautiques (40 km), au sud de l'île de Wight.
Le voilier "n'était absolument pas sur une trajectoire de collision" avec la frégate, a affirmé Jane Kelvey. "Ce n'était pas un incident avant que les coups de feu n'éclatent".
Le ministère russe de la Défense a lui estimé que le voilier s'approchait "dangereusement" de la frégate russe, et "pour attirer l'attention de l'équipage du voilier de plaisance, des fusées éclairantes et des signaux sonores ont été lancés".
"Malgré ces mesures, le navire a continué de s'approcher dangereusement. Quand la distance (entre les deux navires, NDLR) est passée en dessous de 150 mètres, le commandant de la frégate a décidé d'ouvrir le feu préventivement sur le navire avec des armes de petit calibre", a affirmé le ministère russe. "Le voilier (...) a alors changé immédiatement de cap".
- Surveillance dans la Manche -
Une source proche de la Défense britannique a indiqué que le navire russe, qui était surveillé par un patrouilleur de la marine britannique au moment de l'incident, se situait à environ 450 mètres du voilier.
Selon le Daily Telegraph, l'Amiral Grigorovitch patrouillait au large des côtes britanniques depuis près de deux mois, escortant dans la Manche des pétroliers appartenant à la flotte fantôme russe, utilisée pour contourner les sanctions sur les exportations de pétrole russe.
Selon la marine britannique, des patrouilleurs surveillaient étroitement la frégate, qui escortait des navires battant pavillon russe "vers et depuis l'Atlantique, la Méditerranée et la Baltique" .
Les dirigeants des pays du G7, dont le président américain Donald Trump, ont convenu mardi d'intensifier la pression sur la Russie pour mettre fin à plus de quatre années de guerre en Ukraine.
F.Santana--PC