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Les Etats-Unis excluent tout péage iranien sur Ormuz, début de l'évacuation des 11.000 marins bloqués
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a de nouveau exclu mardi l'imposition par l'Iran de péage ou redevances sur le détroit d'Ormuz, où l'évacuation de quelque 11.000 marins encore bloqués a commencé, signe tangible d'un début de règlement du conflit.
L'Organisation maritime internationale (OMI), agence de l'ONU chargée de la sécurité en mer, a annoncé mardi le début de la mise en oeuvre du plan d'évacuation "en étroite coopération avec l'Iran, Oman, tous les autres Etats côtiers de la région, les Etats-Unis et l'industrie maritime".
C'est un soulagement pour ces travailleurs de la mer bloqués depuis plusieurs mois, après le déclenchement de ce conflit le 28 février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.
L'Iran et les Etats-Unis ont signé la semaine dernière un protocole d'accord pour mettre fin aux hostilités qui prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz, où transite en temps normal 20% du pétrole et du GNL mondial.
Sa fermeture par Téhéran avait fait vaciller l'économie mondiale et fait flamber les prix du pétrole. Lundi, la circulation maritime dans ce passage a atteint un niveau record depuis fin février avec 37 navires de matières premières, selon les données de la plateforme spécialisée Kpler.
- Ballet diplomatique -
L'heure est désormais aux consultations, sous la médiation du Pakistan et du Qatar, pour tenter de trouver un accord final d'ici 60 jours renouvelables. Mais des divergences restent évidentes sur des sujets brûlants.
Parmi les principaux, le sort du détroit d'Ormuz.
Tout juste arrivé à Abou Dhabi pour une délicate tournée jusqu'à jeudi dans les pays du Golfe, alliés des Etats-Unis largement visés par les tirs de missiles et de drones iraniens durant la guerre, le chef de la diplomatie américaine a réaffirmé que Washington n'accepterait ni péage ni redevance sur cette "voie navigable internationale".
Auparavant, l'équipe de négociateurs iraniens, emmenée par le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, s'est rendue à Oman notamment pour parler de la gestion du détroit.
Dans un communiqué conjoint, Oman et l'Iran ont dit qu'ils allaient étudier les "coûts" des services liés à l'administration du détroit, en soulignant "leur souveraineté sur leurs eaux territoriales". M. Ghalibaf a réaffirmé que ce passage ne retrouverait pas son fonctionnement libre d'avant-guerre et resterait "administré" par son pays.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a lui entamé une visite d'Etat à Islamabad, accompagné du chef de la diplomatie.
"Si les missiles dont nous disposons pour notre défense n'existaient pas, Israël et les Etats-Unis auraient rasé l'Iran comme Gaza", a déclaré M. Pezeshkian, en référence au territoire palestinien, excluant que cet arsenal figure au menu des négociations.
Sur le nucléaire, l'Iran a expliqué mardi ne pas avoir l'intention de permettre à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'inspecter ses sites nucléaires clés, bombardés par Israël et les Etats-Unis.
Une position apparemment contredite par le président américain qui a affirmé que Téhéran avait "pleinement et totalement accepté" des inspections de ses installations atomiques "du plus haut niveau". Et Donald Trump l'a redit mardi sur sa plateforme Truth Social assurant que "cela garantira une +honnêteté nucléaire+".
Le doute plane depuis sur l'état des stocks d'uranium hautement enrichi de la République islamique. Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.
Le cycle de négociations entamé ce week-end en Suisse nourrit les espoirs d'un règlement durable du conflit et a fait retomber le cours du baril de Brent de la mer du Nord sous la barre des 78 dollars où il s'est stabilisé mardi, loin des plus de 126 dollars atteints au paroxysme de la guerre.
Pressé de mettre un terme à une guerre qui pèse sur le pouvoir d'achat des Américains, Washington a multiplié les gestes envers Téhéran.
Concernant le pétrole, principale ressource de la République islamique, "toutes les transactions" concernant la production, la vente et le transport d'hydrocarbures d'origine iranienne "sont autorisées jusqu'au 21 août", selon le ministère américain des Finances.
Quant à un éventuel déblocage d'avoirs iraniens, le gouverneur de la Banque centrale iranienne a démenti mardi les affirmations de Donald Trump laissant entendre qu'ils devraient forcément être utilisés à l'achat de biens "exclusivement en provenance des Etats-Unis", sans exclure l'idée de se fournir en produits américains.
Les premiers 12 milliards de dollars débloqués serviront à acheter "des biens de première nécessité et des médicaments", a déclaré le gouverneur, Abdolnaser Hemmati.
- Deux tués au Liban -
Sur le front libanais, de premiers tirs israéliens depuis samedi dans le sud du pays ont fait deux morts mardi selon les autorités libanaises, Israël disant avoir visé des "terroristes armés".
Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre début mars. Les frappes d'Israël, dont l'armée occupe toujours une partie du sud, ont depuis fait plus de 4.100 morts selon les autorités libanaises.
Le mouvement chiite a dénoncé mardi une "violation flagrante" du cessez-le-feu et réclamé un retrait total d'Israël selon un calendrier précis.
Ces tirs ont eu lieu alors que s'ouvre à Washington une cinquième session de négociations directes entre Israël et le Liban, auxquelles s'oppose le Hezbollah.
Selon le protocole d'accord irano-américain, une cellule dite de gestion des conflits doit être mise en place pour faire cesser les combats entre Israël et le Hezbollah.
burx-tq-san-sst/eml
A.Magalhes--PC