-
Championnats de France: Célia Géry, le vent de fraîcheur
-
F1: Russell (Mercedes) s'élancera en pole position au Grand Prix d'Autriche
-
Mondial-2026: Mike Maignan, Monsieur 50%
-
De l'Allemagne au Danemark, des records de températures historiques en Europe
-
Séismes au Venezuela: au moins 920 morts, 50.000 disparus, l'aide américaine arrive
-
L'Allemagne va trancher à la mi-2027 sur un retour à la conscription, selon un responsable parlementaire
-
Grèce: le gouvernement offre des primes aux pêcheurs capturant des poissons-ballons
-
Le plus grand accélérateur de particules entre en chantier pour mieux traquer la matière noire
-
L'Australie annonce doubler les amendes pour violation de l'interdiction des réseaux sociaux aux mineurs
-
A Budapest, première Pride de l'après Orban, en attendant des actes
-
Redevance sur les PFAS: un décret confirme l'entrée en vigueur pour la rentrée
-
Indonésie: dizaines d'arrestations lors d'une manifestation contre la politique présidentielle
-
Pékin: la collision d'un petit avion avec un gratte-ciel a fait un mort, le pilote, et 13 blessés
-
L'aide à mourir plus utilisée par les plus pauvres? Une idée non soutenue par les études disponibles
-
Mondial-2026: Angleterre, Portugal et Argentine pour bien finir, quatre tickets encore à prendre
-
Pour ses 80 ans, l'iconique Vespa retrouve la Ville éternelle
-
Dans le nord de l’Italie, le niveau trop bas du Pô inquiète
-
Le gazole et le SP95-E10 à moins de 1,90 euro le litre en France
-
Apple voit les cinémas comme un allié du streaming, selon un de ses dirigeants
-
Washington réautorise l'IA la plus puissante d'Anthropic pour quelques partenaires américains
-
Une nouvelle journée suffocante pour une grande partie des Européens
-
L'Iran accuse les Etats-Unis de "violation" de l'accord, les deux pays échangent des frappes
-
La canicule place les hôpitaux sous tension extrême
-
Canicule: +80% d'appels dans les Samu parisiens sur la semaine écoulée
-
A Civaux, une centrale nucléaire qui défie les canicules
-
Mondial-2026: Julian Alvarez avec l'Argentine, une fenêtre pour s'exprimer
-
Top 14: Toulouse face à Montpellier et à son histoire
-
Avec la canicule, le risque de prolifération des cyanobactéries dans les zones de baignade
-
Toujours plus de radars sol-air, un défi pour les avions de combat
-
Face aux canicules, des solutions "low-tech" pour combattre la chaleur en ville
-
Etats-Unis et Iran échangent des frappes
-
Mondial-2026: France-Suède en 16es, le Cap-Vert magnifique
-
John Bolton, ex-conseiller de Trump, plaide coupable de rétention de documents classifiés
-
Les Etats-Unis ont annoncé des frappes contre l'Iran, qui dit avoir répliqué
-
Le Chapare, la région d'Evo Morales qui défie le gouvernement bolivien
-
Accord-cadre entre Liban et Israël, qui laisse deux "zones pilotes" à l'armée libanaise
-
La canicule "se poursuit", malgré les prémices d'un répit
-
Mondial-2026: la France première, le Sénégal espère
-
Mondial: trois sur trois pour les Bleus avec un Dembélé en feu
-
Le double séisme au Venezuela a fait au moins 920 morts et 50.000 disparus
-
Trump menace les pays européens qui taxeraient les services numériques
-
Israël et le Liban saluent la signature d'un accord-cadre à Washington, rejeté par le Hezbollah
-
Wall Street termine la semaine en petite baisse
-
OpenAI déploie son nouveau modèle sous tutelle du gouvernement américain
-
OpenAI lance son nouveau modèle GPT 5.6, limité à quelques partenaires américains
-
Enquête ouverte après des signalements sur des soupçons de trafic d'enfants sur Vinted
-
À son procès en appel, Stéphane Plaza dément "être violent"
-
Pas de verdict pour le suspect d'un des incendies de Los Angeles
-
Canicule: la chaleur tue, il faut arrêter les chantiers l'après-midi, dit Sophie Binet
-
Ormuz: des navires continuent à traverser malgré les menaces iraniennes
La "forêt mosaïque", une stratégie française
Ici, un bouleau conquérant s'immisce entre les chênes, là, un jeune pin venu du Sud prend la relève de cousins dépérissants. Dans le massif de Moulière, dans la Vienne, se déploie "la forêt mosaïque", une stratégie française face au changement climatique.
L'été glisse vers l'automne dans l'ancienne forêt royale au nord-est de Poitiers. Le massif reste vert mais certains feuillus ont perdu des branches, des pins sylvestres ont roussi. La France a été confrontée à moins d'incendies qu'en 2022 mais le dépérissement se poursuit à bas bruit.
"Le stress climatique, c'est une tempête silencieuse: il fait autant de dégâts mais qui se voient moins. La grande différence, c'est que cette tempête-là ne s'arrête pas", explique Albert Maillet, directeur forêts et risques climatiques à l'Office national des forêts (ONF).
Gestionnaire des forêts publiques françaises (17 millions d'hectares en métropole), l'ONF cherche des solutions, avec en tête "un scénario de +4°C à l'horizon 2100" - alors que la France s'est réchauffée d'environ 1,8°C depuis le début du XXe siècle.
Le défi est immense: "On va essayer de faire absorber à la forêt en 10 ans un choc thermique de 10.000 ans", résume Albert Maillet. La solution passe par "la diversification des essences et l'hétérogénéité des traitements", allant jusqu'à l'introduction d'essences "sudistes" ou "étrangères" plus au nord.
La France est "le seul pays d'Europe au confluent de quatre zones bioclimatiques: atlantique, continentale, de montagne (alpine) et méditerranéenne. Et peut-être bientôt tropicale sèche dans une partie de la zone sud", souligne Albert Maillet.
A l'échelle de la forêt domaniale de Moulière, tous les scénarios d'adaptation sont déjà là. Antoine Bled, directeur de l'agence Poitou-Charentes de l'ONF, déploie une carte de l'aménagement forestier.
De petits carreaux irréguliers composent le dessin du massif: bleu pour la régénération naturelle (sans plantation), beige pour les îlots de vieillissement (arbres abritant oiseaux et insectes); les différents types de gestion s'étagent du saumon au bordeaux pour les résineux et du vert tendre au kaki pour les feuillus; les parcelles mélangées se déclinent en blond et orange; les landes sont cerclées de bleu, les réserves hachurées en marron.
Ce patchwork de 4.200 hectares forme la "forêt mosaïque". L'image "illustre la stratégie de l'ONF face au changement climatique", explique sa directrice générale Valérie Metrich-Hecquet.
- "Aide à la migration" -
D'abord, "observer": Parcelle 242, des chênes centenaires prospèrent en futaie régulière (arbres de même âge), avec un sous-étage de hêtres et de charmes. Ici, il s'agit de pérenniser le patrimoine français: des bois remarquables destinés à la tonnellerie.
Le forestier Christophe Chopin y est chargé du dispositif de recherche "Renecofor", mis en place il y a 25 ans et qui évalue la réaction des écosystèmes forestiers au climat : "On évalue le niveau de croissance des arbres, la date d'apparition et de chute des feuilles, la production de glands".
Dans ce peuplement dit "remarquable" pour la qualité de ses arbres, l'ONF récolte les glands pour garantir la pérennité de la "génétique exceptionnelle" du chêne sessile, aujourd'hui adapté au climat local et qui pourra demain "être implanté plus au nord".
A quelques kilomètres de là, "parcelle 237", le chêne reste roi, mais cette fois en futaie irrégulière, accompagné de pins maritimes, de frênes ou d'alisiers. Les châtaigniers, vaincus par un chancre, ont dépéri, tandis que le bouleau a fait son entrée.
"Là où on a des parcelles plus mélangées, on a un meilleur fonctionnement du sol et des écosystèmes. A l'inverse, on perd 30 à 40% de productivité si le sol a un mauvais fonctionnement hydrique", remarque Antoine Bled.
Le stade suivant est "l'aide à la migration": Parcelle 85, la cohabitation des pins sylvestres avec les chênes sessiles bat de l'aile. Le feuillu capte l'essentiel des réserves d'eau du sol.
Sur 7 hectares, l'ONF donne un coup de pouce à la régénération naturelle en introduisant des chênes plus méridionaux ainsi que des pins Laricio, mieux adaptés, espère-t-il. Les jeunes plants poussent à l'ombre de chênes centenaires, entourés d'un fin grillage qui les protège de la dent du gibier.
Ailleurs, sont testés des pins de Turquie et un sapin d'Espagne toujours "sur de petites surfaces, pour pouvoir revenir en arrière", explique Albert Maillet.
Quelles que soient les interventions de l'homme, martèle-t-il, "les nouveaux boisements pousseront moins vite". "Récolter du bois en forêt mosaïque, c'est plus compliqué qu'en futaie régulière, mais c'est moins compliqué que dans une forêt qui crève."
B.Godinho--PC