Portugal Colonial - Partygate: le sort de Boris Johnson ne tient qu'à un fil

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Partygate: le sort de Boris Johnson ne tient qu'à un fil
Partygate: le sort de Boris Johnson ne tient qu'à un fil

Partygate: le sort de Boris Johnson ne tient qu'à un fil

Un Premier ministre en sursis? Le Britannique Boris Johnson a survécu lundi à la publication d'un rapport accablant sur les fêtes à Downing Street durant le confinement, mais son sort reste suspendu à une enquête de police qui pourrait le pousser vers la sortie.

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"Erreurs de leadership", rassemblements injustifiés, culture de l'alcool au travail... le dirigeant conservateur et ses services en ont pris pour leur grade dans le rapport de 12 pages écrit par la haute fonctionnaire Sue Gray sur les garden parties, pots de départ ou fête d'anniversaire organisés durant les confinements des deux dernières années, qui ont choqué les Britanniques.

Seule une version expurgée des éléments potentiellement les plus dommageables a été dévoilée, pour ne pas compromettre l'enquête de police sur 12 de ces 16 rencontres.

Lui offrant un peu de répit, nombre d'élus conservateurs en attendent la publication complète ou les conclusions de Scotland Yard, qui pourraient prendre plusieurs semaines, pour se prononcer sur son sort.

Son poste est "probablement sécurisé dans un avenir proche" mais "il n'est plus maître de la situation", note Simon Usherwood, professeur de politique à l'Open University, questionné par l'AFP.

L'agitation était telle lundi dans les rangs parlementaires que Boris Johnson s'est défendu pendant une heure et 45 minutes. Tout à la tâche d'apaiser les esprits il a dû reporter un appel avec le président russe Vladimir Poutine sur la crise ukrainienne, avant sa visite à Kiev mardi.

- Abba -

C'est une crise sans précédent pour celui qui était arrivé triomphalement au pouvoir en juillet 2019 avant d'être conforté par une victoire éclatante dans les urnes, mais aujourd'hui confronté à des sondages désastreux et à des appels à la démission.

Les prochaines semaines s'annoncent à haut risque, la police disant avoir reçu plus de 300 images et 500 pages d'informations, alors que les spéculations vont bon train dans les médias sur la possibilité que Boris Johnson et sa femme Carrie soient eux-mêmes interrogés par les enquêteurs ou qu'ils se voient infliger une amende.

La "Met" se penche notamment sur une réunion ayant eu lieu dans l'appartement de fonction du couple, le 13 novembre 2020, où un tube d'Abba aurait été diffusé pour fêter le départ d'un puissant conseiller devenu depuis l'ennemi juré du Premier ministre, Dominic Cummings.

"Au vu de l'ampleur de l'enquête de la police, cela va l'affecter très fortement", prédit Simon Usherwood, relevant le peu d'enthousiasme mardi, parmi les ministres et députés conservateurs, à venir à sa rescousse.

Un vote de défiance est déclenché dès que 54 (sur 359) des élus tories le demandent et une simple majorité suffirait ensuite pour l'évincer, ouvrant une course au leadership.

Déjà, certains se sont ouvertement prononcés pour son départ. "Je pense que cette crise ne va pas s'en aller, et elle cause un grand préjudice au parti", a jugé le député Andrew Mitchell sur la BBC.

- "Hésitation à agir" -

Mais ce processus ne peut survenir qu'une fois en douze mois, incitant les rebelles à la prudence tactique. D'autant plus que les candidats à sa succession à même de séduire, comme lui, les classes populaires naguère acquises aux travaillistes dans le Nord de l'Angleterre ne sont pas légion avant des élections locales en mai.

"Beaucoup de députés pensent probablement qu'il devrait partir, mais ils ne sont pas sûrs que c'est le bon moment pour se positionner. Il y a donc une très grande hésitation à agir", analyse le politologue Anand Menon, du King's College de Londres.

"Une des raisons, selon moi, pour lesquelles il est toujours en place, c'est justement parce que les députés ne sont pas convaincus par les alternatives", ajoute-t-il auprès de l'AFP.

Pour tenter de faire oublier le scandale et amadouer les rebelles, le dirigeant a promis des changements dans la gestion de Downing Street tout en envisageant des mesures susceptibles de séduire dans ses rangs, en matière de Brexit ou du coût de la vie. Mais cela pourrait bien ne pas suffire car "la personne au sommet ne change pas", souligne Simon Usherwood.

P.Serra--PC