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Caracas déploie l'armée près de la Colombie, Washington frappe des trafiquants présumés
Des dizaines de milliers de soldats vénézuéliens étaient déployés vendredi près de la frontière colombienne, pendant que Washington frappait de nouveau des trafiquants de drogue présumés dans les Caraïbes, nouvel épisode de tensions entre les Etats-Unis et le Venezuela.
Pour la première fois depuis début septembre et le déploiement de navires de guerre américains dans la zone, la dernière frappe a laissé des survivants, selon des médias américains.
La crise, qui menace d'entraîner les deux pays dans la guerre, provoque de part et d'autre des soubresauts au coeur des appareils d'Etat.
Aux Etats-Unis, l'amiral chargé de superviser les frappes a annoncé jeudi sa retraite prochaine, après seulement un an en poste. Et au Venezuela, la vice-présidente Delcy Rodriguez a dû nier des informations de presse l'accusant d'avoir négocié avec Washington une éviction du président Nicolas Maduro.
Depuis quelques temps, bruits de bottes et propos acerbes se multiplient. Les États vénézuéliens de Tachira et Amazonas ont annoncé jeudi le déploiement de patrouilles et des procédures de contrôle aux passages frontaliers avec la Colombie.
Dans le Tachira, où se trouvent les trois principaux ponts reliant les deux pays, l'armée s'est déployée autour du pont Simon Bolivar, qui relie les villes colombiennes de Cucuta et Villa del Rosario à la ville vénézuélienne de San Antonio, a constaté l'AFP.
Selon le commandant de la Zone opérationnelle de Défense intégrée (Zodi) de Tachira, le général Michell Valladares, pas moins de 17.000 soldats ont été déployés.
Dans l'État d'Amazonas, qui borde le Brésil au sud, les militaires s'organisent pour protéger "les entreprises stratégiques" et "les services de base". L'objectif est d'assurer l'intégration du "peuple en armes", selon le chef de la zone de défense locale, le général Lionel Sojo.
La crise couve depuis que Washington a déployé sept navires de guerre dans les Caraïbes et un dans le Golfe du Mexique, dans le cadre d'une opération présentée comme destinée à lutter contre le narcotrafic.
- "Guerre psychologique" -
Donald Trump accuse le président vénézuélien d'implication directe dans les trafics, ce qu'il dément formellement. L'arrestation de Nicolas Maduro, inculpé par la justice américaine, fait l'objet d'une prime de 50 millions de dollars.
Le président américain, qui a indiqué cette semaine avoir autorisé des opérations clandestines de la CIA sur le territoire du Venezuela, a fait part d'au moins cinq frappes sur des bateaux de trafiquants présumés depuis début septembre, faisant au moins 27 morts.
Une sixième opération a eu lieu jeudi. Elle a laissé "pour la première fois des survivants" à bord, selon des télévisions comme CBS, CNN et NBC, citant des responsables américains. Le Pentagone n'a pas immédiatement répondu aux questions de l'AFP.
L'amiral Alvin Holsey a de son côté annoncé qu'il allait quitter son poste de commandement des forces américaines pour l'Amérique du Sud et l'Amérique centrale le 12 décembre pour "prendre sa retraite de la Marine", sur le réseau social X, sans autres explications, après "plus de 37 ans" dans l'armée.
Il rejoint une longue liste de hauts responsables militaires américains évincés ou partis depuis le début du second mandat de Trump à la Maison Blanche, en janvier.
Les récents propos de Donald Trump sur les opérations de la CIA ont scandalisé Caracas, qui s'est insurgé contre "les coups d'Etat fomentés" par la principale agence américaine de renseignement extérieur.
Mais le journal américain Miami Herald a affirmé jeudi, sans citer de sources, que la vice-présidente Delcy Rodriguez et son frère Jorge négociaient avec Washington pour évincer Nicolas Maduro en échange de leur maintien au pouvoir.
Le Miami Herald soutien que Mme Rodriguez discuterait par l'intermédiaire du Qatar, qui a déjà servi de médiateur pour des échanges de prisonniers entre les deux pays.
"FAKE !! Un autre média qui s'ajoute au dépotoir de la guerre psychologique contre le peuple vénézuélien. Ils n'ont ni éthique ni morale et favorisent exclusivement le mensonge et la charogne", a réagi Mme Rodriguez sur la messagerie Telegram.
"La révolution bolivarienne compte sur un haut commandement politico-militaire uni autour de la volonté du peuple", a-t-elle ajouté, publiant une photo d'elle et du président.
Lundi, la prix Nobel de la paix 2025 Maria Corina Machado s'était pour sa part déclarée convaincue, lors d'un entretien par visioconférence avec l'AFP, que Maduro devrait partir, "avec ou sans négociation".
C.Cassis--PC