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Au Mali, l'exode silencieux des habitants de Léré, étranglés par le blocus jihadiste
Devant le poste frontalier de Fassala, sur cette terre désertique qui sépare le Mali de la Mauritanie, quelques dizaines de personnes attendent, assises dans le sable à l'ombre d'un mur ocre.
Ils fuient le blocus imposé sur leur ville de Léré par les jihadistes du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, qui resserre l'étau sur le régime militaire malien, de plus en plus fragilisé.
A cette heure de l'après-midi, le soleil est brûlant. Fatima, une mère touarègue vêtue d'une tunique aux couleurs vives, serre contre elle sa dernière-née.
Dans ses bras, l'enfant observe ce paysage inconnu de ses grands yeux noirs avant d'éclater en sanglots. Fatima reste indifférente. Elle attend que l'enfant se calme.
Bientôt, ce sera son tour. Elle passera devant l'agent et sera accueillie comme réfugiée sur le territoire mauritanien. Au revoir le Mali. Au revoir la guerre.
- "Plus rien à manger" -
"On nous a dit qu'il fallait quitter la ville. Il n'y avait plus rien à manger. Alors nous sommes partis", dit-elle d'un ton calme, les yeux perdus vers un horizon introuvable.
La situation était intenable. Depuis deux semaines, le JNIM a imposé un blocus de la localité de Léré, dans le centre du Mali, à un peu plus de soixantaine kilomètres de là.
Ils seraient déjà entre 2.000 et 3.000 à avoir franchi la frontière mauritanienne pour se mettre à l'abri, selon l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.
"Il s'agit du plus important afflux de réfugiés maliens depuis fin 2023", explique Norik Soubrier, expert terrain pour la branche humanitaire de l'Union européenne.
Un plan de contingence a été déclenché avec des priorités identifiées: eau, nourriture, abris et soins de santé.
Sur tout le territoire malien, les blocus jihadistes se multiplient depuis septembre. Cette stratégie d'étranglement de l'économie se fait sentir jusqu'à la capitale Bamako qui fait face à une pénurie de carburant.
Près de la zone d'enregistrement, une femme amène un bidon d'eau. Quelques hommes remplissent des cruches métalliques et portent à leurs lèvres le liquide précieux. Un baume pour leur gorge sèche.
Les corps, hâlés par le soleil et lourds de poussière, sont fatigués, après plusieurs jours de marche.
Beaucoup se sont déplacés avec toute leur famille. Certains ont apporté leurs maigres ressources: un âne, quelques chèvres, un cheval.
La plupart de ces hommes sont bergers. Ils ont laissé derrière eux une partie de leur bétail.
A l'ombre d'un acacia, un groupe d'hommes discutent. L'un d'entre eux tient dans sa main un téléphone portable. Le réseau est mauvais et les nouvelles ne sont pas bonnes.
- "24h pour partir" -
"Les jihadistes nous ont fixé un ultimatum de 24 heures pour partir. Nous avons quitté parce que nous avons eu peur. Hier, ils ont assassiné ceux qui étaient restés", raconte un homme sous couvert d'anonymat pour des raisons de sécurité.
"Ils les suspectent d'être de mèche avec l'armée malienne, raison pour laquelle il y a eu ces représailles", précise l'un de ses voisins, vêtu d'un boubou vert et de son turban traditionnel.
Au total, douze personnes ont été tuées lundi lors de cette attaque dans la ville de Léré.
Quatre jours plus tôt, deux bergers avaient été enlevés. Ils ont eux aussi été retrouvés morts, selon plusieurs sources locales et militaires.
"Ces personnes n'ont pas été tuées au hasard", explique un chef communautaire arrivé quelques jours plus tôt. "Ils avaient des listes. Ils étaient renseignés et recherchaient des noms bien précis", affirme-t-il.
Il raconte la nature de ce blocus, dont la pression est beaucoup plus forte que celui déjà imposé à la ville, fin 2024.
"Lorsque les forces armées maliennes (Fama) sortent, elles peuvent circuler sans problème. Il n'y a pas de combat. Mais dès qu'elles retournent dans la caserne, le JNIM les remplacent et les populations sont prises au piège".
"Une fois que le blocus est imposé, les denrées se font rares. Les prix explosent", explique-t-il.
"Et même pour fuir, désormais, c'est impossible. Ils ont donné un temps aux gens pour sortir. Maintenant c’est fini".
Les jihadistes tiennent aussi la route la plus directe vers la Mauritanie et ont imposé aux habitants de deux autres villages de partir.
Selon lui, cette situation "est une punition pour les populations qui sont fidèles aux Fama".
"À Léré, tu es obligé de répondre aux ordres des Fama, même si tu es le premier fidèle du JNIM. La population, dit-il, est comme un chiffon qu'on se dispute: elle passe de main en main selon celui qui la domine".
O.Salvador--PC