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Nicki Minaj, diva du rap devenue pasionaria MAGA
Dimanche à Phoenix (Arizona), c'est une tête d'affiche inattendue qui est montée sur la scène de l'AmericaFest, rassemblement annuel de la jeunesse ultraconservatrice: Nicki Minaj, superstar du rap publiquement ralliée à Donald Trump.
"J'ai le plus grand respect et la plus grande admiration pour notre président", a-t-elle affirmé à Erika Kirk, veuve de l'influenceur ultra-conservateur Charlie Kirk.
"Ce gouvernement est rempli de gens qui ont du coeur", a encore dit la rappeuse, pendant une discussion avec la militante, désormais cheffe de l'organisation de jeunesse créée par son mari assassiné, Turning Point USA.
Vêtue d'une robe sombre très éloignée de sa mise habituellement extravagante, sans le maquillage théâtral qui est sa marque de fabrique, elle a qualifié Donald Trump de "séduisant et irrésistible".
Voulant peut-être rendre hommage à sa combativité politique, elle a curieusement comparé le vice-président à un "assassin", jugeant qu'il était "un modèle". Après un moment de flottement, Erika Kirk a désamorcé la situation en lançant sur un ton rieur qu'elle avait "tout entendu" depuis l'assassinat de son mari en septembre.
JD Vance a ensuite complimenté Nicki Minaj sur X pour avoir tenu des "propos vraiment profonds" sur les rapports entre les races.
- "Touche le fond" -
"On savait que Nicki Minaj s'enfonçait depuis un moment mais là, elle touche le fond" s'est désolé sur la plateforme Reddit un membre d'un forum de discussion consacré à l'émission télévisée RuPaul's Drag Race.
Il lui est reproché dans d'autres commentaires de trahir ses nombreux fans dans la communauté LGBT+ pour se faire de la publicité ou s'attirer des faveurs politiques.
La star avait été en 2020 jurée de cette compétition de drag queen et s'était présentée ainsi au public: "Je suis Nicki Minaj et je proclame mon allégeance à la cause du drag."
Voici donc l'interprète de "Starships" et "Anaconda" ralliée au mouvement MAGA (Make America Great Again), qui rejette absolument la culture drag et refuse de reconnaître l'existence de personnes transgenres.
"Reine du rap" auto-proclamée, admirée pour sa capacité à naviguer entre les registres, du plus grossier au plus mélodique, ainsi que pour son débit ultra-maîtrisé, Nicki Minaj a des records de ventes à son actif.
JD Vance, déjà lui, avait signalé dès le 11 décembre qu'il la considérait comme une alliée en écrivant sur X: "Nicki > Cardi".
Ce message cryptique est une référence à sa rivalité avec une autre superstar américaine du rap, Cardi B, pour sa part soutien du camp démocrate.
- Chrétiens -
En 2018 Nicki Minaj, née à Trinité-et-Tobago (Caraïbes), déplorait sur Instagram la brutalité de la politique anti-immigration du président républicain, alors dans son premier mandat.
"Je suis arrivée dans ce pays comme une immigrée illégale à l'âge de 5 ans", révélait-elle dans un message aujourd'hui inaccessible sur la plateforme mais abondamment reproduit à l'époque par la presse. "Arrêtez ça s'il vous plaît", demandait-elle, à propos des séparations forcées de familles.
En 2021, pendant la pandémie de Covid-19, elle avait fait parler d'elle en mettant publiquement en doute la sécurité des vaccins, qu'elle refusait de recevoir.
Mais c'est en novembre 2025 que Nicki Minaj rejoint véritablement, ou au moins publiquement, le camp Trump.
Le 18 novembre, elle fait une apparition surprise à l'ONU pour déclarer que "les chrétiens sont pris pour cible" au Nigeria, une accusation martelée par Donald Trump mais rejetée à la fois par les autorités du pays, des observateurs et des chercheurs.
En novembre toujours, quand la Maison Blanche utilise l'un de ses titres ("Va va voom") pour vanter son bilan sur TikTok, Nicki Minaj partage le montage.
D'autres stars, comme les chanteuses Sabrina Carpenter ou SZA, ont au contraire dénoncé l'usage fait de leur musique par l'administration Trump.
Nicki Minaj n'est pas la seule figure de la scène rap américaine, foisonnante et certainement pas monolithique d'un point de vue politique, à avoir rejoint le courant trumpiste.
Le rappeur Lil Wayne avait par exemple apporté publiquement son soutien au républicain en octobre 2020, posant pour une photo avec lui juste avant la présidentielle.
Quelques mois plus tard, Donald Trump avait mis l'artiste, qui risquait alors jusqu'à dix ans de prison dans une affaire de possession d'armes à feu, sur la liste de ses toutes dernières grâces présidentielles.
P.Cavaco--PC