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Maduro est arrivé aux Etats-Unis qui entendent "diriger" la transition au Venezuela
Le président vénézuélien déchu, Nicolas Maduro, est arrivé samedi sur le sol américain après sa capture par les Etats-Unis, qui ont annoncé leur intention de "diriger" la transition au Venezuela et d'exploiter ses vastes réserves de pétrole.
Des images de l'AFP ont montré le dirigeant vénézuélien sortant d'un avion sous escorte à l'aéroport Stewart International, au nord de New York. Le chef de l'Etat devrait ensuite être conduit à New York par hélicoptère.
Nicolas Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, ont été capturés dans la nuit par les forces américaines après des frappes sur le pays sud-américain. Ils sont accusés par la justice américaine de "narcoterrorisme".
Malgré la réussite de l'opération, un pari risqué pour Donald Trump, l'avenir immédiat du pays de 30 millions d'habitants reste incertain.
"Nous allons diriger le pays jusqu'à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse", a dit le président américain lors d'une conférence de presse en Floride.
Il n'a cependant pas précisé comment les Etats-Unis allaient procéder. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d'une présence militaire américaine n'était visible, a constaté l'AFP.
M. Trump a déclaré qu'il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter les réserves de brut du pays, ajoutant que les Etats-Unis étaient prêts à lancer "une seconde attaque plus importante" si besoin.
L'opération "discrète, précise et menée pendant les heures d'obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d'entraînement", a déclaré le général Caine.
Elle a mobilisé plus de 150 avions et le dirigeant vénézuélien et son épouse se sont rendus "sans résister", a-t-il précisé.
- "Unique président" -
Les Etats-Unis ont affirmé qu'aucun Américain n'a été tué lors de l'opération, dont le bilan humain côté vénézulien reste incertain.
Donald Trump a affirmé au New York Post que "beaucoup de Cubains ont perdu la vie" car "ils protégeaient Maduro", tout en disant ne pas connaître le nombre exact de morts.
Selon les médias américains, M. Maduro s'appuyait sur des conseillers envoyés par le gouvernement communiste de La Havane, également sactionné par Washington et proche allié de Caracas.
En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez avait dit au secrétaire d'Etat américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les Etats-Unis.
Mais Mme Rodriguez, première dans l'ordre de succession au pouvoir, a affirmé que Nicolas Maduro était "l'unique président" du pays et exigeant sa "libération immédiate".
"Nous sommes prêts à défendre le Venezuela, nous sommes prêts à défendre nos ressources naturelles qui doivent servir au développement national", a déclaré Mme Rodriguez en direct à la télévision.
Sans préciser comment Washington envisageait la transition au Venezuela, Donald Trump a d'ores et déjà disqualifié la cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
"Je pense qu'il lui serait très difficile d'être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays", a-t-il lancé.
"L'heure de la liberté est arrivée", avait réagi l'opposante après l'annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, devait "assumer immédiatement" la présidence.
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi matin pour discuter de l'opération américaine, à la demande du Venezuela.
- "Rentrer chez nous" -
A Caracas, les rues étaient pratiquement désertes samedi, et les rideaux métalliques des magasins sont restés baissés.
Quelque 500 partisans de M. Maduro se sont rassemblés non loin du Palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas.
"Comment se fait-il qu'un gouvernement étranger vienne s'ingérer dans le pays et en expulse le président? (...) C'est la force du caïd de quartier", a déploré Katia Briceño, une professeure d'université de 54 ans.
A l'inverse, des milliers de Vénézuéliens exilés, sur les huit millions qui ont fui leur pays en proie à une crise politique et économique sans fin, se sont rassemblés dans plusieurs villes du monde pour célébrer la chute de Nicolas Maduro.
"Enfin nous allons avoir un pays libre. Enfin nous allons pouvoir rentrer chez nous", a dit à l'AFP Yurimar Rojas, vendeur ambulant à Santiago du Chili.
En pleine nuit, les frappes ont embrasé le ciel de Caracas et de ses environs, tirant les habitants brutalement de leur sommeil.
Des témoins ont rapporté avoir entendu des explosions à l'aéroport et au port de Caracas, ainsi qu'à Higuerote, à une centaine de kilomètres à l'est de la capitale. Des explosions ont aussi visé le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela.
Donald Trump avait précédemment affirmé que les jours du président Maduro étaient "comptés", après avoir fait déployer une flottille de guerre dans les Caraïbes et mené des frappes meurtrières contre des bateaux de narcotrafiquants supposés.
O.Gaspar--PC