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Ukraine: Kiev plongée dans le froid après des frappes russes, réunion de l'ONU lundi
Au lendemain de frappes russes massives sur Kiev, de nombreux habitants de la capitale de l'Ukraine se retrouvent samedi privés de chauffage dans un froid glacial, en attendant une nouvelle réunion des Nations unies lundi.
Les bombardements ont fait au moins quatre morts et privé de chauffage la moitié des immeubles résidentiels de la ville, poussant son maire, Vitaly Klitschko, à appeler vendredi la population à évacuer "temporairement".
Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira lundi à la demande de l'Ukraine à la suite de ces frappes et du recours par Moscou à son missile balistique de dernière génération Orechnik.
"La Russie a atteint un nouveau niveau effroyable de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité dans ses attaques contre les civils et infrastructures civiles en Ukraine", dénonce l'ambassadeur d'Ukraine à l'ONU Andriï Melnyk dans sa lettre demandant la réunion, vue par l'AFP, dans laquelle il affirme que l'utilisation du missile constitue une "menace grave et sans précédent pour la sécurité du continent européen".
L'Union européenne, Paris, Berlin et Londres ont dénoncé une "escalade" de la part de Moscou dans l'utilisation de ce missile de portée intermédiaire (IRBM) capable d'emporter des ogives nucléaires.
Le Royaume-Uni a de son côté annoncé vendredi mobiliser des fonds d'environ 230 millions d'euros pour préparer son armée à un tel déploiement en cas de cessez-le-feu avec la Russie.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réclamé une "réaction claire" de la communauté internationale après cette attaque en pleine vague de froid, qui a touché une quarantaine de sites dans la capitale.
Le parquet ukrainien a fait état de 4 morts et de 26 blessés.
"La moitié des immeubles d'habitation à Kiev — près de 6.000 — sont actuellement privés de chauffage", s'est alarmé M. Klitschko, qui a exhorté ceux qui le peuvent à quitter "temporairement" la ville.
Les journalistes de l'AFP n'ont pas constaté d'affluence massive dans les gares routières et ferroviaires.
Des équipes étaient à l'oeuvre vendredi par des températures oscillant entre -7°C et -12°C pour rétablir au plus vite le chauffage dans la capitale, coupé pour 417.000 foyers, selon l'opérateur électrique privé DTEK.
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a condamné ces frappes. "Les attaques contre des civils et des infrastructures civiles violent le droit international humanitaire. Peu importe où elles se produisent, elles sont inacceptables et doivent cesser immédiatement", a-t-il déclaré selon son porte-parole.
- "Où est l'Amérique ?" -
Moscou a dit avoir frappé des "cibles stratégiques" en Ukraine, notamment avec son missile balistique Orechnik, dont les ogives peuvent atteindre une vitesse d'environ 13.000 km/h.
Selon le ministère russe de la Défense, ces attaques ont été menées "en réponse" à une tentative ukrainienne de frapper une résidence de Vladimir Poutine fin décembre, des accusations que Kiev et les Occidentaux qualifient de "mensonges".
Le service ukrainien de sécurité (SBU) a diffusé des images de débris présentés comme étant ceux du missile Orechnik utilisé par Moscou pour frapper la région de Lviv (ouest). Il n'a pas précisé quelles cibles avaient été visées par l'engin ni l'ampleur des dégâts.
Des habitants de Roudno, en périphérie de Lviv, ont affirmé à l'AFP avoir entendu des explosions et certains ont signalé des coupures de gaz.
"Il fait -18 à -20°C et il n'y a plus de gaz. Les gens ont des jeunes enfants, des familles. Comment peuvent-ils vivre sans pouvoir se réchauffer?", s'est interrogée Slava, une femme de 70 ans.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriï Sybiga, a estimé que l'attaque, dans une région située près de la frontière avec l'UE et l'Otan, était un "test pour l'alliance transatlantique".
Les dirigeants français, allemand et britannique Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer ont dénoncé les attaques "continues" de la Russie, "y compris l'utilisation d'un missile balistique de portée intermédiaire Orechnik", qui constituent "une escalade et sont inacceptables", au cours d'un échange téléphonique vendredi.
Le missile Orechnik, qui ne portait pas d'ogive nucléaire lors de ces tirs, a été utilisé pour la première fois en 2024 contre une usine militaire située dans la ville de Dnipro, dans le centre-est de l'Ukraine.
- "Cibles légitimes" -
Près de quatre ans après le déclenchement par le Kremlin de l'offensive à grande échelle, l'armée russe continue de bombarder l'Ukraine quasi-quotidiennement, ciblant notamment les installations énergétiques et portuaires.
Kiev a accusé Moscou vendredi d'avoir frappé avec des drones deux cargos naviguant en mer Noire, causant la mort d'un marin de nationalité syrienne, après plusieurs opérations similaires ces dernières semaines.
En réponse, l'Ukraine vise également les infrastructures énergétiques russes.
Quelque 556.000 personnes ont ainsi été privées vendredi matin de courant et de chauffage dans la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, selon son gouverneur, Viatcheslav Gladkov.
Ces nouvelles frappes interviennent à un moment où les discussions diplomatiques impulsées par le président américain Donald Trump ces derniers mois semblent dans l'impasse.
V.F.Barreira--PC