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Washington va transférer de Syrie vers l'Irak jusqu'à 7.000 détenus de l'EI
Washington a annoncé mercredi mener des opérations pour transférer jusqu'à 7.000 prisonniers du groupe Etat islamique (EI) vers l'Irak depuis la Syrie, où des affrontements entre l'armée et les forces kurdes font craindre des failles sécuritaires.
Cette annonce survient après que les Etats-Unis ont estimé que "la mission initiale" des FDS (Forces démocratiques syriennes, dominées par les Kurdes), la lutte contre l'EI, "a largement pris fin, car Damas est désormais prêt à prendre le relais en matière de sécurité" et peut contrôler les centres de détention jusque là tenus par les Kurdes.
"Les forces américaines ont transporté avec succès 150 combattants de l'EI détenus dans une prison de Hassaké, en Syrie, vers un lieu sûr en Irak. Au total, jusqu'à 7.000 prisonniers du groupe EI pourraient être transférés de Syrie vers des structures contrôlées par l'Irak" voisin, a écrit le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, sur X.
"Oeuvrer au transfert ordonné et sécurisé des prisonniers du groupe EI est essentiel pour éviter des évasions qui constitueraient une menace directe pour les Etats-Unis et la sécurité régionale", a avancé l'amiral Brad Cooper, à la tête du Centcom.
- "Calvaire" -
Les forces kurdes font face à une avancée de l'armée syrienne dans le nord-est, le président Ahmad al-Chareh étant déterminé à étendre son autorité sur l'ensemble du pays.
Les Kurdes avaient instauré une zone autonome qui couvrait le quart du territoire au cours de la guerre civile (2011-2024).
Un accord imposé par Damas prévoit que l'Etat syrien devienne "responsable" des prisonniers de l'EI et que l'administration kurde chargée de ce dossier soit "intégrée aux institutions étatiques", un revers pour cette minorité qui se sent lâchée par les Etats-Unis l'ayant soutenue dans la lutte antijihadiste.
Mardi, les FDS ont annoncé avoir été "contraintes de se retirer" d'al-Hol, le plus grand des camps de détention de jihadistes, pour défendre leurs régions menacées par l'armée.
Les forces de sécurité syriennes sont entrées mercredi dans cet immense camp où des tentes blanches s'étendent à perte de vue.
Le correspondant de l'AFP a vu un grand nombre de soldats ouvrir la barrière métallique et pénétrer à pied, tandis que d'autres en gardaient l'entrée.
Al-Hol abrite quelque 24.000 personnes, dont 15.000 Syriens et environ 6.300 femmes et enfants étrangers de 42 nationalités. Parmi eux figurent des Français et d'autres Occidentaux, que leurs pays respectifs refusent de rapatrier.
Les Syriens et les Irakiens vivent dans le camp principal, tandis que les étrangers sont détenus dans une "annexe" isolée.
"Nous avons vécu un calvaire (...) j'espère que le nouveau gouvernement se montrera plus clément", affirme à l'AFP Oum Sadek, une Syrienne de 33 ans qui porte le niqab et dément tout lien avec l'EI.
"Je suis venu dans le camp à l'âge de 10 ans", dit Ibrahim Ibrahim, un adolescent de 18 ans originaire d'Alep (nord), qui indique vivre avec sa mère et ses frères et soeurs. "J'espère pouvoir sortir d'ici. Je ne connais rien à part ce camp. J'espère que le gouvernement va nous libérer".
- "Terroristes européens" -
Lundi, les forces kurdes ont affirmé qu'une autre prison de jihadistes, Chaddadi, avait été "attaquée" par les troupes gouvernementales. Celles-ci ont en retour accusé les FDS d'avoir libéré des détenus de l'EI.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé mardi que 120 membres de l'EI s'en étaient évadés et dit avoir réussi à "arrêter 81 fugitifs".
Donald Trump a lui soutenu qu'il avait "arrêté une évasion" de "terroristes européens" de cette prison, "en collaboration" avec les autorités syriennes.
Les FDS contrôlent toujours un autre camp, Roj, près de la frontière turque.
Dans la province de Raqa, les forces de sécurité de Damas sont déployées mercredi autour de la prison d'Al Aqtan, toujours sous contrôle des forces kurdes, selon un correspondant de l'AFP.
Le pouvoir islamiste syrien avait annoncé mardi un nouveau cessez-le-feu avec les forces kurdes, poussées à se replier dans leur bastion de Hassaké. Mercredi, les deux parties se sont mutuellement accusées de l'avoir violé.
L'armée a annoncé que sept soldats étaient morts dans une "attaque de drone" imputée aux forces kurdes, qui ont démenti toute implication.
Damas a accordé un délai de quatre jours expirant samedi soir aux Kurdes syriens pour présenter un plan sur l'intégration de leur région au sein de l'Etat.
G.M.Castelo--PC