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Kiev dénonce une "nuit de terreur russe" avant une nouvelle journée de pourparlers à Abou Dhabi
L'Ukraine a dénoncé une "nuit de terreur" marquée par des frappes russes nocturnes ayant fait au moins un mort et 27 blessés, avant une deuxième journée de pourparlers samedi entre Ukrainiens, Russes et Américains à Abou Dhabi pour discuter des conditions d'un règlement du conflit.
"Efforts de paix? Rencontre trilatérale aux Emirats arabes unis? Diplomatie? Pour les Ukrainiens, c'était une nouvelle nuit de terreur russe", a dénoncé samedi le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga.
"Avec cynisme, (Vladimir) Poutine a ordonné une frappe de missiles brutale et massive contre l'Ukraine au moment où des délégations se rencontrent à Abou Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par les Américains", a-t-il ajouté, "ses missiles ne frappent pas que les gens, mais aussi la table des négociations".
Des négociateurs russes, ukrainiens et américains reprennent samedi leurs discussions à Abou Dhabi sur les conditions d'un règlement de quatre ans de guerre en Ukraine, un objectif qui bloque sur l'épineuse question du territoire du Donbass.
Annonçant des pourparlers difficiles, le Kremlin a répété en préambule exiger de Kiev un retrait de ses forces de ce bassin minier de l'est de l'Ukraine aujourd'hui en grande partie contrôlé par la Russie.
Selon le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, les premiers entretiens vendredi ont porté "sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable".
Ces pourparlers sont les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan américain de règlement de cette guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2022.
Côté russe, la délégation est menée par le général Igor Kostioukov qui dirige le renseignement militaire (GRU).
Washington est notamment représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
"Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions", a déclaré à l'issue des premières discussions vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
"Il est nécessaire que non seulement l'Ukraine souhaite mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu'une volonté similaire apparaisse aussi en Russie", a-t-il ajouté.
- "Quitter le Donbass" -
Ces rencontres ont lieu alors qu'un "état d'urgence" a été déclaré par les autorités ukrainiennes pour le réseau énergétique, ciblé presque quotidiennement par les frappes russes qui provoquent des coupures d'électricité et de chauffage d'ampleur par des températures glaciales, notamment à Kiev.
Des milliers d'immeubles ont de nouveau été privés d'eau, de chauffage et d'électricité dans la capitale sur fond de températures chutant sous les -10°C, selon le maire Vitali Klitschko.
Selon le président Zelensky, la Russie a frappé l'Ukraine avec 370 drones et 21 missiles, touchant de nombreux bâtiments civils, dont une maternité à Kharkiv.
Sur le front, les troupes ukrainiennes sont sur le recul depuis près de deux ans face à un adversaire plus nombreux et mieux armé, Kiev dépendant en grande partie du soutien financier et militaire occidental.
"Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s'en retirer", a exigé vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, "sans règlement de la question territoriale (...), il est inutile d'espérer la conclusion d'un accord de long terme".
Cette réunion à Abou Dhabi s'est tenue au lendemain de deux rencontres à un plus haut niveau: l'une à Davos entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump, et l'autre à Moscou entre Vladimir Poutine et les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
- Sans les Européens -
Des négociations directes entre Russes et Ukrainiens avaient déjà eu lieu en 2022 lors de la première année du conflit, puis en 2025 à Istanbul, n'aboutissant que sur des échanges de prisonniers et de dépouilles de soldats.
Les nouvelles discussions de cette semaine se tiennent loin de l'Europe et sans participation des pays de l'UE, lesquels craignent que Washington ne pousse Kiev à accepter un accord jugé trop favorable à Moscou. La Russie n'a pour sa part eu de cesse de critiquer l'ingérence des Européens dans les négociations.
A Davos jeudi, M. Zelensky avait critiqué une Europe "fragmentée" et "perdue" lorsqu'il s'agit d'influer sur les positions de Donald Trump et manquant de "volonté politique" face à Vladimir Poutine.
En marge du Forum économique mondial, il s'était brièvement entretenu avec M. Trump, assurant avoir obtenu du dirigeant américain un accord sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, qui doit désormais être finalisé par les deux dirigeants et les Parlements des deux pays.
H.Silva--PC