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En Moldavie, des drones russes et une guerre trop proche
Ce jour-là, sur une route du sud-est de la Moldavie, les automobilistes en attente de traverser le pont qui marque la frontière vers l'Ukraine ont soudain entendu le bruit d'un drone à proximité. Peu après, l'engin s'est mis à frapper.
Les frappes ont commencé dans l'après-midi du 18 décembre, puis cela a repris la nuit et encore une partie de la journée du lendemain, avec leur lot d'explosions et de fumée noire.
"Nous sommes juste en face, c'était terrifiant", raconte à l'AFP Maria Morari, 62 ans, habitante de Palanca, ce village de la campagne moldave sur la route stratégique menant à Odessa (sud de l'Ukraine).
Côté ukrainien, une voiture qui passait sur le pont a été carbonisée, une mère a été tuée, ses trois enfants blessés, selon le gouverneur de la région d'Odessa Oleg Kiper. Le pont, emprunté quotidiennement des deux côtés de la frontière, a été temporairement fermé. C'était la première fois qu'il était frappé.
Les villageois de Palanca assistent en direct depuis quatre ans à la guerre qui fait rage de l'autre côté du Dniestr, le fleuve qui les sépare de l'Ukraine. Avec la crainte qu'un jour elle ne franchisse la frontière.
Depuis le début du conflit en février 2022, la Moldavie a enregistré des dizaines de violations de son espace aérien et plusieurs missiles et drones russes se sont écrasés sur son territoire - le dernier, un Shahed transportant 50 kilos d'explosifs est tombé à 12 kilomètres au nord-ouest de Palenca le 22 janvier, sans faire de dégâts.
En novembre, l'ex-république soviétique, qui ne fait partie ni de l'Union européenne ni de l'Otan, a été contrainte de fermer temporairement son espace aérien.
Lors des alertes aériennes, quand les Ukrainiens brouillent les communications, les quelque 2.000 habitants de Palanca peuvent être privés de GPS.
Certaines nuits, les bombardements sont assourdissants et Mme Morari a envisagé de se mettre à l'abri au sous-sol ou, si la situation empire, de fuir vers la capitale, Chisinau.
Valeriu Voloh, un voisin, redoute que la guerre n'arrive jusqu'à sa porte. Pendant les attaques "ma maison tremble souvent", dit le retraité de 68 ans. "Un imbécile pourrait facilement se tromper en appuyant sur le bouton de lancement et ça tombera quelque part à Palanca."
- "Avec une fourche ?" -
Il faut investir dans la défense du pays, martèle M. Voloh. "Nous devons nous défendre, mais avec quoi, dites-moi s'il vous plaît ? Avec une fourche ? Avec une fronde ?"
Le pays, l'un des plus pauvres d'Europe, ne consacre que 0,6% de son PIB à la défense, un pourcentage qui place la Moldavie "en bas de l'échelle planétaire", a reconnu le ministre des Finances Andrian Gavrilita.
Selon le classement Global Firepower, la Moldavie se classe 134e en termes de puissance militaire sur un total de 145.
En décembre, le ministre de la Défense Anatolie Nosatii, qui a décliné les demandes d'entretien de l'AFP, a déclaré que le pays, qui partage plus de 1.200 km de frontière avec l'Ukraine -dont 900 terrestres- , disposait de 20 radars datant de l'ère soviétique qui ne peuvent pas détecter les drones.
La Moldavie a reçu un radar Thalès de la France en 2023 et en attend un autre cette année, acquis avec des fonds de l'UE issus d'une dotation de 20 millions d'euros destinée à financer des lanceurs et des missiles de défense aérienne à courte portée.
Dotée d'une toute petite armée de 6.500 soldats, avec des équipements vétustes datant de l'URSS, "la Moldavie n'a absolument pas la capacité d'arrêter" les missiles russes, estime Armand Gosu, historien roumain spécialisé dans les pays de l'ex-bloc soviétique.
Et contrairement aux pays baltes, membres de l'Otan et de l'UE, aucune troupe européenne n'y est stationnée, tandis que des forces russes sont basées en Transnistrie, un territoire séparatiste russophone de l'est du pays, où elles maintiennent quelque 1.500 militaires.
Les incursions de drones enregistrées fin 2025 ont relancé les débats sur la nécessité de renforcer la défense aérienne du pays, tiraillé entre la Russie et l'Union européenne.
Le pays de 2,4 millions d'habitants longtemps sous l'influence de Moscou, accusée d'y mener une "guerre hybride" entre désinformation et "chantage énergétique", s'est rapproché de l'UE ces dernières années, espérant conclure les négociations d'adhésion d'ici 2028.
Mais seuls 23% de ses habitants voteraient pour rejoindre l'Otan, selon un récent sondage.
La présidente pro-UE Maia Sandu, qui a souvent reproché à Moscou de s'ingérer dans les affaires du pays notamment pendant les élections, a déclaré récemment que la Moldavie devait acheter des équipements pour mieux défendre son espace aérien contre les drones qui "menacent nos foyers, notre économie et notre tranquillité". "Il ne s’agit pas de dépenses, mais d'investissements dans la paix et le développement de la Moldavie", a-t-elle insisté.
Peu encore dans la société comprennent que ce n'est pas "de l'argent jeté par les fenêtres", traduit l'expert militaire Artur Lescu, rencontré à Chisinau.
Les responsables politiques pro-russes critiquent ce type d'investissements et dénoncent une "militarisation" de la Moldavie, en se moquant des inquiétudes du gouvernement. Ils ne sont pas les seuls.
- "Guerre psychologique" -
"On nous raconte qu'un drone a atterri", lâche dubitatif Sebastian Resetnic, 35 ans, prêtre local à Cuhurestii de Jos, au nord du pays près de la frontière ukrainienne.
Le village s'est retrouvé sous le feu des projecteurs en novembre, lorsqu'un drone flanqué de l'inscription en rouge "Z" a été découvert sur le toit de la maison d'un gardien de verger sur une colline isolée, à la périphérie du bourg.
Ce jour-là, six drones ont traversé l'espace aérien moldave, un record. En janvier, lorsque l'AFP s'y est rendu, deux petits chiens étaient les seules âmes vivantes sur place.
Interrogés, certains villageois nient l'incident ou mettent en doute l'origine du drone. Sebastian Resetnic, affilié à l'Église orthodoxe subordonnée au Patriarcat de Moscou, se demande s'il "est venu tout seul ou si quelqu'un l'a apporté."
Mariana Racu, femme au foyer de 41 ans, est persuadée que le drone n'est pas tombé du ciel et qu'il été "déposé" sur le toit pour provoquer la panique, reprenant les propos de politiciens pro-russes selon qui le gouvernement cherche à détourner l'attention de scandales l'impliquant.
Pour l'expert militaire Artur Lescu, les incursions répétées de drones en Moldavie, ainsi que dans d'autres pays européens comme la Roumanie ou la Pologne, s'inscrivent dans "une guerre psychologique" destinée à "semer le désordre" sur le continent.
En cas de victoire russe en Ukraine, les chances de la Moldavie d'intégrer l'UE, sur laquelle Maia Sandu a misé pour la sécurité du pays, "diminueraient drastiquement", estime l'historien Armand Gosu. "La Russie pourra très facilement déstabiliser la Moldavie" dans un tel scénario, dit-il et "tout pourrait s'y effondrer comme un château de cartes."
M.A.Vaz--PC