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Après les menaces, Trump estime que l'Iran veut "conclure un accord"
L'Iran veut "conclure un accord" avec les Etats-Unis, a estimé vendredi Donald Trump, après que Téhéran s'est dit prêt à renouer le dialogue tout en excluant de discuter de ses capacités de défense et balistiques.
"Je peux vous dire qu'ils veulent conclure un accord", a déclaré le président américain aux journalistes dans le Bureau ovale. Lorsqu'on lui a demandé s'il avait communiqué aux Iraniens un délai, M. Trump a répondu "oui" sans donner plus de précisions.
"Si les négociations sont justes et équitables, la République islamique d'Iran est prête à y participer", avait affirmé plus tôt le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, assurant, dans la ligne habituelle de l'Iran, que son pays n'avait "jamais cherché à se doter de l'arme nucléaire".
Il a cependant ajouté que les capacités de défense et les missiles de son pays "ne feraient jamais l'objet de négociations".
"La sécurité du peuple iranien ne regarde personne d'autre", a-t-il insisté, précisant qu'aucune rencontre n'était prévue à ce stade avec les Etats-Unis.
Le ministre iranien s'exprimait à Istanbul, lors de sa première visite officielle à l'étranger depuis la vague de protestation réprimée dans le sang dans son pays, la Turquie voulant jouer un rôle de "facilitateur" entre les deux pays ennemis.
- Uranium enrichi -
Selon le média américain Axios citant des responsables américains, tout accord avec Téhéran devrait notamment inclure le retrait de tout l'uranium enrichi du pays, le plafonnement du stock de missiles à longue portée et un changement de politique vis-à-vis de certains groupes armés dans la région.
En 2018 pendant son premier mandat, Donald Trump s'était retiré du pacte international sur le nucléaire iranien, conclu trois ans plus tôt, et avait rétabli des sanctions. L'Iran s'est en riposte affranchi de la plupart de ses engagements.
Le président américain avait menacé cette semaine l'Iran d'une attaque "bien pire" que les frappes américaines menées contre ses sites nucléaires en juin dernier. Washington s'était alors joint à la guerre de 12 jours déclenchée par Israël contre son ennemi juré, soupçonné par les Occidentaux de vouloir se doter de l'arme atomique.
- "Vitale" -
A Istanbul, le ministre des Affaires étrangères turc Hakan Fidan a jugé "vitale" la reprise des négociations sur le nucléaire "afin d'apaiser les tensions régionales".
"Nous constatons qu'Israël tente de persuader les Etats-Unis de lancer une attaque militaire contre l'Iran (...) Nous espérons que l'administration américaine fera preuve de bon sens", a-t-il dit.
La Turquie, membre de l'Otan, souhaite à tout prix éviter une escalade militaire qui risquerait de jeter des milliers de migrants par-delà les plus de 550 km de frontière qu'elle partage avec l'Iran et créerait un nouveau conflit à ses portes, après la Syrie.
Par précaution, la Turquie se prépare à "renforcer la sécurité à sa frontière" avec l'Iran, a confié à l'AFP un haut responsable turc.
Le président Recep Tayyip Erdogan, qui s'est entretenu vendredi avec son homologue iranien Massoud Pezeshkian, pousse lui pour l'organisation d'une réunion trilatérale Etats-Unis/Iran/Turquie, selon une source diplomatique turque.
Le contexte est particulièrement tendu pour le pouvoir iranien, avec une armada américaine déployée dans le Golfe et l'inscription jeudi par l'Union européenne des Gardiens de la Révolution, son bras armé, sur la liste des "organisations terroristes".
Cette force est accusée par les Occidentaux d'avoir orchestré début janvier la répression du vaste mouvement de contestation ayant fait des milliers de morts.
- "Compromis" -
Les Européens "subiront les conséquences de cette décision insensée", a prévenu vendredi le chef du pouvoir judiciaire en Iran, Gholamhossein Mohseni Ejei.
Avant Ankara, des pays du Golfe, dont certains abritent des bases militaires américaines, ont déjà appelé ces derniers jours à la désescalade.
Les autorités iraniennes reconnaissent que des milliers de personnes ont été tuées lors des manifestations, mais affirment que la grande majorité étaient des forces de sécurité ou passants tués par des "émeutiers".
Des ONG parlent de dizaines de milliers de morts potentiels mais le travail de recensement est entravé par les restrictions de communication, bien qu'internet ait été partiellement rétabli après trois semaines de coupure.
O.Gaspar--PC