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MSF restera à Gaza "aussi longtemps que possible", assure son chef de mission
Médecins sans frontières (MSF) continuera à travailler à Gaza "aussi longtemps que possible", a déclaré à l'AFP son chef de mission pour la Palestine, Filipe Ribeiro, à quelques jours de la fin prévue des activités de l'ONG dans le territoire, décidée par Israël.
Israël avait annoncé le 1er février que l'ONG internationale devrait avoir quitté le territoire palestinien au plus tard le 28 février, après son refus de fournir la liste détaillée de ses employés palestiniens.
MSF avait dénoncé cette décision comme un "prétexte" visant, selon elle, à "empêcher l'aide humanitaire" dans la bande de Gaza, dévastée par deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
"Pour le moment, nous travaillons encore à Gaza et nous avons l'intention de poursuivre nos opérations aussi longtemps que possible", a affirmé Filipe Ribeiro lors d'un entretien mercredi à Amman, tout en soulignant que la mesure israélienne avait d'ores et déjà un impact sur les activités de l'ONG.
"Depuis début janvier, nous ne sommes plus en capacité de faire entrer du personnel international à Gaza. Les autorités israéliennes nous interdisent toute entrée à Gaza, mais aussi en Cisjordanie", a-t-il indiqué, ajoutant que le personnel étranger actuellement à Gaza quitterait le territoire à la fin du mois et ne serait pas remplacé.
MSF n'est plus autorisée non plus "à faire entrer des équipements médicaux, des médicaments, du matériel à Gaza", a-t-il expliqué.
"Nous avons des stocks dans nos pharmacies qui vont nous permettre de poursuivre nos opérations pour le moment", a déclaré Filipe Ribeiro, en prévenant que l'arrêt des activités de MSF à Gaza aurait un impact majeur sur le système de santé dans le territoire, où la crise humanitaire persiste malgré le cessez-le-feu fragile en place depuis le 10 octobre.
- "Vide immense" -
"Si nous sommes obligés de partir, cela créera un vide immense", a-t-il alerté. "Le système de santé s'est effondré et sans des ONG comme MSF et d'autres, qui va prendre le relais, qui va fournir les services de base à la population?"
Israël avait annoncé en décembre qu'il interdirait à 37 organisations internationales, parmi lesquelles MSF, de travailler à Gaza à compter du 1er mars en leur reprochant de ne pas avoir communiqué la liste des noms de leurs employés, exigée désormais à des fins de "sécurité".
Le gouvernement avait affirmé que deux employés de l'ONG avaient des liens avec le Hamas et son allié du Jihad islamique, ce que MSF a fermement nié.
De son côté, MSF avait annoncé le 30 janvier avoir initialement accepté, "à titre exceptionnel", de transmettre les noms de ses employés palestiniens, avant de se rétracter faute de garanties sur leur sécurité.
Filipe Ribeiro a réaffirmé que l'ONG "n'avait recruté aucun membre d'un groupe armé".
"S'il y avait un tel cas, alors bien sûr MSF agirait. Nous avons mis en place un système de vérification préalable des personnes qui rejoignent MSF", a-t-il assuré.
- "Retourner à Gaza" -
Le chef de mission a confirmé que MSF avait réduit ses activités à l'hôpital Nasser de Khan Younès, le plus important du sud du territoire, "en raison de la présence d'individus armés".
"Nous ne savons pas qui ils sont", a-t-il dit. "Nous avons décidé de suspendre nos opérations et nous attendons que les autorités locales prennent des mesures (...) pour faire en sorte que les hôpitaux soient respectés comme des lieux neutres".
Sur les activités de l'ONG à Gaza, le responsable de MSF a espéré que le dialogue "puisse être rétabli avec le gouvernement israélien". "Afin de s'assurer que, le plus tôt sera le mieux, nous puissions retourner à Gaza".
La nouvelle règlementation israélienne durcissant les conditions d'exercice des organisations humanitaires ne s'applique officiellement qu'à Gaza, mais des ONG se sont inquiétées de ce qu'elles soient étendues à l'avenir à la Cisjordanie occupée.
MSF a indiqué avoir assuré en 2025 800.000 consultations médicales à Gaza, soigné plus de 100.000 traumatismes et assisté plus de 10.000 accouchements. Quinze de ses employés ont été tués pendant la guerre.
J.Oliveira--PC