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Londres assure que ses bases à Chypre ne seront pas utilisées par les Etats-Unis
Le Premier ministre Keir Starmer a affirmé lundi que les États-Unis n'utiliseraient pas les bases militaires britanniques à Chypre contre l'Iran, après que l'une d'elles a été frappée par un drone iranien, suscitant les inquiétudes des autorités de l'île.
Cette frappe contre la base britannique d'Akrotiri dans la nuit de dimanche à lundi, est la première touchant un pays de l'Union européenne depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par les frappes américano-israéliennes samedi.
Elle a suscité de fortes inquiétudes du gouvernement chypriote, qui a indiqué qu'il comptait demander des garanties à Londres pour que les bases britanniques situées sur son territoire ne soient utilisées qu'à des fins humanitaires.
S'exprimant dans l'après-midi au Parlement, le premier ministre britannique Keir Starmer a assuré que ces bases n'étaient "pas utilisées et ne seront pas utilisées par les États-Unis".
"La frappe sur (la base d') Akrotiri à Chypre n'était pas une réponse à une quelconque décision que nous avons prise. Selon notre évaluation, le drone a été lancé avant notre annonce", a-t-il également précisé.
L'installation avait été touchée quelques heures après qu'il eut annoncé qu'il avait autorisé les États-Unis à utiliser des bases britanniques contre l'Iran.
Il s'agit de la base de Diego Garcia, située dans l'océan Indien, ainsi que de la base de Fairford dans le Gloucestershire (sud-ouest de l'Angleterre), selon des médias britanniques.
Cette décision a été prise "après une requête distincte" des États-Unis, qui en ont fait la demande "à des fins défensives spécifiques, notamment la légitime défense collective de nos alliés et la protection des vies britanniques", a expliqué Keir Starmer au Parlement.
La base d'Akrotiri, territoire britannique d'outre-mer depuis l'indépendance de Chypre en 1960, est la plus grande de la Royal Air Force hors du Royaume-Uni. Plus de 3.500 personnes y travaillent. Elle compte des écoles, un centre médical, des églises, etc.
- Évacuations -
Un drone iranien a frappé une piste de la base peu après minuit (22H00 GMT), dans le nuit de dimanche à lundi. Il n'y a pas eu de victime et seulement de légers dégâts matériels, selon les autorités britanniques et chypriotes.
Deux autres drones se dirigeant vers les installations britanniques ont été interceptés lundi, selon un porte-parole du gouvernement chypriote.
Des familles de personnels de la base ont été évacuées lundi "par mesure de précaution" et transférées vers d'autres logements situés à proximité, a indiqué le ministère de la Défense britannique. "Notre base et notre personnel continuent d'opérer normalement", a-t-il précisé à l'AFP.
Un journaliste de l'AFP a vu environ 70 voitures quitter la zone, située sur la côte sud.
L'un des deux principaux aéroports de l'île, Paphos, a été évacué, tout comme les environs de la base d'Akrotiri. Une soixantaine de vols à destination et en provenance de Paphos et Larnaca ont été annulés.
Après 14H00 GMT, un responsable de l'aéroport a indiqué à l'AFP que l'alerte avait été levée et qu'il était "revenu à un fonctionnement normal".
- Réponse à Trump -
Au Parlement, Keir Starmer a également défendu sa décision d'interdire dans un premier temps aux États-Unis d'utiliser la base de Diego Garcia pour ses frappes contre l'Iran.
Le président américain Donald Trump lui avait reproché d'avoir mis "beaucoup trop de temps" à les autoriser à le faire.
"Le président Trump a exprimé son désaccord avec notre décision de ne pas nous impliquer dans les frappes initiales, mais il est de mon devoir de juger ce qui est dans l'intérêt national du Royaume-Uni", a déclaré Keir Starmer.
De son côté, l'Union européenne a dit se tenir aux côtés de ses États membres face à "toute menace".
Après l'attaque sur Akrotiri, l'UE devrait discuter prochainement du déclenchement ou non de sa clause de défense mutuelle en cas d'agression contre un État membre, a indiqué lundi une porte-parole.
La Grèce a envoyé deux frégates et des avions de chasse F-16 à Chypre, a annoncé le ministère grec de la Défense, assurant qu'Athènes aiderait Chypre à "faire face aux menaces et aux actions illégales sur son territoire".
Le ministre de la Défense Nikos Dendias a prévu de se rendre sur l'île mardi.
H.Silva--PC