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Trump parti, Poutine en Chine pour cimenter l'indéfectible amitié avec Pékin
Le président russe Vladimir Poutine est arrivé mardi soir en Chine pour rencontrer son "bon ami de longue date" Xi Jinping et réaffirmer la robustesse des liens sino-russes, quelques jours après l'accueil en grande pompe de Donald Trump à Pékin.
M. Poutine a atterri peu après 23H15 (15H15 GMT) à l’aéroport international de Pékin , où il a été accueilli par des responsables militaires.
Le locataire de la Maison Blanche venait à peine d'achever vendredi sa visite, la première d'un président américain en Chine depuis neuf ans, que la venue du chef du Kremlin a été officialisée.
Agés respectivement de 73 et 72 ans, Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping vont discuter des moyens de "renforcer" le partenariat stratégique bilatéral et "échanger leurs opinions sur les grandes questions internationales et régionales", selon la présidence russe.
Leurs liens, nourris par 13 années communes comme présidents de leurs pays, se sont encore renforcés après l'invasion de l'Ukraine en 2022. M. Poutine se rend à Pékin chaque année depuis lors, sur fond d'isolement diplomatique de son pays imposé par les Occidentaux.
Mais la relation est déséquilibrée, la Russie étant fortement dépendante économiquement de la Chine, le premier acheteur de pétrole russe sous sanction.
Parmi les sujets que MM. Xi et Poutine devraient aborder figure le grand gazoduc "Force de Sibérie 2", qui pourrait si le projet est mené à son terme relier la Russie à la Chine via la Mongolie. Moscou y voit un débouché pour ses hydrocarbures délaissés par les Européens.
Désireux d'installer un ton chaleureux avant la visite, les deux dirigeants ont échangé dimanche des "lettres de félicitations" pour les 30 ans du partenariat stratégique bilatéral.
Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a salué mardi "l'amitié durable" entre Chinois et Russes.
- "Bon ami" -
Et dans une vidéo adressée "au peuple chinois", Vladimir Poutine a lui affirmé que les relations avaient atteint "un niveau véritablement sans précédent" et jouaient "un rôle majeur de stabilisation à l'échelle mondiale".
Les deux dirigeants doivent signer durant la visite une déclaration commune.
Lors de sa dernière venue à Pékin en septembre 2025, Xi Jinping avait appelé Vladimir Poutine son "vieil ami" — une formule qu'il n'a pas employée à l'adresse de Donald Trump la semaine dernière.
De son côté, M. Poutine a encore qualifié dans sa vidéo M. Xi de "bon ami de longue date" et voudra montrer au monde que leurs relations n'ont pas été affectées par la visite du milliardaire républicain.
Certes, la visite de Vladimir Poutine sera moins fastueuse que celle de M. Trump, mais la relation sino-russe n'en a "pas besoin", estime Patricia Kim, chercheuse à la Brookings Institution.
Pékin et Moscou considèrent leurs liens comme "plus solides et stables" que les relations sino-américaines, ajoute-t-elle.
Sur l'Ukraine, Pékin plaide pour le respect de l'intégrité territoriale des pays et pour une résolution pacifique, mais n'a jamais condamné Moscou pour son invasion.
Donald Trump et Xi Jinping ont évoqué l'Ukraine la semaine dernière, et le président chinois "va très certainement partager avec M. Poutine ce qui s'est dit", estime Patricia Kim.
L'absence de percée sino-américaine sur ce sujet "rassure probablement Moscou sur le fait que M. Xi n'a conclu aucun accord avec M. Trump qui pourrait nuire concrètement aux intérêts russes", note-t-elle.
- Iran -
La Russie dépend du soutien économique de la Chine pour maintenir son effort de guerre en Ukraine, donc "Vladimir Poutine ne veut pas perdre cet appui", souligne Lyle Morris, chercheur à l'Asia Society.
Mais sur la guerre américano-israélienne contre l'Iran et le blocage du détroit d'Ormuz, les perspectives russe et chinoise peuvent diverger.
"La Chine dépend de la liberté de circulation sur les grandes voies maritimes mondiales pour son activité économique, et préférerait donc que le blocage du détroit d'Ormuz" prenne fin, explique James Char, professeur à l'Université technologique de Nanyang, à Singapour.
Mais la Russie "bénéficie économiquement des combats en Iran grâce à l'assouplissement des sanctions sur les approvisionnements énergétiques russes, et a donc une vision différente", souligne-t-il.
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait déclaré en avril que Moscou pourrait "compenser" les éventuelles pénuries énergétiques chinoises provoquées par la guerre en Iran.
"Le renforcement des liens dans l'énergie pourrait occuper une place importante durant la rencontre, Pékin voulant obtenir davantage d'énergie russe", estime Joseph Webster, chercheur à l'Atlantic Council.
"Pour Moscou, exporter davantage de pétrole vers l'Est peut sembler plus attractif face à la campagne incessante de l'Ukraine contre les infrastructures énergétiques russes", ajoute-t-il.
V.F.Barreira--PC