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L'Europe va donner son ultime feu vert à l'accord commercial avec Trump
Le Parlement européen devrait approuver définitivement mardi l'accord commercial conclu l'an dernier entre l'UE et Donald Trump, malgré les réserves des députés européens qui ont arraché le mois dernier plusieurs garde-fous.
Les députés, réunis à Strasbourg, voteront à la mi-journée sur un texte supprimant les droits de douane appliqués dans l'UE sur la plupart des produits industriels et agricoles en provenance des États-Unis.
Il s'agit du principal engagement pris l'été dernier par les Européens à Turnberry, en Ecosse, en échange du plafonnement à 15% des taxes imposées l'an dernier par le président américain sur les importations européennes.
- Crises à répétition -
Les eurodéputés, qui jugeaient cet accord négocié par Bruxelles trop déséquilibré, sont parvenus à assortir sa mise en oeuvre de plusieurs conditions, pour protéger les intérêts européens face à Donald Trump.
Car les parlementaires ont été échaudés par les crises à répétition avec le président américain depuis son retour à la Maison Blanche : menaces d'annexion du Groenland, attaques répétées contre les règles numériques et environnementales européennes, sanction contre l'ancien commissaire Thierry Breton, taxes punitives sur l'automobile et l'acier...
Et il continue de brandir la menace des droits de douane pour tenter de faire plier l'UE.
Avant sa venue au G7 à Evian, il a remis le couvert en menaçant de , si Paris ne renonçait pas à sa taxe sur les services numériques.
Dans un compromis négocié en mai avec les États membres, les eurodéputés ont obtenu une clause de caducité (ou "sunset clause"), qui prévoit l'expiration automatique de l'accord commercial fin 2029, après la fin du mandat de Donald Trump, à moins qu'une prolongation ne soit votée d'ici là.
La Commission pourra en outre suspendre le pacte douanier si Donald Trump ne supprime pas d'ici la fin de l'année les surtaxes de 50% qu'il a imposées sur des centaines de produits contenant de l'acier et de l'aluminium.
"Le vote d'aujourd'hui est une étape importante car il représente une occasion d'aller de l'avant et de renforcer notre position" vis-à-vis des Américains, a souligné le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné, lors d'un débat à Strasbourg.
- Quête de stabilité -
Grâce aux garde-fous, "nous ne céderons à aucun chantage, et si les États-Unis ne respectent pas leurs engagements, nous serons en mesure de réagir et nous le ferons", a défendu l'eurodéputé allemand Bernd Lange (S&D).
A droite, on défend un accord synonyme de stabilité pour les entreprises et les salariés qui dépendent du gigantesque commerce transatlantique.
"Nous avons obtenu un cadre qui va protéger plus de 16 millions d'emplois, renforcer la prévisibilité des investissements et consolider le partenariat transatlantique", plaide ainsi l'élue croate Zeljana Zovko (PPE).
"Au moins, cet accord nous permettra d'échapper au pire", espère Karin Karlsbro (Renew).
Les garanties obtenues laissent cependant sur leur faim de nombreux eurodéputés.
"Aller au secours de Donald Trump, alors même que la Cour suprême - pourtant composée en partie de ses amis - avait remis en question ces taxes que nous imposaient les États-Unis, c'est politiquement incompréhensible", s'insurge David Cormand (Les Verts).
"C'est une véritable humiliation pour l'Union européenne. Une fois de plus, on se couche devant les États-Unis", renchérit Emma Fourreau (La Gauche).
L'extrême droite est partagée, le groupe ECR (Conservateurs et réformistes) se déclarant en faveur du texte, quand les Patriotes pour l'Europe dénoncent une "capitulation".
Les 27 États membres, dont l'approbation est également requise, ont quant à eux endossé provisoirement dès fin mai le compromis trouvé avec le Parlement.
Après le feu vert des députés, ils n'auront plus qu'à donner leur approbation formelle pour que la ratification soit achevée.
De quoi respecter l'ultimatum de Donald Trump, qui avait donné aux Européens jusqu'au 4 juillet, jour des célébrations des 250 ans des États-Unis, pour tenir leurs engagements.
P.Serra--PC