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Emmanuel Macron en Syrie, première visite d'un chef d'Etat occidental depuis la chute d'al-Assad
Attentats à la bombe à Damas en pleine visite de Macron
Deux bombes ont explosé mardi matin à Damas à proximité de l'hôtel où Emmanuel Macron avait passé la nuit, au deuxième jour de la visite inédite du président français en Syrie.
L'une des bombes était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule à proximité de l'hôtel Four Seasons, dans le centre de la capitale, a précisé une source de sécurité syrienne à l'AFP.
Le chef de l'Etat français est sain et sauf et sa visite se poursuit, a assuré l'Elysée.
Il avait déjà quitté l'établissement pour se rendre au palais présidentiel, où il s'entretient actuellement avec le dirigeant syrien Ahmad al-Chareh.
Des témoins ont vu de la fumée s'élevant du quartier. Des ambulances, sirènes hurlantes, se sont dirigées vers les lieux alors que les forces de sécurité se sont déployées en force dans ce pays ravagé par plus de dix ans de guerre civile.
Des journalistes de l'AFP ont vu des fenêtres du ministère du Tourisme, qui fait face au luxueux hôtel, brisées par les explosions.
- "Porte de l'Orient" -
Au cours de cette visite, la première d'un dirigeant occidental depuis la chute de Bachar al-Assad et l'arrivée au pouvoir fin 2024 d'une coalition islamiste, M. Macron a prévu de discuter avec son homologue de la reconstruction du pays et de marteler son message sur l'"unité" et la "pluralité" de la Syrie.
Après sa visite au palais présidentiel, le dirigeant français doit participer à un "forum économique consacré à la reconstruction de la Syrie et aux corridors stratégiques".
Au sortir de plus de treize années de guerre civile qui l'avaient isolée sur la scène internationale, la Syrie aimerait "se repositionner comme porte de l'Orient pour l'Union européenne", analyse Arthur Quesnay, chercheur affilié à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. L'enjeu est d'offrir des routes maritimes, terrestres et de connectivités alternatives vers l'Irak et le Golfe.
Emmanuel Macron est accompagné de plusieurs dirigeants d'entreprises françaises, dont ceux de CMA-CGM Rodolphe Saadé et de TotalEnergies Patrick Pouyanné. Des signatures d'accords sont prévues, même si les investisseurs se montrent encore timides.
Dans un entretien avec la chaîne française BFMTV lundi, Ahmad al-Chareh a souligné "les énormes opportunités d'investissement" dans son pays. La France va participer à "la reconstruction d'infrastructures dans des secteurs comme le tourisme, l'agriculture, l'industrie", et Damas s'apprête à commander huit avions au constructeur européen Airbus, a-t-il ajouté.
- Mosquée des Omeyyades -
Lors d'une conférence de presse conjointe avec le dirigeant de la transition, le président français pourra redire "l'engagement de la France auprès du peuple syrien", "pour une Syrie souveraine, unie dans sa pluralité et en paix avec ses voisins", comme il l'a fait sur X à son arrivée lundi soir.
Il devrait insister sur le "respect" du Liban voisin, et la nécessité d'une non-ingérence d'Israël en Syrie.
Après son atterrissage, il s'est affiché dans un cadre informel avec le président Chareh, dans un restaurant du vieux Damas puis, tous deux en bras de chemise, dans la célèbre mosquée des Omeyyades à Damas.
Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, lorsqu'il avait fait le pari d'accompagner la transition syrienne en s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste. Malgré les critiques de ses opposants de droite et d'extrême droite en France, pays encore marqué par les attentats jihadistes de 2015, orchestrés depuis la Syrie.
La visite à Paris avait précédé un autre déplacement, encore plus stratégique, du dirigeant syrien à Washington auprès de Donald Trump, et la levée des sanctions européennes et américaines contre la Syrie.
Si l'Elysée inscrit ce déplacement à Damas dans le droit fil du soutien français à la révolution syrienne, Emmanuel Macron devrait insister sur la nécessité d'inclure pacifiquement à l'Etat syrien les Kurdes, qui ont combattu avec les Occidentaux contre le groupe jihadiste Etat islamique. Et de protéger les minorités.
Le chef de l'Etat français se rendra dans la foulée mardi soir à Ankara pour le sommet de l'Otan, et s'y entretiendra mercredi avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, avec lequel le dossier syrien pourra être évoqué. Dans la capitale turque, le président syrien rencontrera lui Donald Trump.
P.Queiroz--PC