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Football: Textor va devoir être plus convaincant pour sauver Lyon
Vente des parts dans Crystal Palace, cession de joueurs et apport de liquidités : le propriétaire de l'Olympique lyonnais John Textor va vite devoir présenter des garanties financières plus solides en appel pour éviter une relégation du club en Ligue 2 et calmer la foudre des supporters.
. Des liquidités renforcées
Jugeant "incompréhensible" la relégation, prononcée mardi par la Direction nationale de contrôle et de gestion (DNCG), le club rhodanien a affirmé mardi soir avoir satisfait "toutes (les) demandes" du gendarme financier du foot français, "avec des investissements en fonds propres supérieurs aux montants demandés".
Annonçant son intention d'interjeter appel, probablement devant une Commission fédérale spécialisée, il a rappelé que la maison-mère Eagle Football Holding (EFH) et ses actionnaires ont apporté 83 millions d'euros en trésorerie et qu'un accord a été conclu fin janvier avec les prêteurs d'Eagle permettant un report de créances.
Pour réduire les charges, une centaine de salariés du club sont aussi partis dans le cadre d'un plan de départs volontaires.
Les fins des contrats ou transferts de joueurs onéreux comme Alexandre Lacazette, Nicolas Tagliafico, Anthony Lopes ou encore Maxence Caqueret et Rayan Cherki --ces deux derniers cédés respectivement pour 15 millions d'euros à Côme et 42,5 millions à Manchester City --, ont allégé la masse salariale d'une trentaine de millions d'euros. Insuffisant toutefois pour la DNCG.
L'objectif reste de ramener la masse salariale à hauteur de 75 millions d'euros et l'instance pourrait en cas de maintien en L1 imposer un encadrement des salaires.
Sont également tombés 19,5 millions d'euros d'options d'achat obligatoires pour trois joueurs prêtés.
D'ici l'audience en appel, sous deux semaines maximum, l'enjeu sera de réunir l'argent manquant, de le mettre au bon endroit et de montrer patte blanche selon une source proche du dossier.
Le noeud du problème se situerait dans la répartition des sommes dans les comptes, notamment celles provenant de la multipropriété Eagle Holding.
. La multipropriété Eagle en questions
Depuis le rachat du club à Jean-Michel Aulas fin 2022, l'OL a intégré le groupe EFH, détenu majoritairement par l'Américain John Textor, dans le cadre d'une multipropriété notamment avec les clubs de Molenbeek (Belgique) et Botafogo (Brésil). Sur ce sujet, la DNCG pourrait avoir mis John Textor à l'amende selon une source bien informée.
Le prêt gratuit consenti par Botafogo, club brésilien, de l'Argentin Thiago Almada alors que la DNCG avait infligé à l'OL une interdiction de recrutement et un encadrement de sa masse salariale, est mal passé. Plusieurs clubs avaient formulé des recours.
Par ailleurs, la vente des parts d'Eagle dans le club anglais de Crystal Palace pour près de 200 millions d'euros est aussi dans le viseur de la DNCG.
Textor, qui souhaiterait désormais, grâce à une partie du produit de cette cession, acquérir le club de Sheffield Wednesday (2e div. anglaise), n'aurait fléché que 40 millions d'euros au profit de l'OL alors que la DNCG attendait 80 millions d'euros.
Enfin, l'instance s'interroge sur les recettes dont l'OL pourrait tirer profit pour trois joueurs de Botafogo, Igor Jesus, Thiago Almada et Luiz Henrique dont les droits économiques ont été transférés cet hiver à Lyon, qui a déjà cédé le dernier d'entre eux en janvier au Zenit Saint-Petersbourg pour 33 millions d'euros.
. La responsabilité de Textor
L'Américain est le seul patron à bord à l'OL depuis le limogeage du directeur général, Laurent Prud'homme en avril.
L'Olympique lyonnais a eu des rappels à l'ordre de l'Urssaf mais aussi de la FFF, l'UEFA ou la Fifa pour des sommes plus ou moins importantes. Des créanciers impayés frappent aussi à la porte.
L'optimisme du dirigeant est à chaque fois remis en cause par la DNCG. La confiance de ses partenaires est ébranlée et sa position fragilisée. Les supporters sont en colère et mercredi matin des banderoles hostiles ont fleuri à travers Lyon: "Textor dehors" ou "Textor, la guerre est déclarée".
. Les conséquences à court terme
La sanction et le recours vont avoir des répercussions directes sur la préparation de la saison. La Ligue 1 doit reprendre le 15 août. En Ligue 2, ce sera dès le 8 août.
L'OL doit reprendre l'entraînement le 7 juillet mais avec quel effectif et pour quel projet ? Des joueurs vont forcément être sollicités et tentés par un départ.
Enfin, l'OL, avec 250 millions d'euros de budget de fonctionnement, est surdimensionné pour la Ligue 2. La menace d'une liquidation judiciaire plane sur le club rhodanien, toutefois peu vraisemblable avec plusieurs milliardaires américains dans le conseil d'administration qui ont déjà laissé plusieurs dizaines de millions d'euros en apports d'actionnaires.
G.Machado--PC